Guillem Planques est sans doute actuellement notre meilleur espoir d’arriver en Grand Prix, mais l’affaire Momoven Racing a failli le mettre à pied pour sa manche à domicile du Championnat FIM MotoJunior à quelques jours de l’épreuve de Magny-Cours…
Actuel 10e du Championnat du monde Junior Moto3 et 13e de la Red Bull Rookies Cup, le Lyonnais de 18 ans montre aujourd’hui de solides performances aux portes des Grands Prix, et la quatrième manche du MotoJunior, qui se dispute ce week-end sur le circuit de Magny-Cours, revêt évidemment pour lui une importance toute particulière.
Elle a cependant failli être réduite à néant à cause d’une affaire qui a défrayé le paddock en route vers la Nièvre…

Un camion immobilisé en pleine route vers Magny-Cours
En route vers le circuit français, le camion semi-remorque transportant les motos et tout le matériel du Momoven Racing a été immobilisé par la Guardia Civil espagnole, menaçant directement la participation de l’équipe au quatrième rendez-vous de la saison. Derrière cet incident spectaculaire se cache toutefois un conflit juridique beaucoup plus complexe, qui dépasse largement le simple cadre sportif.
Les faits se sont produits alors que le convoi du Momoven Racing, dorénavant matériellement basé aux Pays-Bas, prenait la direction de Magny-Cours, après les manches de Catalogne, Estoril et Jerez. Selon le communiqué publié par l’équipe espagnole, le véhicule transportant les motos, les moteurs, les pièces détachées et tout le matériel de compétition a été intercepté puis immobilisé en raison d’une radiation administrative (« baja administrativa« ) de la remorque.
Le problème est toutefois plus complexe qu’un simple défaut administratif. D’après le team espagnol, cette radiation intervient alors qu’une procédure civile est toujours en cours concernant la propriété du véhicule. Momoven Racing estime donc que cette immobilisation est injustifiée et annonce avoir immédiatement engagé des démarches judiciaires.

Une intervention de plusieurs heures de la Guardia Civil
La situation a rapidement pris de l’ampleur. Toujours selon la version du Momoven Racing, plusieurs personnes extérieures à l’équipe étaient présentes lors de l’interception du camion semi-remorque, créant un climat de forte tension. Dans son communiqué officiel, l’équipe cite notamment D.A.M., présenté comme lié à Grupo Impormotor, ainsi que K.B., présenté comme lié au KSB Aspar Team. Elle affirme que son personnel aurait été victime de présumées pressions et actes de coercition, ce qui a conduit à l’intervention de la Guardia Civil pendant plusieurs heures.
Les autorités ont finalement autorisé le déchargement, l’inventaire et la récupération de l’ensemble du matériel sportif. Les motos ont ainsi pu poursuivre leur route vers Magny-Cours, permettant au team de participer au week-end de compétition. En revanche, la remorque demeure immobilisée dans l’attente de la décision de la justice.
Une affaire qui dépasse largement le sport
À première vue, l’incident
pourrait sembler n’être qu’un problème logistique. Pourtant,
plusieurs éléments laissent penser qu’il s’agit de la partie
visible d’un conflit bien plus ancien.
Depuis le début de l’année 2026, Momoven a repris le contrôle de l’ancienne
structure Finetwork MIR
Racing Team, avec l’ambition de développer un projet
sportif allant du MotoJunior jusqu’au Championnat du monde Moto2,
en partenariat avec le RW
Racing Team.
Or, des médias économiques espagnols évoquaient déjà il y a
plusieurs mois des discussions complexes autour de la propriété de
certains actifs de l’ancienne structure MIR Racing. Le Team
principal et copropriétaire du Momoven Racing, Javier Martínez, par ailleurs
manager de Guillem Planques, expliquait alors que
plusieurs questions restaient ouvertes concernant la réorganisation
du projet sportif et de ses actifs.
Même si aucun lien officiel n’a été établi entre ces dossiers, la
procédure civile concernant la propriété du camion semblerait
s’inscrire dans ce contexte plus large.
Prudence sur les responsabilités
Il convient toutefois de
rester particulièrement prudent. À ce jour,
la quasi-totalité des
informations disponibles proviennent du communiqué officiel publié
par Momoven Racing, largement repris par la presse
espagnole.
Aucune déclaration publique de Grupo Impormotor, du KSB Aspar Team ou de toute autre partie
impliquée n’a, pour l’instant, été rendue publique pour apporter
une version différente des faits. De même, les autorités n’ont pas
communiqué sur les raisons précises ayant conduit à
l’immobilisation administrative du véhicule.
Les seuls faits aujourd’hui établis sont les suivants :
- le camion transportant le matériel du Momoven Racing a bien été immobilisé ;
- la Guardia Civil est effectivement intervenue ;
- le matériel de compétition a finalement pu être récupéré afin que l’équipe participe à l’épreuve de Magny-Cours ;
- une procédure judiciaire est désormais engagée autour de cette affaire.
Une affaire appelée à rebondir
Au-delà de son impact immédiat
sur le déroulement du week-end de course, cette affaire pourrait
avoir des conséquences importantes si le litige sur la propriété
des actifs de l’équipe venait à s’étendre.
Momoven Racing affirme vouloir défendre exclusivement ses intérêts
devant les tribunaux tout en poursuivant normalement son activité
sportive. Les prochaines semaines devraient permettre de mieux
comprendre les origines exactes de ce conflit, qui dépasse
manifestement le simple cadre d’un camion immobilisé sur le bord de
la route…
Le véritable sujet ne semble toutefois pas seulement l’immobilisation du camion : il est de savoir qui possède réellement les actifs historiques de MIR Racing (camions, remorques, matériel, droits sportifs, etc.). C’est probablement ce point qui est au cœur de la procédure judiciaire en cours.
Momoven Racing
« Ce qui ne te tue pas te rend plus fort
Et, de
toute évidence, ils ne nous
tueront pas.
Car une équipe ne se mesure
pas au nombre de fois où l’on essaie de la faire tomber, mais au
nombre de fois où elle se relève.
Certains ont cru
qu’en mettant des obstacles sur notre route, ils finiraient par
nous faire disparaître.
Ils se sont trompés.
Aujourd’hui, nous sommes toujours là, plus unis, plus forts et
plus motivés que jamais.
Au final, le temps remet
chacun à sa place : certains choisissent de construire, d’autres
préfèrent essayer de détruire.
Nous savons
parfaitement de quel côté nous voulons être.
Nous vous
laissons donc avec cette chanson en fond sonore, qui invite à la
réflexion. 😘
⭐️ Villena 2025
⭐️ Oropesa
2026
Champions de la vérité et de l’honnêteté.
🏆»
Tel est le message publié sur
les réseaux sociaux par l’équipe espagnole qui aligne en MotoJunior
3 Moto3 pour Leonardo Zanni, Guillem
Planques et Fabio Pilato, ainsi qu’une
Moto2 pour Unai Orradre, actuel 2e du
championnat.
Momoven soutient également David Almansa,
Adrián Cruces et Arón Canet en
Championnt du monde et sponsorise la catégorie Moto4 en
MotoJunior.
Alex Marquez en est un des
actionnaires.

Heureusement, tout le matériel a pu rejoindre Magny-Cours pour que les pilotes à la jolie livrée puissent défendre leurs chances dès vendredi, et nous feront le point sur l’aspect sportif après les qualifications…
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