Quand la Formule 1 devient pénible, Fernando Alonso connaît manifestement un excellent remède : un V12 biturbo, trois pédales et une Aston Martin produite à seulement 38 exemplaires. Des images de l’Espagnol au volant de sa spectaculaire Valiant à Monaco refont parler d’elles. Une manière plutôt agréable de passer la trêve estivale avant de retrouver une AMR26 qui, elle, n’offre ni 745 chevaux atmosphériques de bonne humeur ni beaucoup de points. Le réconfort avant l’effort, version double champion du monde.

Dans Monaco, Alonso possède soudain une Aston Martin qui donne le sourire
La scène pourrait presque servir de publicité involontaire à la marque britannique.
Fernando Alonso au volant d’une Valiant dans les rues de Monaco, avec derrière lui un V12 de 5,2 litres biturbo développant 745 ch, associé — hérésie délicieuse en 2026 — à une boîte manuelle à six rapports. Aston Martin décrit elle-même la voiture comme sa routière à moteur avant la plus extrême jamais produite. Pas de récupération d’énergie. Pas de répartition électrique à gérer. Pas de message radio pour demander pourquoi la voiture perd quatre dixièmes dans le secteur deux. Un levier de vitesses. Un V12. Et Fernando. Cela doit effectivement changer de ses dimanches professionnels.
Surtout, cette Valiant existe en grande partie parce qu’Alonso l’a réclamée
Le raccourci selon lequel Alonso aurait « dessiné » lui-même la voiture mérite cependant d’être corrigé.
La Valiant est née d’une commande personnelle du pilote espagnol auprès de Q by Aston Martin. Alonso souhaitait une version du Valour plus légère, plus radicale et davantage inspirée par la compétition. Le projet a ensuite été développé avec les ingénieurs et designers d’Aston Martin, Alonso participant aux choix de conception et aux spécifications techniques Il ne s’est donc pas installé devant CATIA entre deux Grands Prix pour dessiner les triangles de suspension. Mais il a bien lancé l’idée.
Et lorsqu’un double champion du monde demande :
« Vous ne pourriez pas rendre votre V12 manuel encore un peu plus déraisonnable ? »
Aston Martin a visiblement jugé préférable de répondre oui.
38 exemplaires, tous vendus : même la rareté a été mise au régime
Aston Martin a limité la production mondiale de la Valiant à seulement 38 voitures, toutes attribuées avant même le lancement commercial. La première présentation publique a eu lieu au Festival of Speed de Goodwood 2024, avec Alonso lui-même au volant.
Le tarif officiel n’avait pas été communiqué publiquement par la marque, mais Reuters rapportait au lancement un prix d’environ 2 millions de livres hors taxes, soit autour de 2,5 millions de dollars à l’époque. Plusieurs estimations ultérieures ont même placé certaines configurations autour de 2 à 2,5 millions de livres En résumé, Alonso possède une Aston Martin suffisamment rare pour que lorsqu’il croise une autre Valiant à Monaco, il puisse raisonnablement se demander qui a copié qui.
Concernant le numéro exact de châssis de son exemplaire, en revanche, aucune source officielle solide consultée ne permet de confirmer le numéro avancé dans certaines publications. Mieux vaut donc laisser ce petit carré bleu aux réseaux sociaux.
Techniquement, Alonso n’a pas commandé un jouet de terrasse
La Valiant n’est pas seulement un Valour auquel Aston Martin aurait ajouté un grand aileron et une facture.
La marque a utilisé un sous-châssis arrière imprimé en 3D afin d’économiser 3 kg, un tube de transmission en magnésium gagnant 8,6 kg et des roues de 21 pouces également réalisées en magnésium qui réduisent les masses non suspendues de 14 kg. Elle reçoit aussi des amortisseurs Multimatic issus de la compétition, une carrosserie largement travaillée pour l’appui et quatre sorties d’échappement en titane
Et surtout : 745 chevaux, propulsion, boîte manuelle.
À une époque où l’industrie automobile sait désormais connecter un grille-pain au Wi-Fi, Aston Martin et Alonso ont consacré énormément d’ingénierie à fabriquer une voiture dont l’idée centrale reste essentiellement :
« Et si conduire était encore amusant ? »
Révolutionnaire.
Le contraste avec son Aston Martin du dimanche est légèrement cruel
C’est évidemment là que la promenade monégasque devient savoureuse.
En Formule 1, la saison 2026 d’Aston Martin a été extrêmement douloureuse. Après onze Grands Prix, Fernando Alonso ne compte qu’un seul point, obtenu avec sa dixième place à Monaco. Il est 19e du championnat et a enregistré quatre abandons Oui, Monaco. Le même endroit où sa Valiant lui offre probablement quelques moments nettement plus agréables.
