Fabio Quartararo ne s’embarrasse plus de diplomatie. Dans une prise de position qui risque de faire grincer des dents au sein des instances dirigeantes du MotoGP, le pilote français a annoncé qu’il boycotterait la prochaine réunion de la Commission de sécurité. Son argument est tranchant et sans appel : « Je n’irai pas parce qu’il n’y a rien à discuter. »
Fabio Quartararo vient d’envoyer un message extrêmement fort au paddock MotoGP. Et cette fois, le Français ne cherche même plus à masquer sa lassitude. Alors que les débats explosent autour de la sécurité après le week-end catastrophique de Barcelone, Quartararo a annoncé qu’il boycotterait tout simplement la prochaine réunion de la Commission de sécurité.
Une décision qui risque de faire énormément parler. Pourquoi ? Parce qu’une partie du paddock réclame justement davantage d’unité entre pilotes après les terribles accidents de Alex Marquez et Johann Zarco.
Mais Quartararo, lui, semble considérer que ces discussions tournent désormais en rond. « Je n’irai pas parce qu’il n’y a rien à discuter. » Une phrase sèche. Presque brutale. Et surtout très révélatrice du climat actuel en MotoGP.

Fabio Quartararo, le fataliste : « La Commission sécurité est inutile – On sait qu’on va se casser des os, c’est notre métier ! »
Le pilote Yamaha estime que les risques du sport sont connus depuis toujours et qu’aucune réunion ne changera réellement cette réalité. « Nous savons tous que nous pratiquons un sport à haut risque. »
Avant d’ajouter : « Les incidents lors des récentes courses étaient malheureux mais font partie du jeu. »
Quartararo pousse même le raisonnement encore plus loin avec une franchise rare dans le paddock moderne : « En course, on peut se casser une jambe, un bras, ou subir des blessures graves. Ça fait partie de notre travail. »
Cette déclaration risque de profondément diviser le MotoGP. Parce qu’elle arrive précisément au moment où : certains pilotes réclament un véritable syndicat, d’autres veulent renforcer le pouvoir de la Commission sécurité et où la pression médiatique sur les procédures de course devient énorme.
Mais Quartararo semble presque vouloir revenir à une vision plus “ancienne école” du MotoGP : la course reste dangereuse… et les pilotes l’acceptent. Le problème, c’est que cette position pourrait aussi être interprétée comme une forme de résignation.
Car beaucoup dans le paddock estiment justement que le MotoGP moderne est devenu trop extrême : motos plus lourdes, aérodynamique massive, vitesses délirantes, départs ultra compacts, pression pneumatique, électronique omniprésente …
Et Barcelone a servi d’alerte. Pourtant, Quartararo refuse clairement d’entrer dans cette logique politique. Au fond, on sent surtout un pilote épuisé par : les réunions, les débats permanents et probablement aussi les frustrations accumulées chez Yamaha. Car pendant que le paddock débat sécurité… Yamaha continue de souffrir sportivement.
Fabio Quartararo semble désormais privilégier une approche pragmatique : piloter, performer… et éviter les discussions inutiles. Le Français a également pris position sur un autre sujet très sensible : la possible suppression des secondes motos en 2027.
Et là encore, il s’oppose frontalement aux idées actuellement discutées. « Je pense que c’est une mauvaise idée. » Pourquoi ? Parce que pour lui, les deux motos font partie intégrante du spectacle MotoGP. « Que se passe-t-il avec les courses « flag to flag » ? ».
Puis il insiste : « Avoir deux motos ajoute de l’excitation et de la stratégie à la course. » Une position que partagent d’ailleurs énormément de pilotes. Car supprimer les motos secondaires reviendrait à transformer profondément certaines courses historiques sous la pluie ou dans des conditions mixtes.
Et beaucoup craignent déjà un MotoGP plus standardisé sous l’influence future de Liberty Media.
Enfin, Quartararo a aussi lâché une petite phrase qui résume parfaitement son ADN très “puriste” du sport mécanique. Interrogé sur la nouvelle Ferrari électrique “Luce”, il n’a pas fait semblant : « Je suis désolé, mais je ne suis pas fan des voitures électriques. » Avant d’ajouter : « J’adore Ferrari, mais pas celle-ci. »
Là encore, le message est clair : Quartararo reste attaché au sport mécanique traditionnel. Le bruit. Le moteur. Les sensations. L’émotion mécanique. Et quelque part, toute son intervention ressemble exactement à ça : un pilote qui refuse que le MotoGP perde son essence… même si cela implique d’accepter une part de danger.
En refusant de jouer le jeu du politiquement correct sur la sécurité, en défendant le spectacle traditionnel contre les réformes techniques et en affichant son scepticisme envers l’électrique, Quartararo s’impose comme une voix à part. Il incarne un courant de pensée dans le paddock : celui des pilotes qui, tout en acceptant le risque fatal, refusent de voir leur sport perdre son âme au nom d’une sécurité absolue ou d’une modernité imposée.
Fabio Quartararo, 27 ans, ne viendra pas à la Commission de sécurité. « Inutile », dit-il. Les accidents, les blessures, les risques, tout cela est « normal » pour un pilote de MotoGP. Une position radicale, qui contraste avec celle de ses collègues. Sur les motos secondaires, il alerte. Sur la Ferrari électrique, il tance. Quartararo, le franc-tireur, assume. Et le MotoGP, parfois, a besoin de ces voix discordantes.










