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À Jerez, vous n’avez pas pu passer à côté du week-end complètement fou de Marc Marquez. L’Espagnol fait le show, c’est vrai, mais, en attendant, il ne marque pas beaucoup de points par rapport à des adversaires de plus en plus menaçants.

 

Un week-end raté ?

 

Sa victoire en Sprint suite à cet énorme coup de chance cache en réalité une bien triste performance. Après avoir décroché une magnifique pole position, qui lui permit de rappeler qu’il est le meilleur de tous les temps dans cet exercice, il n’a pas été à la hauteur du challenge qu’a représenté le Sprint. Bien sûr, vous allez me dire qu’il l’a remporté, et qu’il était très heureux à l’arrivée au vu de ses célébrations débridées. Sauf que le contexte est très important.

 

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Sans cette deuxième chance, l’addition aurait été très salée. Photo : Michelin Motorsport

 

Son retour miraculeux aux stands, puis sa performance sous la pluie ensuite ont totalement fait oublier qu’il était battu lors de la première moitié de la course. D’habitude, lorsqu’il se met à pleuvoir, personne ne peut contenir Marc Marquez. Mais, là, Alex, son frère pas plus friand que ça de ces conditions, l’a remonté, et lui a même collé un dépassement par l’extérieur, ce qui n’était plus arrivé au n°93 depuis 2018 – de mémoire. Puis, ensuite, Alex s’échappait, avant que Marc ne tombe, dans le dernier virage. Après, on connaît l’histoire ; j’en ai déjà largement parlé dans cet article.

Et en partant de ce constat, le dimanche n’a été que la confirmation du mal-être qu’il ressent au guidon de la Ducati Desmosedici GP26. Son erreur, encore une fois très tôt dans la course, n’avait en réalité rien à voir avec celle de 2025. L’année dernière, il poussait pour remonter, galvanisé par un début de saison totalement fou. Là, cette fois, il subissait, et a chuté sans vraiment forcer, sans comprendre, aussi.

J’attendais l’arrivée en Europe pour l’affirmer, car les premières courses peuvent être trompeuses. Mais désormais, j’en suis sûr : Marc Marquez galère à faire fonctionner la GP26. La réalité est plus belle que ce qu’il n’y paraît, car c’est l’un des plus grands champions de tous les temps ; ainsi, contrairement à un Pecco Bagnaia en perdition, il arrive à compenser par son génie, notamment en qualifications, mais aussi lorsque les conditions lui sont favorables, ou sur des courses accrochées, chaotiques.

En revanche, quand les épreuves sont plus calmes, plus longues, plus normales sur des tracés connus, alors, Marco Bezzecchi joue dans une toute autre catégorie. Justement, parlons de cette course au titre.

 

Marc Marquez a-t-il encore une chance d’être sacré ?

 

Oui, cela va de soi. Avant le début de saison, l’officiel Ducati était mon favori pour la couronne, et je n’ai pas encore changé d’avis. Cependant, plusieurs points m’alertent.

Premièrement, sa moto, qui, comme évoqué plus haut, ne lui convient pas totalement. J’ai bon espoir que les tests de Jerez lui aient permis de trouver une solution, on sait qu’ils sont déterminants dans une saison.

 

 

Deuxièmement, son approche. Même si ce n’était pas le cas spécifiquement à Jerez, sa philosophie, lorsqu’il n’a pas une moto à la hauteur de son talent, est toujours similaire à celle de ses années Honda. Il pousse, jusqu’à la faute grossière (comme à Austin). Il essaye de compenser tant bien que mal et c’est précisément dans ce contexte qu’il s’est blessé de 2020 à 2023. Et comme je l’avais dit en 2022, le Marquez qui veut tout faire pour accrocher un résultat, est loin d’être le meilleur.

Troisièmement, ses adversaires, et plus précisément les Aprilia. Les RS-GP ont l’air d’être les meilleures motos, et, factuellement, Marc Marquez accuse déjà 44 points de retard sur Bezzecchi. Le pire, c’est que je trouve qu’au vu de sa forme, le début de saison de l’officiel Ducati est plutôt bien payé malgré un abandon malheureux en Thaïlande (énorme remontée sur « son » circuit aux États-Unis, victoire à l’arrachée sur un tout nouveau tracé en Sprint au Brésil, miracle le samedi à Jerez), alors que Bezzecchi aurait largement pu faire mieux (seulement six points marqués en Sprint en quatre courses, chutes coûteuses à Austin et à Buriram, et affaire du tear-off à Jerez). J’ai l’impression que Bezzecchi n’est pas encore à son plein potentiel, alors que Marquez, lui, fait déjà le maximum.

Si l’on ajoute à ça l’écart de 44 points, le déficit pourrait être difficile à combler. Pour Marquez comme pour un autre, 44 unités, ce n’est pas rien, d’autant que je ne vois pas nécessairement le gap se réduire entre les deux de sitôt. Et puis, que dire de Jorge Martin, lui aussi très dangereux et doté d’une vitesse folle, mais également d’une régularité supérieure à celle de Marquez.

 

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D’après moi, Acosta et Di Giannantonio ne pourront pas contenir éternellement Marquez sur la durée. Mais les Aprilia, elles, peuvent encore faire mieux. Photo : Michelin Motorsport

 

Conclusion

 

Nous n’avons disputé que quatre manches, c’est vrai, mais Marquez montre des signes peu rassurants. Il a 44 points de retard sur le leader du championnat et n’est pas monté sur le podium le dimanche lors de ses cinq dernières courses (plus longue série depuis Mandalika 2023 – Jerez 2024). De plus, Ducati, incapable de progresser autant qu’Aprilia à cause de concessions plus strictes, aura du mal à totalement inverser la tendance, même si les évolutions apportées à la moto d’Alex Marquez à Jerez semblaient prometteuses ; elles portaient sur l’électronique et l’aérodynamique.

Il faudra donc surveiller de très près les prochains Grands Prix, et surtout, cette tournée européenne. Ces dernières années, Marco Bezzecchi s’est particulièrement illustré outre-mer, donc lui laisser un avantage avant de décoller au Japon pourrait être problématique. Je crois toujours en Marquez, et il reste mon favori : après tout, si un pilote, dans l’histoire, a le talent pour combler tel déficit, c’est bien lui.

Que pensez-vous de sa situation au championnat ? Dites-le-moi en commentaires !

 

S’il prend son 10e titre après une entame si timide… attention au débat du GOAT. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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