F1
Publié le 21 août 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Alonso jusqu’en 2028 ? Aston Martin prépare le tapis vert, Fernando garde encore le frein à main

Alonso jusqu’en 2028 ? La piste d’une prolongation 2 ans existe, mais le pilote temporise, souhaitant clarifier son avenir avec Aston Martin

Deux saisons supplémentaires, un volant jusqu’à ses 47 ans et, selon certaines indiscrétions, un salaire qui pourrait grimper jusqu’à 40 millions d’euros par an : la prolongation de Fernando Alonso chez Aston Martin commence à prendre les dimensions d’un contrat de monument historique. Sauf qu’au moment où certains annoncent déjà 2028 comme l’issue la plus probable, l’intéressé vient justement de refroidir tout emballement à Zandvoort : aucune décision prise, aucun délai fixé, et même la possibilité de servir Aston Martin autrement qu’au volant. À 45 ans, Fernando n’est donc pas pressé de raccrocher. Mais il n’est visiblement pas pressé de signer non plus.

Alonso – Aston Martin : Deux ans de plus ? La rumeur existe bel et bien

L’idée d’un Alonso encore titulaire en 2027 et 2028 n’est pas sortie du chapeau d’un compte X particulièrement enthousiaste. Début août, plusieurs médias espagnols ont relayé une information attribuée à Marc Limacher, spécialiste économique de la F1, selon laquelle Alonso serait disposé à prolonger deux saisons supplémentaires chez Aston Martin. Certaines versions évoquent même une demande avoisinant 40 millions d’euros par saison, soit 80 millions sur deux ans. Aucun de ces montants n’a toutefois été confirmé ni par le pilote ni par l’écurie

On résume donc le paddock : Fernando pourrait rester deux ans. Il pourrait toucher 80 millions. L’accord pourrait être proche. Et Fernando vient d’expliquer qu’il n’a encore rien décidé.

La Formule 1 nous avait presque manqué pendant les vacances.

Ce jeudi, Alonso a justement appuyé sur le frein

À son arrivée à Zandvoort, l’Espagnol a été beaucoup moins catégorique que les rumeurs. Son contrat de pilote expire en décembre 2026 et Aston Martin attend désormais sa décision. Mike Krack a confirmé que l’équipe souhaite poursuivre avec lui, mais que la balle est dans le camp d’Alonso. Fernando, lui, explique devoir d’abord « clarifier sa tête » et ne se fixe absolument aucune échéance : cela peut se décider dans les prochains jours, les prochaines semaines… ou les prochains mois

Lawrence Stroll sera présent à Zandvoort et Alonso prévoit de discuter avec lui, puis éventuellement avec Adrian Newey lorsqu’il retournera à l’usine pour préparer Madrid au simulateur. Autrement dit, le contrat jusqu’en 2028 est peut-être sur la table.Mais le stylo est encore dans la poche.

Et Fernando vient surtout de lâcher une phrase beaucoup plus intéressante

Alonso a confirmé vouloir rester lié à long terme à Aston Martin. En revanche, il ne sait pas encore sous quelle forme. Pilote ? Conseiller ? Ambassadeur ? Participant au développement ?

Il explique que s’il estime être utile dans le cockpit, il continuera volontiers. Mais s’il juge pouvoir apporter davantage ailleurs dans l’organisation, cette possibilité lui convient également. Voilà qui nuance énormément la théorie du « Alonso jusqu’en 2028, affaire réglée ». Ce qui semble réellement acquis, c’est son attachement au projet Aston Martin. Ce qui ne l’est absolument pas encore, c’est le nombre de Grands Prix qu’il compte encore disputer.

Et quand Fernando commence à expliquer qu’il pourrait parfaitement rester dans l’équipe sans piloter, on comprend pourquoi Lawrence Stroll aimerait probablement obtenir une réponse avant de commander les combinaisons 2027.

À 45 ans, le problème n’est visiblement toujours pas la vitesse

C’est probablement ce qui rend son cas aussi inhabituel. Alonso vient de fêter ses 45 ans, détient le record de départs en Grand Prix et possède toujours 32 victoires et deux titres mondiaux à son palmarès. La F1 elle-même continue de souligner sa longévité exceptionnelle. Et personne chez Aston Martin ne semble considérer son âge comme un problème sportif.

