Que ça fait du bien ! À Jerez, Johann Zarco était plus vivant que jamais. Il a multiplié les actions de grande classe, et surtout, a réalisé un tour incroyable en Q2, qui lui a valu la deuxième position sur la grille. Que faut-il en retenir ?
Johann Zarco est encore là
Je crois que c’était l’un de mes week-ends préférés de Zarco depuis qu’il est chez Honda. Alors, oui, il n’a pas gagné, et n’est même pas monté sur le podium en Sprint comme en Grand Prix. Et puis, c’est vrai, il termine à la septième place le dimanche, ce qui est loin d’être incroyable au vu de ses prestations sur la première moitié de saison 2025. Mais son Grand Prix d’Espagne est bien la preuve que les statistiques ne disent pas tout.

À la fin de sa carrière, il sera le deuxième plus grand pilote moto français de tous les temps derrière Quartararo. J’en suis convaincu. Photo : Michelin Motorsport
Dès le début, il est allé chercher sa qualification en Q2 avec un tour plus rapide que celui de Pedro Acosta. Puis, lors de l’affrontement face à la crème, il inquiétait carrément Marc Marquez, jusqu’à se hisser en deuxième place sur la grille, sur ce que j’estime être la troisième à quatrième moto du plateau dans la hiérarchie. Je trouve que dans sa carrière, sa vitesse sur un tour est assez largement sous-estimée : il fait tout simplement partie des meilleurs dans cet exercice de la dernière décennie, et il le prouve encore une fois. Pour rappel, son meilleur temps en Q1 était 1’’255 plus rapide que celui de Joan Mir, et 1’’536 plus vite que celui de Marini. Incroyable.
Les qualifications, c’est une chose, la course, une autre. Mais en Sprint, Johann Zarco n’a été rien de moins qu’impérial devant, se débattant comme un beau diable, multipliant les décroisements et les mouvements défensifs de très haute volée. Que ça fait du bien de le voir aussi pêchu, aussi motivé, aussi explosif. En effet, j’avais un peu peur pour lui avant l’entame de cette année. Depuis la Hongrie et cette fameuse affaire de statut, on le voyait moins souvent devant, premièrement, déclassé par ses collègues de l’écurie officielle, deuxièmement, et, troisièmement, beaucoup moins incisif, déterminé. Après tout, il a 35 ans, va sur ses 36, ce qui est déjà très avancé dans une catégorie aussi compétitive que le MotoGP.
Et puis, les premières courses de 2026 ne l’aidaient pas outre mesure. Je dois reconnaître que j’attendais la Honda un poil plus performante, au moins au niveau de la KTM. Et, pour l’instant, tout porte à croire qu’elle est inférieure à la RC16 – surtout depuis que Bastianini s’est réveillé à Austin.
Great overtake by @25raulfernandez for a Top 5 spot 👊#SpanishGP 🇪🇸 pic.twitter.com/IguFv0aqon
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) April 26, 2026
Mais revenons à Jerez. Sur cette piste mythique, Zarco s’est élevé, seul, alors que les autres pilotes Honda n’y étaient pas. Il a donné le change à Pedro Acosta, a posé des problèmes à d’autres grosses têtes, et sans jamais forcer le moindre dépassement. Bien sûr, on connaît le scénario de ce Sprint, et c’est dommage qu’il n’ait pas mis à profit sa grande expérience du mouillé pour tirer son épingle du jeu. Mais c’était une loterie, on ne peut pas lui en vouloir.
Le dimanche, même limonade, avec une nouvelle prestation XXL. Il ne pouvait rien faire face aux Aprilia RS-GP, on le voyait bien, mais cette septième place est en réalité beaucoup plus impressionnante qu’elle n’y paraît. Franchement, bravo.

Marquez ou pas… Photo : Michelin Motorsport
Un pilote toujours aussi franc
Ce n’est pas tout. Qu’on l’aime ou pas – et j’ai d’ailleurs parfois eu du mal avec certaines de ses prises de position –, Zarco est quelqu’un de franc. Du genre qui n’hésite pas à remballer le double champion du monde 500cc et légende des Grands Prix Freddie Spencer. Et quand on lui a demandé de s’exprimer sur la victoire de Marc Marquez le samedi, il n’y est pas allé de main morte non plus. Vous pouvez retrouver ses propos en cliquant ici.
Comme dit hier, je n’étais que partiellement d’accord avec son argumentaire, mais que ça fait du bien d’entendre un pilote affirmer ce qu’il pense avec autant d’aplomb. Beaucoup ont été assez cléments avec Marc Marquez depuis ses débuts en carrière, malgré ses multiples agissements. Zarco avait quelque chose à dire, et il l’a dit, légende ou pas, champion à la maison ou pas. Voyez-vous cette authenticité ? C’est exactement ce sur quoi Liberty Media devrait mettre l’accent dans le développement de sa communication, car c’est typiquement ce qu’il manque à la Formule 1, d’une part, mais à tous les autres sports mondiaux de l’autre.
Je suis curieux de savoir ce que vous avez pensé de ce week-end de Johann Zarco, de sa déclaration sur Marc Marquez à sa défense en piste. Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Ça va laisser un sacré trou quand il va partir. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport






























