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Alberto Puig

Bien que connu du monde des paddocks pour sa carrière longue comme le bras, Alberto Puig reste une personnalité à part en Grands Prix. À la fois bon pilote, découvreur de talents ou manager Honda Repsol, focus sur un homme qui pèse lourd. Très lourd. En effet, Honda mise beaucoup sur lui depuis de nombreuses années, et, malgré la descente aux enfers de la firme ailée, Puig est toujours là, avec le pari de revenir dans un futur très proche.

Né en 1967, la carrière professionnelle d’Alberto débute timidement. Ce dernier réalise quelques piges au milieu des années 1980, avant d’intégrer la formation Nieto en 250cc, sans plus de succès. L’aventure se poursuit pendant trois ans chez Yamaha, puis sur Aprilia.

 

Alberto Puig

Ici avec Pedro Acosta. Clairement, il a un certain talent pour manager des pépites.

 

Le pilote espagnol trouve en la machine italienne le bon compromis, et engrange une deuxième place prometteuse lors du Grand Prix de Malaisie 1992 sur le circuit de Shah Alam. Ce dernier continue sa saison solide, restant constamment dans le top 10. Malgré une belle troisième place obtenue en Hongrie, ça ne suffit pas. Sixième place au championnat, à l’année prochaine.

Sito Pons le prend sous son aile, et lui propose d’évoluer sur la Honda NSR250. C’est à ce moment que Puig entretient des rapports privilégiés avec les décisionnaires Honda, et bénéficie de la montée en puissance de l’Espagne dans les paddocks. La structure de Sito Pons avait débuté en Grand Prix en 1992, avec Álex Criville au guidon.

Malheureusement, il ne termine le championnat que neuvième : jusqu’ici, une carrière plutôt banale. Mais le passage en 500cc, toujours chez Pons, est meilleur. En 1994, il monte encore et toujours, terminant toutes les courses de la saison dans les huit premiers. Une cinquième place encourageante, qui ouvre le champ des possibles pour l’année 1995. Et ça ne manque pas. Dès les premières joutes, il tient la dragée haute aux Kevin Schwantz et autres Alex Barros. La consécration arrive lors du Grand Prix d’Espagne 1995, à Jerez. Mick Doohan ne profite pas de sa pole position, et laisse le champ libre à un Puig déchaîné.

Ce dernier enfile les tours rapides, et remporte la première course de sa carrière devant son public, collant cinq secondes pleines à Cadalora. Il est d’ailleurs le premier Espagnol à triompher à domicile au plus haut niveau. Une victoire pour l’histoire.

La saison se poursuit, deux podiums et puis plus rien. Alors en troisième place du championnat, ce dernier se prend un volume monstrueux aux essais du Grand Prix de France : jambe gauche cassée. Il tente un retour en 1996, marqué par un podium au Castellet, mais sans plus. Il décide de prendre sa retraite sportive en 1997. Cette blessure nous gâcha peut être d’un grand talent, mais telle est la dure loi du sport.

 

Alberto Puig

L’un des héros de la « première génération espagnole ».

 

La seconde carrière d’Alberto est sans doute plus belle. Travaillant pour la formation espagnole, il apporte son soutien et son expérience à un certain Dani Pedrosa au tout début des années 2000. Ce dernier réussit à prendre trois titres, et donne toujours plus de légitimité à Puig. C’est aussi lui qui canalisa, avec Lucio Cecchinello, le fougueux prodige Casey Stoner.

Il fait partie des rares à savoir repérer le talent brut, et à le modeler pour l’amener au maximum de sa capacité. La légende australienne, d’ailleurs, ne tarit jamais d’éloges pour son mentor espagnol.

C’est donc tout naturellement que ce précurseur, ce professeur de la ‘génération dorée’ accède à des postes prestigieux ; il est aujourd’hui manager de l’équipe Repsol Honda. Son franc-parler lui vaut souvent quelques critiques, mais il ne faut pas omettre l’importance de cet homme dans le paysage moto du XXIe siècle.

Depuis quelque temps, sa légitimité est remise en cause au vu des échecs cuisants de « son » équipe. Après quelques choix de pilotes non inspirés, Puig est au pied du mur. Marc Marquez est parti, et il doit désormais faire confiance à Luca Marini et Joan Mir pour redresser la barre, aidé, bien sûr, de Johann Zarco et de Diogo Moreira. Mais ses pilotes seront-ils son salut ? Pourra-t-il survivre à la nouvelle réglementation de 2027 ? En 2025, il a beaucoup fait parler de lui, notamment dans la gestion du cas Zarco. D’après moi, la performance de Honda en 2027, lorsque le MotoGP va changer d’ère, sera déterminante pour la carrière d’Alberto Puig, et tout va se jouer à ce moment-là.

En attendant, dites-moi ce que vous pensez d’Alberto Puig en commentaires !

 

Si, pour une raison quelconque, Honda ne se relève jamais, Alberto Puig sera sans doute désigné comme l’un des principaux coupables de cette descente aux enfers.

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