F1
Publié le 19 août 2026 • 14:50 par Oléna Champlain

F1 – Hadjar forfait, Lawson rappelé, Tsunoda ressuscité : Red Bull transforme Zandvoort en grand jeu des chaises musicales

Hadjar forfait à Zandvoort : Lawson retrouve Red Bull et Tsunoda revient chez Racing Bulls dans un incroyable jeu de chaises musicales.

La pause estivale devait permettre à Red Bull de remettre un peu d’ordre avant Zandvoort : raté, car Isack Hadjar s’est blessé au poignet à l’entraînement et son forfait pour le Grand Prix des Pays-Bas est désormais officiellement confirmé. Conséquence : Liam Lawson retrouve la Red Bull qu’il avait perdue après seulement deux courses en 2025, tandis que Yuki Tsunoda ressort de son rôle de réserviste pour reprendre une Racing Bulls. Chez Red Bull, il suffit décidément qu’un poignet fasse des siennes pour que trois contrats changent momentanément de siège.

 

Cette fois, ce n’est plus une rumeur : Hadjar ne courra pas

Les premières informations tombées mercredi matin évoquaient une blessure au poignet contractée lors d’un entraînement physique de routine. Red Bull n’avait alors encore rien officialisé et la prudence restait nécessaire.

Quelques heures plus tard, la Formule 1 a confirmé le scénario : Isack Hadjar ne participera pas au Grand Prix des Pays-Bas. Liam Lawson est appelé depuis Racing Bulls pour devenir provisoirement l’équipier de Max Verstappen, tandis que Yuki Tsunoda récupère la monoplace laissée libre par le Néo-Zélandais aux côtés d’Arvid Lindblad.

Voilà donc la grille Red Bull du week-end : VerstappenLawson chez Red Bull. LindbladTsunoda chez Racing Bulls. Et Hadjar à la maison avec, espérons-le, un poignet beaucoup moins enthousiaste que le service des ressources humaines de Milton Keynes.

Le coup est particulièrement cruel pour Hadjar

Parce que Zandvoort n’est vraiment pas n’importe quel circuit dans l’histoire récente du Français.

C’est précisément là qu’Hadjar avait décroché le premier podium de sa carrière en Formule 1 en 2025, en terminant troisième derrière Oscar Piastri et Max Verstappen. Parti quatrième, il avait livré l’un de ces dimanches qui changent brutalement la manière dont un paddock regarde un rookie

Cette performance avait largement contribué à sa progression vers Red Bull pour 2026. Après avoir terminé sa saison rookie devant Lawson chez Racing Bulls, il avait été choisi pour remplacer Tsunoda aux côtés de Verstappen.

Un an plus tard, le circuit qui avait accéléré son ascension devient donc celui qu’il doit regarder depuis le garage. Le scénario possède un humour assez douteux.

Et Hadjar arrivait justement au meilleur moment de sa saison

L’absence tombe d’autant plus mal que son adaptation chez Red Bull commençait sérieusement à prendre forme. La F1 souligne qu’Hadjar occupe actuellement la huitième place du championnat et restait sur sept Grands Prix consécutifs dans les points avant la pause estivale.

Laurent Mekies s’était d’ailleurs montré particulièrement enthousiaste quelques jours seulement avant cette blessure. Le patron français expliquait que la trajectoire de la deuxième Red Bull était la meilleure observée depuis longtemps et louait l’implication d’Hadjar, régulièrement présent à l’usine, dans le simulateur ou avec ses ingénieurs

Après des années passées à chercher quelqu’un capable de survivre dans la voiture située à côté de Verstappen, Red Bull semblait enfin avoir trouvé un peu de stabilité.

Naturellement, le poignet d’Hadjar a décidé que ce serait beaucoup trop simple.

Lawson revient dans la voiture qui l’avait expulsé après deux courses

Et voici le morceau le plus savoureux. Liam Lawson retourne chez Red Bull. Oui, cette Red Bull-là. Celle qu’il avait obtenue au début de la saison 2025 après le départ de Sergio Pérez. Celle avec laquelle il n’avait disputé que deux Grands Prix. Et celle dont Red Bull l’avait ensuite sorti pour promouvoir Yuki Tsunoda à sa place.

Lawson avait alors été renvoyé chez Racing Bulls dans une opération particulièrement délicate dont Red Bull possède le secret : promotion, deux courses, merci beaucoup, redescendez d’un étage.

Un an et demi plus tard, le Néo-Zélandais remonte donc l’escalier.

Temporairement, certes. Mais suffisamment pour rendre les vieilles photos de mars 2025 à nouveau parfaitement utilisables.

Et le circuit choisi par le destin est absolument parfait

Parce que Zandvoort possède déjà une étrange relation avec les remplacements de Liam Lawson. C’est sur ce même circuit qu’il avait fait ses débuts en Formule 1 en 2023, appelé au dernier moment par AlphaTauri après que Daniel Ricciardo s’était fracturé un métacarpien de la main lors des essais libres.

Trois ans plus tard : un autre pilote se blesse au membre supérieur, à nouveau à Zandvoort, et Lawson récupère encore une voiture. Cette fois une Red Bull officielle.

À ce stade, lorsque Liam arrive aux Pays-Bas, les autres pilotes du groupe devraient peut-être éviter toute activité impliquant leurs poignets. Simple précaution.

