Moto GP
Publié le 28 août 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP : Honda veut sécuriser ses futurs pilotes dès le Moto2

Honda cherche déjà la génération d’après. Et le team Moto2 MSi pourrait bien devenir son nouveau vivier officiel de pilotes.

Honda

Honda ne se contente plus de reconstruire sa MotoGP. HRC travaillerait désormais à renforcer toute sa filière de pilotes en négociant une alliance avec MSi, l’une des équipes les plus performantes du Moto2. Derrière cette opération se dessine une stratégie beaucoup plus large : identifier les talents suffisamment tôt, les placer sous contrat Honda et préparer directement ceux qui pourraient rejoindre le MotoGP à partir de 2028.

La reconstruction de Honda passe par la technique, mais manifestement aussi par les hommes. Alors que HRC prépare son projet 850cc pour 2027 et a déjà sécurisé plusieurs pilotes importants pour son avenir, le constructeur japonais chercherait désormais à renforcer sa présence dans les catégories intermédiaires.

Selon Sky Italia, Honda serait ainsi en « négociations avancées » avec MSi, avec un objectif clairement identifié : disposer de pilotes déjà préparés pour une éventuelle promotion en MotoGP. Et l’opération pourrait aller beaucoup plus loin qu’un simple sponsoring.

Le choix de MSi n’aurait rien d’anodin. L’équipe espagnole a notamment remporté le Championnat du monde Moto2 2024 avec Ai Ogura, démontrant sa capacité à accompagner un pilote jusqu’au plus haut niveau.

Son effectif 2026 comporte également deux profils particulièrement intéressants. Ivan Ortola occupe actuellement la quatrième place du championnat et vient de remporter deux des quatre dernières courses. À ses côtés évolue Angel Piqueras, arrivé cette saison en Moto2 après avoir terminé vice-champion du monde Moto3 en 2025, déjà sous les couleurs de MSi.

Deux jeunes Espagnols qui pourraient donc devenir beaucoup plus importants dans la stratégie Honda si l’accord se concrétise.

Honda pourrait directement intervenir dans les contrats

L’implication du HRC ne se limiterait pas nécessairement à faire apparaître un logo Honda sur les motos de MSi. Le constructeur japonais pourrait également intervenir directement dans la gestion contractuelle des pilotes.

Honda ne chercherait alors plus seulement à soutenir une équipe de Moto2, mais à créer un véritable vivier contractuel dans lequel elle pourrait sélectionner ses futurs pilotes MotoGP. Un système permettant surtout d’éviter de découvrir trop tard un talent devenu convoité par Ducati, KTM, Aprilia ou Yamaha.

Ortola et Piqueras déjà candidats pour 2028 ?

Si l’alliance se concrétise dans cette configuration, Ivan Ortola et Angel Piqueras deviendraient naturellement deux pilotes à surveiller pour Honda. Pas nécessairement pour 2027, puisque le dispositif MotoGP du constructeur est déjà largement organisé, mais plutôt pour 2028.

Le calendrier contractuel rend justement cette échéance intéressante. Quartararo, David Alonso et Diogo Moreira disposent de contrats courant jusqu’à la fin de la saison 2028. En revanche, l’accord actuel de Johann Zarco avec Honda arrive à son terme fin 2027.

Une place pourrait donc théoriquement s’ouvrir à partir de 2028, précisément au moment où l’un des jeunes issus de cette nouvelle filière aurait suffisamment progressé en Moto2. Il est évidemment beaucoup trop tôt pour considérer Ortola ou Piqueras comme le successeur désigné du Français, mais Honda pourrait ainsi disposer de solutions internes plutôt que de devoir retourner sur le marché.

Ivan Ortola, MSi.

Et que devient Honda Team Asia ?

Une interrogation importante demeure néanmoins. Honda possède déjà sa propre structure de formation avec Honda Team Asia, historiquement destinée à détecter et accompagner les talents asiatiques jusqu’au MotoGP.

C’est notamment par cette filière qu’Ai Ogura avait progressé avant de poursuivre sa carrière ailleurs. À ce stade, rien n’indique clairement si une association avec MSi serait destinée à remplacer Honda Team Asia ou à la compléter.

La deuxième hypothèse serait que Honda disposerait de deux voies de recrutement : une filière asiatique historique et une seconde structure beaucoup plus directement connectée au vivier européen et espagnol. Cela constituerait un réseau de détection particulièrement large.

Cette possible alliance avec MSi intervient surtout dans un contexte révélateur. Pour reconstruire son équipe MotoGP, Honda a déjà dû aller chercher des pilotes confirmés ou extrêmement convoités sur le marché. La prochaine étape logique consiste donc à éviter de devoir systématiquement recruter à prix fort des talents développés par les autres.

MSi pourrait devenir l’un des outils de cette stratégie. Repérer un pilote en Moto3, accompagner sa progression en Moto2, éventuellement contrôler son contrat puis lui offrir une perspective MotoGP : Honda retrouverait ainsi une véritable continuité sportive entre les catégories.

Et après plusieurs années passées à tenter de reconstruire sa moto, le HRC semble avoir compris qu’une autre bataille se joue simultanément. Pour redevenir une puissance du MotoGP, il faut construire une bonne 850cc. Mais il faut aussi s’assurer que les prochains Acosta, Alonso ou Ogura ne signent pas ailleurs avant même d’avoir eu l’occasion de monter dessus.

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