Alors que les moteurs se sont tus à Jerez, les paroles de Claudio Domenicali, PDG de Ducati, agissent comme un électrochoc. Dans une interview exclusive accordée à GPOne, le patron italien brise le tabou de l’invincibilité des « Rouges » et confirme les manœuvres en coulisses pour l’avenir de Marc Marquez et le développement de la mystérieuse 850cc.
Il n’y a pas eu de phrase choc. Pas de déclaration brutale. Mais parfois, ce sont justement les mots les plus mesurés qui en disent le plus long. Dans son entretien, Claudio Domenicali acte une réalité que tout le paddock pressentait déjà : Ducati n’écrase plus le MotoGP. La hiérarchie s’est resserrée. Et surtout, elle pourrait encore bouger.
Pendant quatre ou cinq ans, Ducati a dicté sa loi. Une avance technique, une lecture parfaite du règlement, et une machine devenue référence absolue. Aujourd’hui, le discours change.
Domenicali ne cherche pas d’excuse. Il parle d’un phénomène presque mécanique : quand une réglementation reste stable, les écarts se réduisent. Ceux qui étaient derrière rattrapent. Ceux qui étaient devant plafonnent. Résultat : Aprilia gagne, les écarts fondent, et la domination rouge n’est plus qu’un souvenir récent.
Dans ce contexte, les performances de Marco Bezzecchi ne sont plus une surprise isolée. Elles deviennent une tendance.
Domenicali le souligne sans détour : la forme du pilote compte, mais la réalité technique est là. Aprilia a comblé l’écart. Et dans certains domaines, elle semble même avoir pris l’avantage. Le MotoGP redevient un terrain ouvert. Et Ducati doit désormais composer, là où elle imposait.

Claudio Domenicali : Marc Marquez se sent bien mis 98% ne suffit pas, c’est 101 % ou rien
Sur Marc Marquez, le message est encore plus clair. “98 % ne suffit pas.” La phrase résume tout. À ce niveau, surtout avec des motos aussi exigeantes, la moindre limite physique devient un handicap immédiat. Et après une longue convalescence, même un Marquez “en forme” reste sous surveillance. Le repos lui a fait du bien. Il se sent mieux. Mais la question n’est pas d’aller bien. La question, c’est d’être parfait.
Sur son avenir, le flou est en réalité très relatif. Domenicali le confirme à demi-mot : tout est quasiment réglé. Il ne reste que des détails. L’annonce officielle dépend davantage des négociations globales du MotoGP que du cas Marquez lui-même. Le deal est fait, mais personne ne veut bouger avant que tout le système soit verrouillé pour 2027.
Car Ducati regarde déjà ailleurs. La moto 850 cc n’en est qu’à ses débuts, testée à peine deux fois en piste. Et déjà, un point clé ressort : personne ne sait qui aura la meilleure lecture du règlement.
Domenicali le dit sans détour : un constructeur peut interpréter les règles mieux que les autres… et créer un écart énorme. Exactement ce que Ducati a fait ces dernières années.
Dans ce contexte, Nicolò Bulega apparaît comme bien plus qu’une option. Pilote capable de pousser la moto à ses limites, impliqué dans le développement 2027, il représente un levier stratégique. Là où Michele Pirro apporte l’expérience, Bulega peut aller chercher la performance brute. Et dans une phase aussi incertaine, ce type de profil devient crucial.
Ce que dit Domenicali, en creux, est simple : Ducati n’a plus la main totale sur le MotoGP. La concurrence est là. Les règles vont changer. Les certitudes disparaissent. Et dans ce nouvel équilibre, même un géant doit redevenir… un challenger. Avec un pari central : que Marc Marquez soit capable d’être à 101 %.
Ducati est à la croisée des chemins. L’écurie accepte de souffrir en 2026 face à une concurrence déchaînée pour mieux préparer le big bang de 2027. Le test du Mugello la semaine prochaine sera le véritable point de départ de la nouvelle ère MotoGP.
































