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MotoGP

Oubliez l’odeur de la gomme et l’adrénaline des trajectoires. Pour Liberty Media, le MotoGP n’est plus un sport, c’est une colonne Excel. Les résultats du premier trimestre 2026 sont tombés : le chiffre d’affaires explose de 25 %, mais derrière les paillettes et le Prosecco des VIP, la réalité est bien plus sombre.

Quand Liberty Media déboursé 4,2 milliards d’euros pour racheter Dorna Sports en 2024, beaucoup ont parlé d’un pari risqué. Deux ans plus tard, les premiers chiffres commencent à montrer une réalité bien différente : le MotoGP devient progressivement une machine économique beaucoup plus rentable qu’auparavant.

Les résultats financiers publiés pour le premier trimestre 2026 sont clairs : les revenus liés au MotoGP ont bondi de 25 %, passant de 75 à 94 millions de dollars sur les trois premiers mois de l’année. Et ce qui frappe surtout, c’est la vitesse à laquelle Liberty imprime déjà sa marque sur le championnat.

Depuis des mois, les signes s’accumulent. L’arrivée de Guenther Steiner chez Tech3, le développement massif des offres VIP et hospitalité, les nouvelles stratégies commerciales autour des sponsors et des expériences premium… Le MotoGP commence à ressembler de plus en plus à ce que Liberty a construit en Formule 1. Le changement est profond.

Une partie importante de la hausse des revenus provient des frais de promotion des Grands Prix et du sponsoring, notamment via la publicité en bord de piste et l’arrivée de nouveaux partenaires commerciaux. En revanche, les droits médias ont légèrement reculé, ce qui montre que Liberty ne dépend plus uniquement des diffuseurs télévisés pour développer le championnat. C’est probablement le point le plus important de ces résultats.

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Malgré une hausse des revenus, le MotoGP reste déficitaire sur le trimestre avec 24 millions de pertes d’exploitation

Le MotoGP entre dans une logique beaucoup plus globale : hospitalité haut de gamme, événements premium, produits dérivés, expériences exclusives… exactement la stratégie qui a permis à la Formule 1 d’exploser économiquement ces dernières années.

Sur les 94 millions générés, 83 proviennent directement du MotoGP. Le reste est lié au Superbike, aux programmes VIP et aux activités annexes. Et même si certaines de ces recettes secondaires ont légèrement reculé, Liberty semble surtout focalisée sur le potentiel à long terme.

Le plus intéressant est peut-être ailleurs : malgré cette hausse des revenus, le championnat reste déficitaire sur le trimestre avec 24 millions de pertes d’exploitation. Mais là encore, Liberty ne semble pas inquiète. Les coûts logistiques ont fortement augmenté, notamment à cause du fret et du carburant, avec un calendrier de plus en plus internationalisé.

Autrement dit, Liberty dépense beaucoup… parce qu’elle prépare quelque chose de beaucoup plus grand.

Le discours du PDG Derek Chang est révélateur. Quand il explique vouloir « étendre la portée commerciale du MotoGP au fil du temps », il parle clairement d’une transformation structurelle du championnat. Et cela commence déjà à se voir.

Le MotoGP version Liberty devient plus américain dans son approche : plus spectaculaire, plus premium, plus orienté business et expérience client. Les discussions autour de Miami, la pression sur les circuits historiques espagnols ou encore les nouvelles exigences imposées aux équipes et aux pilotes s’inscrivent exactement dans cette logique.

Le paradoxe, c’est que cette croissance économique intervient au moment même où le paddock traverse l’une de ses plus fortes tensions politiques depuis des années. Les équipes réclament une meilleure redistribution des revenus, les négociations autour du futur accord commercial bloquent le marché des transferts 2027 et certains craignent déjà une perte progressive de l’identité historique du MotoGP.

Mais du point de vue de Liberty, les chiffres commencent à parler. Et si la croissance continue à ce rythme, alors le MotoGP pourrait devenir, dans les prochaines années, bien plus qu’un simple championnat de moto : un produit mondial de divertissement sportif comparable à la Formule 1. C’est précisément ce qui enthousiasme certains… et inquiète profondément les autres.

Le MotoGP rapporte. Grâce au travail des pilotes, des équipes, des organisateurs. Pourtant, la répartition des richesses reste injuste. Les équipes investissent des fortunes, supportent les risques, et ne voient qu’une fraction des revenus.

Liberty Media, lui, se remplit les poches. Les négociations pour le prochain Accord Concorde sont l’occasion de rétablir l’équilibre. Les équipes le savent. Les pilotes aussi. Et si la menace de ne pas dévoiler les pilotes 2027 se concrétise, le MotoGP pourrait bien entrer dans une crise sans précédent. L’argent est là. Reste à savoir qui le touchera.

Grand Prix d'Espagne MotoGP 2026

 

 

 

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