C’est un aveu teinté de pragmatisme. Alors que le championnat 2026 n’en est qu’à son premier quart, Johann Zarco a lâché une petite bombe lors des tests de lundi à Jerez : le développement de la Honda actuelle est quasiment au point mort. Le constructeur japonais a déjà les yeux rivés sur 2027 et la révolution des 850cc.
Il y a des phrases qui résument tout un projet. Quand Johann Zarco lâche, presque calmement, que « le projet pour Honda est celui de l’année prochaine », il ne parle pas seulement de stratégie. Il décrit une réalité. Chez Honda, 2026 est déjà en train de devenir une année de transition.
Le week-end espagnol a offert à Zarco une rare opportunité : partir devant, se battre avec les meilleurs, voir concrètement ce qui manque.
Et le diagnostic est clair. Dans les virages rapides, là où se joue aujourd’hui une grande partie de la performance en MotoGP, la Honda souffre. Elle ne “tourne” pas naturellement, elle use ses pneus, et sur la durée d’une course, la sanction tombe.
Contrairement à d’autres constructeurs, Honda n’a rien apporté de majeur à Jerez. Pas de nouvelle pièce miracle. Pas d’évolution visible. Juste du travail de fond : réglages, compréhension, collecte de données. Un choix assumé.
Johann Zarco ne s’en cache pas : mieux vaut aujourd’hui affiner la base que multiplier les nouveautés mal maîtrisées. Car une pièce performante ne sert à rien si le pilote ne peut pas l’exploiter.
Dans un MotoGP obsédé par l’innovation permanente, Zarco remet au centre quelque chose de presque oublié : le réglage. Trouver la bonne base. Comprendre la moto. Adapter son pilotage. C’est moins spectaculaire qu’un nouvel aileron, mais parfois bien plus efficace. « Se concentrer uniquement sur les réglages et le style de pilotage permet d’avoir des idées plus claires et d’être plus à l’écoute de ses sensations. Je pense que le pilote peut vraiment faire la différence lorsqu’il perçoit mieux l’ensemble de la configuration. » dit-il sur GPOne.
Johann Zarco : « Revoir les fans au Mans après les merveilleux souvenirs de l’année dernière sera fantastique »
Derrière tout cela, il y a 2027. Nouvelles motos, 850 cc, aérodynamique réduite, disparition du dispositif d’abaissement… un changement de paradigme complet. « Peut-être bien qu’il me manquera, car c’est un atout pour l’accélération et la stabilité de la moto » … Johann Zarco le sent bien : les sensations vont changer. La vitesse pure restera, mais la manière de l’atteindre sera différente.
Et il le dit avec une pointe de nostalgie : ce MotoGP extrême, brutal, capable d’atteindre 350 km/h avec une stabilité artificiellement maîtrisée, vit peut-être ses dernières saisons.
Le système d’abaissement, justement, en est le symbole. Un outil devenu indispensable pour l’accélération et la stabilité… et qui disparaîtra. Comme beaucoup d’autres artifices de cette ère technique. Alors Johann Zarco en profite. Tant que ça existe encore.
Dans deux semaines, direction Grand Prix de France MotoGP. Et là, tout change. Moins de pression sportive peut-être… mais une attente énorme du public. Une dimension émotionnelle que Zarco connaît bien, surtout après ses performances passées. Ce sera un autre combat. Pas forcément pour la victoire, mais pour exister. « Ce sera assurément un week-end formidable, quel que soit le résultat. Revoir les fans après les merveilleux souvenirs de l’année dernière sera fantastique » assure Johann Zarco.
