Adrian Newey a encore expliqué fin juillet qu’Alonso constituait un atout majeur grâce à son pilotage mais également à la précision de ses retours techniques. Le Britannique se disait même confiant dans la poursuite de leur relation. Fernando affirme de son côté se sentir frais, motivé et rapide. Donc non, nous n’en sommes pas au classique :

« Est-il encore capable de conduire une F1 ? »

La vraie question est plutôt : « A-t-il encore envie de traverser la planète 24 week-ends par an pour conduire celle-ci ? »

Nuance importante.

Parce que l’AMR26 n’a pas franchement été une invitation à prolonger

Aston Martin devait profiter du nouveau règlement, d’Adrian Newey et de Honda pour entrer dans une nouvelle dimension. La première moitié de saison a surtout permis de découvrir que les dimensions en question étaient celles de l’écart avec les autres. Le début de campagne 2026 a été catastrophique : voiture en surpoids, déficit aérodynamique, moteur Honda en retrait et problèmes de fiabilité. À Spa, Alonso et Lance Stroll avaient même été coupés du milieu de grille de près de deux secondes. Aston Martin a alors décidé de ne pas disperser son développement et d’attendre Budapest pour introduire une refonte massive de la voiture.

Résultat : 16 évolutions déposées en Hongrie, touchant notamment le fond plat, le diffuseur, le nez et la suspension arrière. Quand votre package comporte seize modifications, on ne parle plus vraiment d’une mise à jour. On parle d’une voiture ayant reçu un courrier recommandé d’Adrian Newey.

Et Budapest a enfin donné à Alonso quelque chose qu’il n’avait plus : de l’espoir

Le résultat brut — 14e pour Alonso — n’avait rien de spectaculaire. Mais le comportement de la voiture, lui, avait changé. L’Espagnol avait retrouvé la Q2 puis parlé d’un véritable nouveau départ pour la seconde moitié de saison. Aston Martin avait réussi à repasser devant plusieurs équipes qu’elle regardait jusque-là s’éloigner tranquillement à l’horizon. Alonso avait surtout insisté sur un point fondamental : les évolutions avaient produit en piste ce qui avait été prévu dans les simulations. Pour une équipe qui souffrait de problèmes de corrélation, voilà presque une victoire. Ce n’est pas encore une monoplace capable de jouer un podium. Mais au moins, l’ordinateur et le circuit ont commencé à parler la même langue. Chez Aston Martin 2026, on fête les petites joies.

Maintenant, Honda apporte son examen à Zandvoort

Après le gros chantier châssis de Budapest, c’est au tour de Honda d’apporter une évolution importante de son groupe propulseur aux Pays-Bas. Alonso explique pourtant que le gain chronométrique exact lui importe relativement peu. Ce qu’il veut vérifier, comme en Hongrie, c’est que les modifications produisent les effets attendus et que Honda démontre sa capacité à comprendre puis corriger ses faiblesses. C’est probablement le véritable test pour 2027. Pas savoir si Aston Martin gagne soudainement six dixièmes ce week-end. Mais savoir si Newey + Honda + Silverstone commencent enfin à fonctionner comme un ensemble. Parce que si Alonso rempile jusqu’en 2028, ce n’est évidemment pas pour célébrer une nouvelle 13e place. À 45 ans, la patience devient une ressource légèrement plus rare que l’essence.

Newey, lui, ne cache absolument pas qu’il veut garder Fernando

Le discours d’Adrian Newey est extrêmement clair. Il considère Alonso comme exceptionnel dans sa compréhension de la voiture, ses retours et sa capacité à guider le développement. Il juge donc sa présence importante pour Aston Martin. Quelques semaines auparavant, Newey avait même reconnu que les évolutions estivales étaient importantes pour convaincre Alonso de continuer en 2027. Et Fernando lui retourne le compliment : il affirme n’avoir aucun doute sur la capacité de Newey à finir par concevoir une voiture capable de jouer devant. Son interrogation porte uniquement sur le temps nécessaire pour y parvenir.

