David Alonso n’a pas simplement obtenu une place en MotoGP pour 2027 : il aurait pu choisir son constructeur. Selon le journaliste Mela Chércoles, les cinq usines présentes sur la grille se sont intéressées au prodige colombien et quatre d’entre elles ont tenté de le détourner de Honda. Un détail permet cependant de comprendre son choix : ailleurs, Alonso n’avait pas nécessairement accès à l’équipe officielle. Honda, en pleine reconstruction et avec Fabio Quartararo comme nouvelle référence, pouvait lui proposer une trajectoire beaucoup plus ambitieuse.
David Alonso était probablement l’un des pilotes les plus convoités du marché MotoGP 2027. On savait déjà que Ducati suivait attentivement le champion du monde Moto3 2024. Luigi Dall’Igna avait d’ailleurs publiquement manifesté son intérêt pour celui qui avait écrasé cette saison avec 14 victoires en 20 Grands Prix.
Mais l’étendue de la bataille menée en coulisses était apparemment beaucoup plus importante. Selon Mela Chércoles, Alonso disposait d’opportunités chez pratiquement tous les constructeurs. « David Alonso a reçu des offres de toutes les écuries d’usine présentes sur la grille. Absolument toutes. » Et pourtant, le Colombien a choisi Honda.
Ducati voulait Alonso… mais avait déjà Marquez et Acosta
Le cas Ducati permet de comprendre une partie de sa décision. Sur le papier, rejoindre le constructeur qui a dominé une grande partie de ces dernières saisons aurait constitué le choix le plus évident. Mais il existait un problème majeur. L’équipe officielle Ducati 2027 était déjà inaccessible.
Marc Marquez restera la référence de Borgo Panigale tandis que Pedro Acosta arrivera de KTM pour constituer le duo le plus spectaculaire de la nouvelle ère des 850 cc. Alonso aurait donc nécessairement dû commencer sa carrière MotoGP dans une structure satellite.
Chércoles résume ainsi la situation : « Il avait également des offres de Ducati, mais il savait qu’il n’allait pas rejoindre l’équipe officielle Ducati. » À cela se serait ajoutée la question financière, les exigences entourant Alonso ayant apparemment été jugées trop élevées par Borgo Panigale.
Yamaha, Aprilia et KTM étaient également sur le dossier
Yamaha aurait également tenté sa chance. Mais là encore, la réorganisation complète du constructeur japonais laissait finalement peu de possibilités. Jorge Martin et Ai Ogura constitueront le nouveau duo officiel, tandis que Pramac conservera Toprak Razgatlioglu et devrait promouvoir Izan Guevara.
Plus surprenant, Aprilia et KTM auraient eux aussi formulé des propositions à Alonso. Ces approches étaient jusqu’à présent beaucoup moins connues. Aprilia a sécurisé Marco Bezzecchi et récupéré Francesco Bagnaia pour remplacer Martin. Chez TrackHouse, la situation reste plus ouverte autour de Raul Fernandez et d’une éventuelle arrivée d’Enea Bastianini.
KTM a de son côté profondément renouvelé son dispositif en recrutant Alex Marquez et Fabio Di Giannantonio pour l’équipe officielle, tandis que Luca Marini et Senna Agius devraient constituer le nouveau tandem Tech3.
Dans ce gigantesque jeu de chaises musicales, Alonso avait donc plusieurs portes ouvertes. Il a choisi celle qui mène à Honda.

Pourquoi choisir Honda alors que la moto est actuellement moins performante ?
Sportivement, le pari peut sembler risqué. Honda reste actuellement derrière Ducati, Aprilia et KTM. Alonso aurait donc pu privilégier une moto immédiatement plus compétitive. Mais 2027 change complètement la logique.
Les moteurs passeront à 850 cc, l’aérodynamique sera réduite, les dispositifs de correction d’assiette disparaîtront et Pirelli remplacera Michelin. La hiérarchie actuelle ne garantit donc pratiquement rien pour la saison prochaine.
Et Honda semble vouloir profiter de cette rupture réglementaire pour reconstruire son projet autour de pilotes capables de l’accompagner sur plusieurs années. Le recrutement de Fabio Quartararo constitue déjà un signal spectaculaire de cette ambition. Celui de David Alonso pourrait être encore plus important à long terme.
Alonso pourrait même rejoindre directement Quartararo
Un élément reste cependant à déterminer : où David Alonso pilotera-t-il exactement ? Honda a confirmé son arrivée pour 2027, mais pas encore son affectation définitive. Deux possibilités semblent exister.
Alonso pourrait intégrer directement l’équipe officielle aux côtés de Fabio Quartararo ou débuter chez LCR. Et cette décision implique également Diogo Moreira. Le Brésilien espère lui aussi obtenir le deuxième guidon officiel Honda et former le tandem HRC avec Quartararo.
La bataille interne pourrait donc devenir particulièrement intéressante : Honda doit déterminer lequel de ses jeunes pilotes mérite d’être immédiatement placé au cœur de son projet.
Par ailleurs, pendant plusieurs saisons, Honda a surtout dû convaincre des pilotes d’accepter le risque de monter sur une RC213V en difficulté. Avec Quartararo puis Alonso, la situation semble évoluer. Honda commence désormais à gagner des batailles sur le marché des pilotes.
Quartararo quitte Yamaha parce qu’il croit suffisamment au projet 2027 pour prendre le risque du changement. Et Alonso aurait refusé des possibilités chez Ducati, Aprilia, KTM et Yamaha pour rejoindre HRC.
Cela ne signifie évidemment pas que Honda disposera de la meilleure 850 cc. Mais cela indique que son projet est redevenu suffisamment crédible pour attirer les pilotes que tout le monde souhaite recruter.
Et pour David Alonso, le calcul peut être particulièrement intéressant : plutôt que d’entrer chez Ducati derrière Marquez et Acosta, il pourrait devenir chez Honda l’homme autour duquel se construira l’après-Quartararo. À seulement 20 ans, c’est peut-être beaucoup plus précieux qu’obtenir immédiatement la meilleure moto.










