C’est la rumeur qui a fait trembler le paddock lors des tests de lundi à Jerez. Face à la domination insolente d’Aprilia, Ducati a-t-elle conçu une machine trop complexe ? Au micro de Motorsport-Magazin, Marc Marquez a jeté un pavé dans la mare : techniquement, rien n’empêcherait les rouges de revenir à la configuration de la mythique GP24 pour retrouver le chemin de la victoire. Voici les révélations sur ce possible « plan B » qui agite Borgo Panigale.
Il y a des moments où une simple phrase raconte une crise technique. Chez Ducati, ce moment est peut-être arrivé à Jerez. Car derrière les essais, les ingénieurs… et même les 16 personnes autour de Marc Marquez dans le box, une idée commence à émerger : revenir en arrière.
Depuis le début de saison, le constat s’installe. La GP26 est plus pointue, plus exigeante… mais pas forcément plus rapide. À l’inverse, la GP24 — celle qui a écrasé la concurrence — reste dans toutes les têtes. Une moto “facile”, stable, efficace dans toutes les conditions. Ce n’est pas qu’une nostalgie. C’est devenu une hypothèse de travail.
Dans les propos rapportés, une phrase ressort, simple mais révélatrice sur ce retour vers le futur : « Si tu veux, tu peux… Si tu veux revenir à une configuration spécifique 2024, tu peux le faire. C’est juste un mélange de différentes pièces. »
Une déclaration courte, mais qui ouvre une porte énorme : celle d’un retour technique vers une base plus ancienne si elle fonctionne mieux. Dans le contexte Ducati, c’est presque une révolution culturelle. Car revenir à une ancienne version, c’est reconnaître que l’évolution n’a pas apporté le gain attendu.
Ce n’est d’ailleurs pas totalement nouveau. En présaison, Marquez avait déjà fait un choix fort : revenir à l’aéro de 2024 pour s’adapter à sa condition physique. « Je ne peux pas piloter la moto comme avant » disait-il pour expliquer cette option. Et surtout : « Il faut choisir ce qui fonctionne le mieux pour toi ».

Marc Marquez : « Alex a été sept secondes plus rapide cette année avec la GP26 qu’avec la GP24 l’année dernière »
Ce raisonnement pourrait aujourd’hui s’étendre à l’ensemble de la moto. Le problème est simple… et brutal : continuer à développer une GP26 imparfaite ou revenir vers une base connue, plus exploitable immédiatement.
Mais dans un MotoGP ultra verrouillé par les règles, notamment sur l’aérodynamique et les évolutions, ce type de décision n’est jamais neutre. Changer de direction en pleine saison, c’est perdre du temps. Ne rien changer, c’est risquer de perdre le championnat.
Avec Marc Marquez, tout s’accélère. Parce qu’il ressent immédiatement les limites. Parce qu’il est capable de comparer finement. Et surtout parce qu’il ne s’attache pas à une solution par principe.
Son approche est pragmatique : la meilleure moto est celle qui fonctionne, pas la plus récente.
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse un simple réglage. C’est un choix de philosophie : évoluer à tout prix ou revenir à ce qui marchait.
Mais ça reste un dilemme, car le nonuple titré en Grand Prix ajoute : « Alex a été sept secondes plus rapide cette année avec la GP26 qu’avec la GP24 l’année dernière. En tant que pilote, on se souvient toujours de la moto avec laquelle on gagnait tout le temps en se disant : « C’était fantastique ». Mais pendant ce temps, tes adversaires ont rattrapé leur retard, dixième par dixième. »
Dans ce contexte, la phrase de Marquez prend une autre dimension. Elle ne parle pas seulement de possibilité technique. Elle dit, en creux, que Ducati n’a plus le luxe de l’orgueil. Si la GP24 est meilleure… alors il faudra peut-être l’accepter… Mais pour lui, une GP24 figée dans le temps ne pourrait pas rivaliser avec l’Aprilia 2026, qui n’a cessé de progresser. La solution n’est donc pas dans le rétroviseur, mais dans le développement.
































