Aston Martin a quitté Montréal sans le moindre point, mais dans le clan Honda, le ton était presque paradoxalement optimiste après le Grand Prix du Canada. Car derrière les résultats décevants de l’AMR24, un élément longtemps problématique semble enfin rentrer dans l’ordre : la fiabilité du groupe motopropulseur japonais.

Alonso stoppé… mais pas par Honda
Depuis le début de saison, les vibrations et les difficultés de gestion du moteur avaient sérieusement compliqué le travail de l’écurie britannique. À Montréal, Honda estime avoir franchi un cap important, au point de considérer le moteur comme l’un des rares motifs de satisfaction du week-end.
« Nous n’avons rencontré aucun problème majeur au niveau du groupe motopropulseur sur les deux voitures », a expliqué Shintaro Orihara, directeur général de Honda sur le circuit. Un constat loin d’être anodin après plusieurs week-ends tendus en début d’année.
Le cas Fernando Alonso illustre parfaitement cette évolution. L’Espagnol avait réussi un excellent envol en course, profitant des pneus tendres pour remonter provisoirement dans le top 10 malgré un départ depuis l’arrière de la grille.
Mais son Grand Prix s’est brutalement arrêté à cause d’un problème de siège. Une panne frustrante pour Aston Martin, mais qui permet à Honda d’échapper cette fois aux critiques.
« Tout se déroulait sans problème du point de vue du groupe motopropulseur », a insisté Orihara après l’abandon du double champion du monde.
Alonso lui-même a reconnu que la monoplace montrait quelques signes encourageants malgré le résultat final.
« Nous semblions plus rapides qu’à Miami avec la même configuration », a expliqué l’Espagnol, qui attend désormais beaucoup des évolutions promises après la pause estivale.
Stroll pointe les limites de l’AMR24
Si Honda respire un peu mieux, Aston Martin reste néanmoins plongée dans une crise de performance. Devant son public, Lance Stroll n’a jamais été en mesure de lutter avec le milieu de grille.
Le Canadien a évoqué des difficultés persistantes avec les pneumatiques et un manque criant de vitesse de pointe.
« Nous n’avons pas réussi à atteindre les températures nécessaires dans les pneus et nous avons manqué d’adhérence tout au long de la course », a-t-il reconnu.
Plus inquiétant encore, Stroll estime que l’AMR24 souffre désormais dans pratiquement tous les secteurs clés.
« Les performances de la voiture ne sont pas à la hauteur de nos attentes », a-t-il ajouté sans détour.
Monaco, premier vrai test pour les progrès Honda ?
Malgré tout, Honda estime avoir identifié une direction de développement enfin cohérente. Orihara a notamment évoqué des améliorations sur la maniabilité et la réponse de l’accélérateur, deux paramètres essentiels sur les circuits urbains et sinueux.
« Nous avons constaté des signes positifs concernant la maniabilité », a-t-il affirmé.
Des progrès qui pourraient devenir particulièrement visibles à Monaco, où la précision à basse vitesse et la stabilité dans les virages lents jouent un rôle capital.
Le constructeur japonais continue notamment de travailler sur la distribution du couple et la réponse moteur afin d’offrir une voiture plus prévisible aux pilotes. Un détail technique qui peut faire une énorme différence entre les rails monégasques.
Reste désormais à savoir si cette amélioration du moteur suffira à masquer les faiblesses aérodynamiques de l’AMR24. Car si Honda semble enfin avoir retrouvé une certaine sérénité, Aston Martin, elle, reste toujours en quête de réponses.































