Jack Miller et Alex Rins semblent se diriger vers le même championnat en 2027, mais certainement pas dans les mêmes conditions. Écartés des plans de Yamaha en MotoGP, les deux vétérans négocient leur arrivée en WorldSBK. Là où Miller pourrait cependant être payé près d’un million d’euros pour piloter la Yamaha officielle, Rins se retrouve dans une situation presque inverse : pour obtenir la Ducati de Go Eleven, l’Espagnol devrait apporter lui-même une partie du budget nécessaire.
Le grand exode du MotoGP vers le Superbike se poursuit. Après plusieurs saisons difficiles chez Yamaha, Jack Miller et Alex Rins ne disposent plus de solution pour rester dans la catégorie reine en 2027.
Le constructeur japonais a décidé de profondément renouveler son dispositif pour l’arrivée des 850 cc. Fabio Quartararo part chez Honda, Jorge Martin et Ai Ogura formeront le nouveau duo officiel tandis que Toprak Razgatlioglu restera chez Pramac, où Izan Guevara devrait remplacer Miller. Rins et Miller doivent donc regarder ailleurs. Et leurs trajectoires convergent désormais vers le WorldSBK.
Miller veut un million d’euros pour rester chez Yamaha
Pour Jack Miller, la transition paraît relativement naturelle. Yamaha souhaiterait conserver l’Australien dans son organisation et le transférer dans son équipe officielle Superbike aux côtés d’Andrea Locatelli. Mais il reste un obstacle considérable : le salaire.
Selon Motorsport-Magazin, Miller réclamerait environ un million d’euros par saison pour effectuer le changement. Une somme considérable à l’échelle du WorldSBK et sur laquelle Yamaha chercherait naturellement à négocier.
Miller dispose cependant de quelques arguments. À 31 ans, l’Australien possède une longue expérience du MotoGP et connaît déjà l’environnement Yamaha. Surtout, le passage du WorldSBK de Pirelli à Michelin en 2027 pourrait rendre particulièrement intéressante l’arrivée de pilotes provenant directement de la catégorie reine.
Miller connaît parfaitement ces pneumatiques. Il pourrait donc immédiatement devenir une référence technique pour développer la R1 dans son nouvel environnement.
Pour Rins, l’équation est exactement inverse
La situation d’Alex Rins est nettement moins confortable. L’Espagnol négocie avec Go Eleven pour disposer d’une Ducati Panigale V4 R en 2027. Sur le plan sportif, l’opération peut sembler séduisante : plutôt que de poursuivre une carrière en fond de grille MotoGP, Rins pourrait tenter de se relancer avec l’une des machines de référence du WorldSBK.
Mais Go Eleven n’est pas une équipe d’usine. Et contrairement à Miller, Rins ne négocierait donc pas le montant de son salaire. Il devrait trouver de l’argent pour obtenir la moto.
Selon les informations rapportées, Go Eleven demanderait au pilote d’apporter un budget, une situation comparable à celle connue par Lorenzo Baldassarri actuellement et précédemment par Andrea Iannone ou Philipp Öttl au sein de la structure. Tout dépend donc maintenant de la capacité de Rins à réunir des sponsors prêts à financer son arrivée.

Deux pilotes Yamaha, deux valeurs marchandes radicalement différentes
Le contraste est spectaculaire. Miller négocie combien Yamaha devra lui verser pour accepter de courir en Superbike ; Rins cherche combien il devra apporter pour pouvoir y courir. Pourtant, les deux hommes proviennent du même programme MotoGP.
Rins évolue dans l’équipe officielle Yamaha depuis 2024 tandis que Miller est revenu chez Pramac en 2025 avec un contrat directement lié au constructeur japonais. Tous deux ont également subi les limites de la YZR-M1 et se retrouvent aujourd’hui relégués en fond de classement.
Mais leur valeur sur le marché du Superbike n’est manifestement pas identique. Miller possède notamment une image internationale forte et une personnalité susceptible d’être commercialement intéressante pour le championnat. Yamaha peut également considérer qu’il vaut la peine de conserver un pilote qu’elle connaît déjà. Rins, lui, doit convaincre une structure privée disposant de moyens beaucoup plus limités.
Xavi Vierge pourrait compliquer les négociations de Miller
Miller n’est toutefois pas encore assuré d’obtenir ce qu’il demande. Yamaha possède déjà plusieurs pilotes dans son dispositif Superbike. Andrea Locatelli est sous contrat, tout comme Remy Gardner et Stefano Manzi chez GYTR GRT. La principale incertitude concerne donc Xavi Vierge. Et ce dernier pourrait influencer la position de Miller.
Vierge serait en effet envisagé par Barni si l’équipe Ducati décidait de remplacer Alvaro Bautista. Si cette possibilité se concrétisait, Yamaha perdrait une solution alternative crédible et pourrait être davantage incitée à satisfaire les exigences financières de Miller. À l’inverse, si Vierge restait disponible, Yamaha disposerait d’un moyen de pression beaucoup plus important dans la négociation.
Le MotoGP ne garantit plus un statut privilégié en Superbike
Les situations de Miller et Rins illustrent surtout une évolution intéressante du marché des pilotes. Quitter le MotoGP ne signifie plus automatiquement obtenir un contrat lucratif en WorldSBK.
La grille 2027 attire de nombreux pilotes issus de la catégorie reine, tandis que le nombre de motos officielles réellement disponibles reste limité. Un ancien vainqueur de Grand Prix peut donc se retrouver en concurrence avec des pilotes déjà parfaitement installés en Superbike, parfois pour une place dans une structure privée nécessitant un apport financier.
Miller et Rins pourraient ainsi quitter ensemble le MotoGP pour le WorldSBK, mais franchir la porte par deux entrées complètement différentes. Pour l’Australien, il reste à déterminer combien Yamaha acceptera de payer pour le conserver. Pour l’Espagnol, la question est beaucoup plus brutale : combien peut-il trouver pour pouvoir continuer à courir ?










