Francesco Bagnaia traverse décidément une saison 2026 compliquée. Au terme d’un vendredi particulièrement difficile sur le circuit de Balaton Park, le pilote Ducati s’est retrouvé contraint de passer par la Q1 pour la troisième fois seulement en huit Grands Prix, une situation qui commence à devenir préoccupante pour un double champion du monde.
Alors que Pedro Acosta écrasait la concurrence avec un impressionnant chrono de 1’36.827 et que Fabio Di Giannantonio hissait sa Ducati GP26 à la deuxième place, Bagnaia n’a pu faire mieux que quatorzième, à plus d’une seconde du pilote KTM.
Une contre-performance qui n’a pas échappé à Pol Espargaró. Consultant pour DAZN, l’ancien pilote KTM estime que l’Italien s’est lui-même mis dans une situation impossible en cédant à la pression lors de sa dernière tentative chronométrée.
Selon lui, tout s’est joué dans les derniers instants de la séance. « Pecco et Franco Morbidelli n’obtiennent pas de bons résultats cette saison – mais ce que Pecco a fait était surprenant. » Espargaró explique que le pilote Ducati avait encore toutes ses chances d’intégrer directement la Q2 avant de commettre une erreur décisive dans le dernier secteur.
« Il était 20e, il ne lui restait qu’une seule attaque chronométrée avec le dernier pneu. Il arrivait assez vite, mais il a commis une erreur dans le dernier secteur, ce qui lui a coûté environ trois ou quatre dixièmes de seconde, et il a ensuite abandonné. »

Pol Espargaró : « Bagnaia n’est pas à l’aise. Ou du moins qu’il est à la limite de ses capacités »
Pour l’Espagnol, c’est précisément ce renoncement qui révèle l’état d’esprit actuel de Bagnaia.
« Je pense que s’il avait bien bouclé ce tour, il aurait réussi. Mais attendre le dernier tour, alors qu’il attaquait à fond, pour commettre ce genre d’erreurs montre qu’il n’est pas à l’aise. Ou du moins qu’il est à la limite de ses capacités. »
Une analyse sévère mais révélatrice d’une réalité qui saute aux yeux depuis plusieurs mois : Bagnaia ne semble plus piloter avec la sérénité qui caractérisait ses campagnes victorieuses de 2022 et 2023.
Chaque séance MotoGP ressemble désormais à un exercice d’équilibriste. « La moindre erreur ou le moindre problème avec la moto lui fait perdre ce précieux temps nécessaire pour accéder à la Q2. »
Vendredi, les difficultés de Bagnaia sont apparues particulièrement visibles dans les phases de freinage et les enchaînements de chicanes. L’adhérence arrière de sa GP26 semblait insuffisante et l’Italien n’a jamais réussi à construire un tour propre.
Plus inquiétant encore, alors que Di Giannantonio et Marc Marquez — équipés de la même Ducati GP26 — ont terminé confortablement dans le Top 10, Bagnaia est resté bloqué dans les profondeurs du classement.
Le constat est que ce n’est plus seulement une question de moto. La pression semble désormais jouer un rôle majeur dans les performances du pilote turinois. Et les statistiques n’incitent pas à l’optimisme.
Lors de ses deux précédents passages par la Q1 cette saison, en Thaïlande puis en Catalogne, Bagnaia n’était même pas parvenu à rejoindre la Q2, s’élançant finalement depuis la treizième position sur la grille dans les deux cas. À Balaton Park, il devra une nouvelle fois tenter de renverser la situation.
Mais après ce vendredi compliqué, une question commence à circuler dans le paddock : Francesco Bagnaia est-il encore en train de lutter contre ses adversaires… ou contre lui-même ?
































