C’est une décision qui fait l’effet d’une bombe dans le paddock Moto3. Alors qu’il occupait encore récemment la troisième place du championnat du monde, Adrian Fernandez vient d’être frappé par l’une des sanctions les plus lourdes prononcées ces dernières années dans les catégories MotoGP. Le pilote Leopard Racing a en effet été disqualifié de six Grands Prix disputés cette saison après la découverte d’irrégularités techniques majeures sur deux de ses moteurs Honda.
Les conséquences sont dévastatrices. Des 90 points qu’il avait accumulés depuis le début de l’année, il ne lui en reste désormais plus que 13. Les podiums obtenus au Mans et à Barcelone disparaissent des classements officiels, tout comme sa position parmi les prétendants au titre mondial.
L’affaire débute à l’issue du Grand Prix de France lorsque Honda lance une procédure standard de contrôle des moteurs arrivés en fin de cycle d’utilisation. Parmi les unités inspectées figure le moteur n°810 utilisé par Fernandez lors des quatre premières manches de la saison.
Rapidement, les techniciens constatent que les scellés de sécurité ne correspondent pas aux procédures officielles du constructeur. Une inspection approfondie révèle alors des signes évidents de manipulation sur les dispositifs de scellement censés garantir l’intégrité mécanique de l’unité.
Selon les conclusions du directeur technique, l’intégrité du système de sécurité homologué avait été compromise et le moteur avait été ouvert sans autorisation préalable, ce qui constitue une violation directe du règlement technique Moto3.
La sanction tombe immédiatement : toutes les courses disputées avec ce moteur sont annulées. Fernandez perd ainsi ses résultats obtenus en Thaïlande, au Brésil, aux États-Unis et en Espagne.

Les moteurs Leopard trafiqués, Honda risque de ne pas apprécier
Mais le dossier ne s’arrête pas là. Lors du Grand Prix d’Italie, un second moteur, identifié sous le numéro 811, est récupéré pour inspection. Les vérifications menées sous la supervision de la Direction Technique et du constructeur Honda mettent en évidence de nouvelles anomalies.
Les fils de sécurité et les étiquettes de scellement présentent cette fois encore des traces de manipulation. Une fois le moteur ouvert, les ingénieurs découvrent plusieurs indices laissant penser qu’il a été modifié et réglé en interne par l’équipe.
Contrairement au moteur 810, où aucune preuve formelle d’intervention mécanique n’avait pu être établie au-delà des scellés altérés, le moteur 811 présente selon les experts plusieurs anomalies techniques démontrant qu’il a bien été ouvert et manipulé.
La FIM considère alors que ces interventions constituent une atteinte grave à l’intégrité sportive du championnat.
Le verdict est sans appel. Fernandez est également disqualifié des Grands Prix de France et de Catalogne, les deux épreuves disputées avec cette seconde unité moteur. Au total, six courses disparaissent de son palmarès 2026.
Cette affaire dépasse largement la simple infraction technique. Dans un championnat Moto3 où le nombre de moteurs est strictement limité et où chaque unité est soigneusement scellée afin de garantir l’égalité des performances entre concurrents, toute intervention non autorisée est considérée comme une remise à neuf illégale du moteur.
Pour les commissaires FIM, il ne s’agit pas seulement d’un problème réglementaire mais d’un acte portant atteinte à l’équité sportive du championnat. L’onde de choc est immense chez Leopard Racing.
Adrian Fernandez, frère du pilote MotoGP Raul Fernandez, voit ainsi sa saison pratiquement anéantie du jour au lendemain. Celui qui figurait parmi les candidats au podium final du championnat se retrouve désormais relégué loin au classement général.
Sa quatrième place obtenue au Mugello demeure à ce jour son seul résultat conservé parmi les dernières manches.
L’affaire risque désormais d’alimenter les débats pendant de longues semaines dans le paddock, tant par l’ampleur de la sanction que par les questions qu’elle soulève sur les contrôles techniques et la responsabilité des équipes dans la gestion des moteurs scellés par le constructeur. A commencer par le team Leopard.































