À Silverstone, Iker Lecuona remplaçait Fermin Aldeguer, blessé depuis plusieurs semaines. Et, comme c’était déjà le cas en Hongrie, il a été plutôt performant et devançait, entre autres, Pecco Bagnaia en qualifications. Beaucoup de monde sur les réseaux sociaux a loué son exploit, en affirmant que ça laissait présager de très belles heures pour Nicolo Bulega l’année prochaine en MotoGP, car l’Italien serait sur le point de signer chez VR46 Ducati. Pourtant, il ne faut pas se laisser influencer par ces wild-cards et autres remplaçants. Je m’explique.
La pression d’un titulaire en MotoGP
Ce n’est pas la première fois que je vois cet argumentaire, qui, a priori, paraît logique. Lorsque Dani Pedrosa développait pour KTM, il lui arrivait de réaliser des performances assez incroyables, comme cette troisième place en Sprint à Jerez en 2023. Puis, plus récemment, c’était Pol Espargaro qui s’illustrait. J’ai vu énormément de gens les réclamer en MotoGP sur la base de ces quelques résultats. Et ce fut également le cas pour Iker Lecuona, septième le dimanche en Hongrie et rapide à Silverstone – avant de chuter lors des deux courses.

Mais être titulaire, c’est bien différent, principalement pour deux raisons.
Premièrement, les wild-cards ou remplaçants n’ont pas à subir la pression inhérente au championnat. Lecuona est invité, et, forcément, la motivation de se donner sur la plus prestigieuse scène au monde l’aide énormément. Il est transcendé, car il n’a aucune pression de résultat. Lecuona peut donc piloter librement, sans penser à sa place au championnat ou à son prochain contrat. L’officiel Ducati en Superbike sait que c’est une occasion spéciale, et a donc tout intérêt à se la coller. En comparaison, beaucoup pensent que Bagnaia n’y est plus mentalement, qu’il a hâte d’arriver à la fin de l’année.
Deuxièmement, Lecuona ne roulait pas avec la fatigue physique engrangée sur une demi-saison en MotoGP. Avec l’aéro et la puissance démesurée des machines, mais aussi la compétitivité de tous les pilotes, le MotoGP est particulièrement difficile pour le corps. Beaucoup chutent, et beaucoup se blessent. Lecuona, ou Pedrosa avant lui arrivent relativement frais, en tout cas beaucoup plus que leurs adversaires.
Ne pas oublier

J’ai malheureusement l’impression que ceux qui militaient pour un retour de ces pilotes à plein temps, par exemple, ne prenaient pas en compte ce qu’il se passait quand ils étaient effectivement employés à plein temps en MotoGP. Lecuona, par exemple, a deux saisons complètes chez KTM Tech3. En 2020, Miguel Oliveira gagnait avec cette moto, et pourtant, Lecuona galérait. On a déjà vu ce qu’il pouvait donner, on sait que ça a été très difficile. Pareil pour Pedrosa. Certes, il était bon, voire très bon en wild-card, mais en 2018, sa dernière saison en MotoGP, on le sentait parfois très fatigué, tout simplement au bout de son aventure.
L’idée, ce n’est pas de vous convaincre que Lecuona est un mauvais pilote, car il fait partie des meilleurs. Il est simplement impertinent de prendre son exemple pour légitimer le possible passage de Nicolo Bulega, qui, en plus de ça, a été moins impressionnant que Lecuona lorsqu’il s’est essayé au MotoGP fin 2025. Ce n’est pas représentatif, et encore moins significatif.
Je reste persuadé que l’écart entre le MotoGP et le WSBK est immense, en témoignent les difficultés qu’éprouve Toprak Razgatlioglu depuis le début de l’année, et que le recrutement de Bulega serait une erreur.
Et vous, que pensez-vous de ces surprenantes wild-cards ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : Michelin Motorsport









