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Ezpeleta

Le choc des incidents survenus lors du Grand Prix de Catalogne a agi comme un électrochoc dans le paddock. Après les blessures graves d’Alex Marquez et de Johann Zarco, la Direction de Course et le MotoGP, sous l’impulsion de Carlos Ezpeleta, ont décidé de ne plus subir la fatalité. Quatre chantiers prioritaires sont désormais sur la table pour sanctuariser la discipline.

Le week-end de Barcelone a laissé des traces. Des traces physiques pour Johann Zarco et Alex Marquez, tous deux forfaits au Mugello, mais aussi des interrogations profondes sur la sécurité en MotoGP. Et cette fois, les dirigeants du championnat semblent décidés à agir.

Carlos Ezpeleta, directeur sportif de MotoGP Sports Entertainment Group, a révélé que quatre mesures majeures sont actuellement à l’étude pour éviter qu’un scénario similaire ne se reproduise. Car les images de Barcelone ont marqué les esprits.

D’abord l’accident spectaculaire d’Alex Marquez, lancé à pleine vitesse contre la KTM de Pedro Acosta après une panne mécanique du pilote espagnol. Puis la terrible chute de Johann Zarco au premier virage lors du redémarrage, avec des conséquences suffisamment graves pour l’écarter plusieurs semaines de la compétition.

Face à ces événements, MotoGP SEG et la Direction de Course ont immédiatement ouvert des discussions avec les équipes.

« Après Barcelone, la Direction de Course et MotoGP SEG ont souhaité s’entretenir avec les équipes afin de déterminer s’il y avait des points à améliorer », a expliqué Carlos Ezpeleta. Selon lui, un point fait déjà consensus dans le paddock :« Je pense qu’il y a un consensus parmi les équipes sur le fait que le règlement et le processus suivis à Barcelone étaient corrects. »

Carlos Ezpeleta, MotoGP brésilien 2026.

Ezpeleta : « Ces quatre domaines peuvent tous faire la différence »

Mais cela n’empêche pas le championnat de chercher des solutions. Première piste étudiée : augmenter l’espacement entre les pilotes au départ. L’objectif est simple : offrir davantage de marge de manœuvre aux pilotes lors des premiers mètres de course et réduire les risques d’accrochage au premier virage.

« Il s’agit essentiellement de laisser plus d’espace entre les pilotes afin qu’ils aient plus de marge de manœuvre à l’approche du premier virage », a précisé Ezpeleta. Une mesure qui pourrait modifier l’apparence même des départs MotoGP.

Autre sujet brûlant : les systèmes d’abaissement utilisés au départ. Déjà condamnés par le règlement 2027, ces dispositifs pourraient finalement disparaître plus tôt que prévu. Depuis plusieurs courses, plusieurs pilotes dénoncent le freinage inhabituel nécessaire pour les désengager avant le premier virage.

Et Barcelone a relancé le débat. « La proposition et l’objectif sont d’interdire les dispositifs de départ sur tous les circuits », a confirmé Ezpeleta. Une déclaration qui risque de faire réagir les constructeurs, particulièrement ceux qui ont beaucoup investi dans ces technologies.

L’accident de Johann Zarco a également mis en lumière un autre problème : l’exposition du pilote lorsqu’il se retrouve projeté vers la roue arrière ou le bras oscillant d’une moto. Le MotoGP étudie désormais l’ajout de protections spécifiques. « L’incident impliquant Zarco est sans doute le plus choquant que nous ayons connu », a reconnu Ezpeleta. « Ce n’est pas un cas isolé dans ce sport. Nous souhaitons donc en tenir compte. » Selon les premiers échanges avec les constructeurs, une solution technique serait envisageable.

Enfin, l’accident d’Alex Marquez a relancé un projet en développement depuis plusieurs années : le système d’alerte de chute. Le principe serait d’avertir immédiatement les pilotes lorsqu’une moto immobilisée ou un danger se trouve devant eux. « Dans le cas d’Alex, cela n’aurait probablement pas changé grand-chose car il était très proche de Pedro », admet Ezpeleta sur crash.net. « Mais dans d’autres situations, cela pourrait faire la différence. » Ce dispositif, associé à une nouvelle génération de GPS embarqués, doit normalement arriver avec la réglementation 2027.

Toutes ces propositions doivent désormais être discutées avec les pilotes lors de la Commission de sécurité. Ezpeleta reste prudent mais déterminé. « Ces quatre domaines peuvent tous faire la différence. »

Une chose est sûre : après le choc de Barcelone, le MotoGP ne veut plus attendre. Et les décisions qui seront prises dans les prochains mois pourraient transformer durablement la sécurité de la catégorie reine.

Les discussions au sein de la Commission de Sécurité, qui se réunira ce vendredi, seront cruciales. Il ne s’agit plus seulement de débattre des règlements, mais d’adapter le sport aux performances vertigineuses des machines actuelles. Le MotoGP, fort de ses 77 ans d’histoire, entame une nouvelle phase de mutation où la sécurité devient, plus que jamais, le seul véritable indicateur de succès.

Roue arrière et bras oscillant RC213V.

 

 

 

 

 

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