On résume donc :
dans les rues de la Principauté avec sa voiture personnelle, Alonso dispose d’un V12 de 745 chevaux conçu selon ses envies.
Sur ces mêmes rues avec sa Formule 1, il a dû employer une stratégie particulièrement audacieuse pour arracher le seul point de toute la première moitié de saison d’Aston Martin.
Il y a des comparaisons que le service marketing préférerait probablement éviter. Heureusement, la Hongrie a enfin laissé entrevoir autre chose que le fond du tunnel. Aston Martin n’est cependant pas partie en vacances totalement désespérée.
À Budapest, l’équipe a introduit 16 modifications sur son AMR26, son premier véritable package majeur de la saison. Alonso a enfin franchi la Q1 et s’est retrouvé capable de combattre davantage avec le milieu de peloton Le dimanche, Lance Stroll a terminé 13e et Alonso 14e.
Dit ainsi, personne ne débouchera le champagne à Silverstone.
Mais après plusieurs week-ends passés à deux secondes du milieu de grille — et parfois plus de quatre secondes de la référence en qualification à Spa — Alonso a parlé d’un possible « nouveau départ » pour le championnat d’Aston Martin. Quand une quatorzième place vous redonne de l’espoir, cela indique généralement que les mois précédents ont été particulièrement réussis.
Et maintenant arrive Zandvoort, avec encore une autre Aston à découvrir
La vraie reprise commencera aux Pays-Bas du 21 au 23 août, avec une nouvelle étape du développement de l’AMR26. Aston Martin prévoit notamment de poursuivre le travail sur le châssis tandis que Honda doit apporter des évolutions de son groupe propulseur.
Adrian Newey ne cache pas l’importance de cette progression. Le patron d’Aston Martin a expliqué que l’équipe devait montrer des avancées tangibles à Alonso si elle voulait le convaincre de rester en 2027. Le package hongrois comprenait notamment une réduction de poids du châssis et de la boîte, un nez redessiné, des surfaces aérodynamiques largement revues et une modification de la suspension arrière.
Voilà donc le véritable « effort » qui suit le réconfort monégasque. Car Alonso peut parfaitement profiter de sa Valiant aujourd’hui.
Mais ce qu’il attend réellement d’Aston Martin, c’est que l’autre voiture verte commence enfin à lui donner autant envie de conduire.
À 45 ans, Alonso n’a plus énormément de saisons à consacrer aux belles promesses
La situation comporte également une dimension plus sérieuse.
Fernando Alonso vient d’avoir 45 ans et reste le pilote le plus âgé de la grille. Newey le considère toujours comme un atout majeur pour sa capacité à comprendre la voiture et orienter son développement, mais reconnaît aussi que l’Espagnol veut voir une progression claire avant de prolonger l’aventure. Autrement dit, Aston Martin ne peut plus éternellement lui expliquer que la vraie bonne voiture arrivera « l’année prochaine ».
À un moment, même Fernando Alonso finit par manquer d’années prochaines. La Valiant, elle, possède au moins un avantage considérable : elle tient déjà ses promesses.
Finalement, Alonso possède peut-être actuellement la meilleure Aston Martin de Monaco
La formule est évidemment provocatrice. L’AMR26 reste une Formule 1 technologiquement infiniment plus sophistiquée. Mais lorsqu’il s’agit simplement de plaisir de conduite, difficile de ne pas comprendre le sourire d’Alonso devant sa Valiant.
Cette voiture est née parce qu’il voulait davantage de puissance, moins de poids, une boîte manuelle et une expérience plus directe. Aston Martin a écouté et lui a livré exactement cela. Avec l’AMR26, il avait demandé surtout une F1 compétitive. La livraison a pris légèrement plus de retard. Alors avant de repartir à Zandvoort affronter Mercedes, Ferrari, McLaren et Red Bull, Fernando profite de Monaco et d’un V12 de plusieurs millions.
On pourrait appeler cela de l’extravagance.
Nous préférons :
le réconfort avant l’effort.
Et après onze Grands Prix, quatre abandons et un seul point, personne chez Aston Martin ne devrait vraiment lui reprocher de choisir, pendant quelques kilomètres, l’Aston qui fonctionne comme prévu.

🔥 Fernando Alonso por las calles de Mónaco con su Aston Martin Valiant
1️⃣ Es el chasis #1 de este modelo y tan solo hay 38 unidades en el mundo
💡 Además, es su CREADOR original, ya que lo encargó e ideó personalmente
💸 El suyo, podría llegar a valer 6 millones de euros pic.twitter.com/gdt7D8YTXL
— Nachez (@Nachez98) August 14, 2026









