La révolution MotoGP 2027 ne concernera peut-être pas seulement les motos de 850 cc et l’arrivée de Pirelli. Les responsables du championnat travaillent également sur un nouveau format de week-end avec deux qualifications distinctes : l’une le vendredi pour déterminer la grille du Sprint, l’autre le samedi pour celle du Grand Prix. Une transformation qui réduirait encore le temps laissé aux pilotes pour construire leur week-end. Et les statistiques 2026 désignent paradoxalement Marc Marquez, qui vient d’avouer « détester les samedis », comme l’un de ceux qui pourraient le mieux s’adapter à cette nouvelle pression.
Le vendredi MotoGP avait déjà cessé depuis longtemps d’être une simple journée d’essais. Il pourrait désormais devenir une véritable journée de qualification. À partir de 2027, le championnat envisage en effet de dissocier les grilles du Sprint et du Grand Prix.
Une séance qualificative supplémentaire serait organisée le vendredi après-midi pour le Sprint, tandis que les qualifications du Grand Prix resteraient programmées le samedi matin. Le projet doit encore être formellement approuvé, mais il bénéficierait d’un large soutien parmi les décideurs.
Deux courses, deux qualifications
Le principe modifierait profondément le fonctionnement instauré depuis l’arrivée des Sprints en 2023. Actuellement, une seule qualification détermine la grille des deux courses. Avec le système envisagé pour 2027, une erreur vendredi ne condamnerait donc plus nécessairement le Grand Prix du dimanche. Mais elle aurait immédiatement un prix pour le Sprint.
Le MotoGP se rapprocherait ainsi de la logique utilisée en Formule 1 en donnant à chaque course sa propre qualification, tout en conservant une organisation différente puisque la qualification principale resterait programmée samedi matin. Et cela changerait surtout la façon dont les pilotes abordent leur week-end.
Finie la possibilité de prendre son temps
Certains pilotes ont besoin de plusieurs séances pour construire progressivement leurs réglages et atteindre leur meilleur niveau. D’autres arrivent beaucoup plus rapidement à la limite de leur moto. Avec une qualification dès vendredi, cette différence deviendrait immédiatement mesurable.
La première journée ne consisterait plus seulement à trouver suffisamment de vitesse pour entrer directement en Q2. Il faudrait déjà être capable de produire un véritable tour de qualification. Et les chiffres de 2026 donnent une indication intéressante.
Marc Marquez possède cette saison la meilleure position moyenne lors de la séance chronométrée du vendredi : 4,42. Cela ne garantit évidemment pas qu’il deviendrait automatiquement le grand gagnant du nouveau règlement. Les pilotes aborderaient ces séances différemment si une pole et une grille de Sprint étaient directement en jeu. Mais cette statistique illustre une qualité bien connue de Marc.

Marc Marquez n’aurait besoin que de « quelques tours »
Neil Hodgson considère que Marquez possède précisément cette capacité à comprendre très rapidement ce qu’une moto et une piste peuvent lui offrir. Là où certains pilotes auraient besoin « d’une séance ou deux », le multiple champion du monde n’aurait parfois besoin que de « quelques tours ».
Dans le format envisagé pour 2027, cette caractéristique pourrait devenir encore plus précieuse.
Chaque vendredi demanderait pratiquement aux pilotes d’être immédiatement prêts pour une première confrontation chronométrée. Ce qui rend la situation assez amusante au regard des dernières déclarations de Marquez.
Marc Marquez « déteste » déjà les samedis
En Autriche, Marc n’a pas caché sur Motorsport.com son rapport particulier au format actuel. « Je déteste les samedis. » Il comprend leur intérêt pour « le spectacle », mais considère toujours le Grand Prix comme la partie véritablement importante du week-end.
Or le projet 2027 pousserait précisément encore plus loin cette logique de spectacle. Le vendredi deviendrait une première journée à enjeu maximal. Le samedi conserverait une qualification avant d’accueillir le Sprint. Et le dimanche resterait consacré au Grand Prix. En clair, il ne resterait pratiquement plus de séance sans conséquence sportive directe.
Une révolution 2027 qui dépasse largement les 850 cc
Ce changement doit encore être validé et ses modalités exactes précisées. Mais il s’ajouterait à une saison 2027 déjà promise à une transformation exceptionnelle : moteurs ramenés à 850 cc, arrivée de Pirelli à la place de Michelin, aérodynamique réduite et disparition des dispositifs de correction d’assiette. Les pilotes devront donc apprendre une nouvelle moto, de nouveaux pneus et potentiellement une nouvelle façon de construire leurs week-ends.
Marc Marquez n’aime déjà pas que le samedi détourne une partie de l’attention du Grand Prix dominical. En 2027, le MotoGP pourrait lui imposer la même intensité dès le vendredi. Marc n’aimera peut-être pas davantage ce nouveau format. Mais s’il suffit réellement de quelques tours pour qu’il trouve la limite là où ses adversaires ont besoin d’une séance entière, il pourrait bien être parmi les premiers à en profiter.