Tsunoda : sorti de la grille en décembre, remis dedans en août

Le deuxième revenant du week-end s’appelle Yuki Tsunoda. Après avoir remplacé Lawson chez Red Bull en 2025, le Japonais avait lui-même perdu son volant à la fin de l’année lorsque Hadjar avait été promu. Red Bull l’avait néanmoins conservé comme pilote d’essais et réserviste des deux équipes pour 2026. Le contrat prévoyait précisément qu’il reste disponible si l’une des deux structures avait besoin d’un remplaçant. Pour une fois, donc, le plan Red Bull concernant ses pilotes fonctionne exactement comme écrit. Cela méritait d’être signalé.

Tsunoda va ainsi retrouver un week-end de Grand Prix pour la première fois depuis la fin de la saison dernière, mais chez Racing Bulls plutôt que dans l’équipe principale. Le Japonais voulait revenir sur la grille. Il avait encore déclaré au printemps être « affamé » à l’idée de retrouver un baquet.

Le téléphone a finalement sonné. Simplement parce que le titulaire du titulaire du siège voisin s’est blessé. En Formule 1, on prend les opportunités là où elles se trouvent.

Le plus beau reste le parcours complet des trois hommes

Reprenons tranquillement, car même Netflix pourrait perdre le fil.

Début 2025 : Lawson est chez Red Bull. Tsunoda est chez Racing Bulls. Hadjar est rookie chez Racing Bulls. Après deux courses : Lawson descend chez Racing Bulls. Tsunoda monte chez Red Bull. Hadjar reste chez Racing Bulls.

Début 2026 : Hadjar monte chez Red Bull. Tsunoda devient réserviste. Lawson reste chez Racing Bulls.

Zandvoort 2026 : Hadjar se blesse. Lawson remonte chez Red Bull. Tsunoda revient chez Racing Bulls.

Il ne manque plus que Sergio Pérez passe prendre un café vendredi matin et Red Bull aura reconstitué toute la collection.

Pour Lawson, ce week-end vaut beaucoup plus qu’un simple remplacement

Officiellement, il s’agit d’une pige. Il n’existe actuellement aucune indication selon laquelle le changement pourrait devenir permanent. Hadjar reste le titulaire de Red Bull et bénéficie d’une excellente appréciation interne. Mais Lawson n’est pas appelé comme un réserviste anonyme.

Après son douloureux passage chez Red Bull en 2025, il a reconstruit sa réputation chez Racing Bulls au point d’être actuellement présenté par la F1 comme le meilleur pilote du milieu de grille en nombre de points.

Il va maintenant disposer d’un week-end entier aux côtés de Verstappen. Sur un Sprint. Dans la dernière édition du Grand Prix des Pays-Bas. Et avec une équipe qui l’avait jugé incapable de poursuivre après seulement deux manches dix-huit mois plus tôt. Aucun enjeu particulier, donc. Une petite promenade parfaitement détendue.

Red Bull devra surtout éviter de transformer la comparaison en tribunal

La tentation sera évidemment immense. Chaque qualification de Lawson sera comparée à Verstappen. Chaque chrono sera rapproché de ceux d’Hadjar. Et au premier bon secteur, certains expliqueront probablement que Red Bull avait eu tort de le rétrograder en 2025. Ce serait extrêmement simpliste.

Lawson revient dans un contexte totalement différent, avec davantage d’expérience, une voiture différente et sans préparation normale de titulaire. Son travail principal sera d’abord de rapporter la RB22 entière et de prendre des points. Red Bull n’a toujours remporté aucun Grand Prix en 2026 et occupe la quatrième place du championnat constructeurs Ce n’est donc pas exactement le moment idéal pour transformer la deuxième voiture en émission de téléréalité. Même si, reconnaissons-le, Red Bull fournit régulièrement elle-même le casting.

Hadjar, lui, doit surtout penser à Monza

Sky Sports indique qu’après Zandvoort, Hadjar disposera de deux semaines supplémentaires avant le Grand Prix d’Italie prévu du 4 au 6 septembre À ce stade, aucune date officielle de retour n’a été annoncée. La priorité sera évidemment sa récupération complète. Un poignet en Formule 1 n’est pas exactement décoratif : freinage, changements de direction, vibrations et contraintes physiques rendent assez peu raisonnable l’idée de conduire une monoplace de plusieurs centaines de kilos à 300 km/h e n serrant les dents. Et compte tenu de son début de saison, Red Bull n’a aucun intérêt à précipiter le retour du pilote qu’elle présente enfin comme une solution durable au problème de son deuxième baquet

Pour une fois, mieux vaut perdre un Grand Prix qu’un pilote.

Zandvoort devait être la fête de Verstappen. Red Bull vient de lui ajouter un casting complet

La dernière édition du Grand Prix des Pays-Bas possédait déjà une dimension particulière. Dernière course de Verstappen devant son public. Sprint. Fin programmée de Zandvoort. Il ne manquait visiblement qu’un grand remaniement de pilotes quarante-huit heures avant le début du week-end. C’est désormais fait. Hadjar, héros du podium 2025, ne pourra pas revenir sur le circuit de son premier exploit.

Lawson, qui y avait commencé sa carrière après la blessure d’un autre pilote en 2023, y retrouve soudain Red Bull. Et Tsunoda, sorti de la grille huit mois plus tôt, retrouve une monoplace parce que Lawson récupère celle d’Hadjar. Chez Red Bull, on avait enfin réussi à stabiliser les pilotes.

Il aura suffi d’un poignet pour remettre toute la machine à laver en mode essorage.

Et le plus ironique est peut-être que, pour une fois, personne ne peut reprocher à Helmut Marko d’avoir déclenché le changement.