Moto GP
Publié le 8 septembre 2026 • 19:00 par André Lecondé

MotoGP – La vérité qui fait mal au paddock : même blessé, Marc Marquez reste le meilleur… et même le deuxième meilleur !

Le constat est cruel pour le reste de la grille : même diminué, Marc Marquez reste la référence absolue. Et ça, tout le monde le sait.

Marc Marquez

Marc Marquez n’est toujours pas à 100 %. Ducati le reconnaît, son pilotage le montre par moments et l’intéressé ne cherche désormais plus vraiment à le nier. Mais une réalité autrement plus préoccupante commence à s’imposer à ses adversaires : même diminué, l’Espagnol reste peut-être le meilleur pilote du plateau. Au point que Mela Chércoles résume la situation par une formule saisissante : derrière Marc Marquez, le deuxième meilleur pilote du MotoGP serait encore… Marc Marquez avec un bras blessé.

Depuis son opération du mois de mai, destinée notamment à retirer deux vis dont l’une comprimait son nerf radial, Marquez compose avec un bras droit qui ne lui offre plus les capacités qu’il possédait autrefois. Sa récupération devait initialement être pratiquement achevée en septembre. Davide Tardozzi a depuis reconnu que ce calendrier était trop optimiste.

Et pourtant, le pilote Ducati vient de remporter quatre des six dernières courses et n’accuse plus que 19 points de retard sur Jorge Martin au championnat.

« Le deuxième meilleur pilote est aussi Marc Marquez »

C’est cette contradiction que Mela Chércoles a mise en évidence sur la chaîne YouTube NicoAbadTV. Pour le journaliste espagnol, une hiérarchie assez particulière serait aujourd’hui admise jusque parmi les pilotes eux-mêmes :

« Le meilleur pilote sur la grille est Marc Marquez. Même ses collègues pilotes le savent. Ce qui est incroyable, c’est que le deuxième meilleur pilote sur la grille est aussi Marc Marquez, même avec son bras blessé. »

La formule est spectaculaire, mais Aragon lui a donné une certaine consistance. Sur un MotorLand qui lui convient particulièrement, Marquez a certes réalisé le week-end parfait en empochant les 37 points disponibles. Mais il ne l’a pas fait avec l’aisance physique du pilote qui dominait autrefois certaines courses.

Mat Oxley a notamment relevé ses précautions dans les virages à droite, là où les séquelles de ses multiples opérations sont les plus sensibles. Cela ne l’a pas empêché de battre Pedro Acosta et Marco Bezzecchi. C’est peut-être là que réside le véritable problème pour ses adversaires.

Marc Marquez

Marc Marquez doit désormais gérer son propre corps

La supériorité de Marquez ne peut plus seulement s’exprimer par une attaque permanente. Elle doit désormais intégrer une variable qu’il ne connaissait pas de cette manière lors de ses grandes années Honda : la gestion de ses propres capacités physiques.

Chércoles souligne ainsi que le pilote Ducati connaît parfaitement ses limites et adapte désormais son effort : « Marc lui-même sait l’ampleur de sa condition. Il doit gérer son effort avec soin, en se dosant et en se retenant parfois pour libérer tout son potentiel quand cela compte. »

Cette lecture rejoint celle formulée récemment par plusieurs observateurs du paddock. À Silverstone, lorsque son bras droit ne lui permettait plus de contrôler normalement la moto, Marquez s’est contenté d’une septième place. À Aragon, sur un circuit plus favorable à son pilotage et à son état physique, il a au contraire maximisé son potentiel avec deux victoires.

Le Marquez de 2026 n’est donc peut-être plus celui qui peut attaquer de la même manière partout. Il devient celui qui doit déterminer où attaquer et où survivre.

Ducati veut empêcher Marquez de se battre contre lui-même

Claudio Domenicali a lui aussi identifié cette nécessité. Le PDG de Ducati souhaite notamment que son pilote réduise son engagement lors des séances où cela est possible afin de préserver ses capacités pour les moments qui distribuent réellement les points. « Il a toujours un problème », reconnaissait récemment Domenicali. « Il doit essayer de moins forcer vendredi afin de préserver ses forces pour samedi et dimanche. »

Le conseil prend une importance particulière à neuf Grands Prix de la fin. Avec seulement 19 points séparant désormais Jorge Martin et Marc Marquez, chaque résultat compte. Mais Ducati sait également qu’une nouvelle blessure ou une surcharge de ce bras droit pourrait faire disparaître instantanément les espoirs de titre.

Marquez doit donc accomplir quelque chose d’assez inhabituel pour lui : accepter parfois de ne pas être Marc Marquez afin de pouvoir pleinement le redevenir lorsque cela compte. Et c’est peut-être la mauvaise nouvelle supplémentaire pour ses adversaires.

Car le pilote qu’ils doivent battre aujourd’hui n’est pas seulement un Marc Marquez diminué. C’est un Marc Marquez qui commence à apprendre comment gagner en l’étant.

Marc Marquez