Voilà finalement toute l’équation Alonso. Il croit en Newey. Il croit que Honda corrigera ses problèmes. Il croit qu’Aston Martin finira par progresser. Ce qu’il ignore, c’est si son calendrier personnel possède autant de patience que celui du département technique.

Le troisième titre reste quand même dans un coin de sa tête

C’est peut-être la phrase la plus révélatrice de sa prise de parole à Zandvoort. Alonso continue de qualifier un troisième championnat du monde de rêve ultime. Vingt ans après ses titres 2005 et 2006. À 45 ans. Avec une Aston Martin qui compte actuellement parmi les voitures les moins performantes de la grille. Objectivement, le chemin ressemble davantage à l’Everest qu’à une promenade digestive. Mais c’est aussi la raison pour laquelle Alonso envisage encore de continuer. Il ne cherche pas un jubilé. Il ne semble pas intéressé par deux saisons supplémentaires uniquement pour augmenter son record de participations. S’il reste, c’est parce qu’il pense encore possible qu’Aston Martin finisse par lui fournir une vraie opportunité. Fernando Alonso n’est visiblement toujours pas intéressé par la retraite tranquille.

Quelle surprise.

Jusqu’en 2028, cela le conduirait à 47 ans

S’il disputait effectivement les saisons 2027 et 2028 intégralement, Alonso aurait 47 ans pendant l’été 2028. Cela resterait loin du record absolu de Louis Chiron, qui avait pris le départ du GP de Monaco 1955 à 55 ans, mais ramènerait la F1 moderne vers des âges que l’on associe davantage à Fangio qu’à la génération actuelle. Et il existe une ironie délicieuse. En juin, Alonso avait déclaré que le GP de Barcelone 2026 serait probablement son dernier sur ce circuit, notamment parce que Montmeló ne doit revenir au calendrier qu’en 2028. Quelques semaines plus tard, certains l’envoient justement… jusqu’en 2028.

Fernando a toujours aimé faire durer le suspense.

Les fameux 80 millions ? Joli chiffre, prudence obligatoire

Le montant de 40 millions d’euros par saison fait évidemment de magnifiques gros titres. Il placerait Alonso parmi les pilotes les mieux rémunérés de la grille et constituerait une augmentation sensible par rapport aux estimations actuelles de sa rémunération. Mais ces chiffres restent des informations non confirmées.

Et une autre source citant Marca insiste justement sur le fait que l’argent ne serait pas le critère essentiel dans sa réflexion : compétitivité, plaisir de conduire, fatigue liée au calendrier et motivation personnelle compteraient davantage. Ce qui paraît d’ailleurs relativement crédible. Après vingt-cinq ans de carrière internationale, Alonso ne découvre probablement pas ce matin qu’une F1 peut rapporter beaucoup d’argent. Le vrai luxe qu’il cherche désormais n’est peut-être pas 10 millions supplémentaires.

C’est une voiture qui lui donne envie de revenir le dimanche suivant.

Aston Martin aimerait deux ans. Alonso veut surtout savoir pourquoi il les ferait.

C’est finalement là que la rumeur d’une prolongation jusqu’en 2028 devient intéressante. Sportivement, Aston Martin aurait tout intérêt à la signer. Elle garderait l’un des pilotes les plus expérimentés de l’histoire précisément au moment où Newey, Honda et ses nouvelles infrastructures doivent transformer le projet en prétendant au sommet. Commercialement, Alonso reste également une immense figure internationale. Techniquement, Newey veut ses retours. Et humainement, Fernando ne semble absolument pas vouloir quitter la famille Aston Martin.

Tout paraît donc aligné. Sauf la seule signature qui compte. Celle d’Alonso. Alors, deux ans supplémentaires jusqu’en 2028 ? C’est désormais une hypothèse très crédible. Mais après ses déclarations de ce jeudi, certainement pas encore une certitude. Et connaissant Fernando, celui qui tentera de lui imposer un calendrier de décision risque d’apprendre une vieille règle du paddock :

Alonso choisit toujours son moment. Aston Martin peut préparer le contrat. Newey peut préparer la voiture. Honda peut préparer le moteur.

Fernando, lui, décidera quand il aura décidé. À 45 ans, il peut probablement s’accorder ce privilège.