Moto GP
Publié le 16 août 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Voici le seul pilote qui a terminé toutes les courses jusqu’à maintenant

Dans une année où l’on voit beaucoup de grosses chutes, un seul pilote a terminé toutes les courses dominicales en MotoGP.

courses MotoGP

Les pilotes MotoGP ont disputé 12 courses depuis le début de l’année, mais un seul les a toutes terminées : Luca Marini. Discrètement, il fait une saison très solide, et montre d’importants signes de progression par rapport à l’année dernière. Mais pourquoi n’en parle-t-on pas plus ?

 

Des courses maîtrisées en MotoGP

Vous savez que j’aime bien Marini, notamment parce qu’il est d’une race aujourd’hui quasiment disparue : les réguliers. Avant, il y en avait davantage, mais désormais, tout est une question de coup d’éclats, de brillance. Cependant, je dois avouer que j’étais assez déçu de son début de saison. Marini a fini 2025 en étant devenu un candidat au top 5, et je croyais davantage au projet Honda. À Sepang, Aleix Espargaro nous avait vendu la RCV213V 2026 comme un missile, et, en réalité, c’est plus compliqué.

 

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Honnêtement, on voyait la Honda faire un plus grand bons que ça. Photo : HRC

 

Sur les week-ends, Marini a perdu de la vitesse sur un tour. Il n’est pas encore allé en Q2, et ça lui coûte. Comme d’autres, il est obligé de faire des remontées dans le cœur du peloton, ce qui n’est jamais facile. Étant donné qu’il n’est jamais montré à l’écran (la réalisation internationale se focalise essentiellement sur le top 5), qu’il ne performe pas réellement en qualifications et qu’il n’est pas aux avant-postes, j’imaginais qu’il faisait une saison moyenne. Mais c’était avant de voir un certain nombre : 34.

C’est l’écart de points entre son exercice 2025 et 2026, au même moment. Certes, en 2025, il avait manqué trois courses, mais, globalement, il est significativement meilleur. C’est juste qu’on ne le voit pas. Côté régularité, il est imbattable. Sur les deux dernières saisons, il n’a abandonné qu’une seule fois le dimanche, et le pire, c’est que c’était à cause d’un problème mécanique ! Ce type ne tombe jamais ou presque. C’est, je pense, le pilote le plus fort dans cet exercice depuis Bradley Smith – un autre profil que j’adorais pour ces mêmes raisons.

Beaucoup pensent, à tort, que Marini fait l’épicier, qu’il gère. Mais la réalité est toute autre. Il se démène et dépasse beaucoup une fois les feux éteints. À Silverstone, dans l’indifférence générale, il est remonté de la 15e à la 9e place en GP, en étant pris dans une bataille intense. Et, globalement, il est toujours bien classé. Il ne compte que trois GP terminés hors du top 10, et deux cinquièmes places pour meilleurs résultats.

Marini est actuellement 10e du général, alors que je l’avais pronostiqué 9e en début de saison en voyant pour lui un grand bond depuis la 13e position en 2025. C’est tout à fait correct, et ça devrait d’ailleurs lui permettre de signer chez KTM Tech3 en 2027.

 

La hiérarchie chez Honda

 

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Marini est très discret, mais jamais impertinent au micro. Photo : HRC

 

Où en est-il par rapport à ses collègues ? Eh bien, il est devant, et confortablement. Forcément, Johann Zarco était meilleur que lui avant sa blessure, mais une fois de plus, leurs potentiels ne sont pas comparables. Beaucoup rabaissent Marini en le comparant à Zarco, mais de deux choses l’une : le Français n’est autre que l’un des meilleurs pilotes de la décennie passée – les attentes et le talent ne sont clairement pas les mêmes –, et, deuxièmement, Marini a pourtant été meilleur que lui en 2025. Effectivement, le plafond de Zarco est infiniment plus élevé, on parle d’un pilote qui peut viser des victoires en MotoGP sur une bonne moto, et accessoirement d’un double champion du monde Moto2. Mais dans les faits, Marini n’est clairement pas ridicule.

Maintenant, qu’en est-il face au rookie Diogo Moreira ? Il le devance largement, avec 32 points d’avance à ce stade de l’année. Bon, c’est un rookie, d’accord, mais il est quand même champion du monde Moto2 en titre, et considéré comme un très fort prospect par certains.

Ensuite vient le moment d’aborder le cas Joan Mir. Et là, laissez-moi vous dire que la comparaison fait très mal. Mir est derrière Moreira, Marini… mais aussi Johann Zarco alors que ce dernier a manqué les six dernières courses ! Mais, apparemment, un titre mondial glané il y a six ans de cela lui permet de faire oublier cette piètre performance et signer chez Gresini Ducati pour 2027. Soit.

Toujours est-il qu’entre lui et Marini, il n’y a pas match. Mir compte seulement 29 points, pour huit abandons en douze courses. Son meilleur résultat ? Une cinquième place, comme Marini. Il était effectivement monté sur le podium en Catalogne, mais avait été déclassé pour pressions pneumatiques non conformes. Et ne vos y trompez pas : ce n’est pas une flèche quand il finit. Sa moyenne de points est similaire à celle de Marini lorsqu’il reste sur ses roues. Sur les quatre courses qu’il a effectivement terminées, il ne compte qu’un seul top 10. J’ai déjà longuement évoqué la différence majeure entre les deux pilotes dans de nombreux papiers.

Voilà pourquoi il ne faut pas sous-estimer Marini, et qu’il peut même s’installer durablement dans le top 10 s’il passe un cap lors de la tournée outre-mer, comme c’est souvent le cas avec lui.

Que pensez-vous de son profil ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Pourquoi Mir aura un meilleur guidon que Marini l’an prochain ? C’est l’énigme. Photo : HRC

 

Photo de couverture : HRC