Le Madring devait inaugurer une nouvelle page de la F1. Il aura fallu à peine une séance pour retrouver les vieilles questions. Sur la piste, Mercedes a immédiatement posé ses roues devant tout le monde. En dehors, Mohammed Ben Sulayem s’est chargé de mettre Fernando Alonso au centre d’une polémique autrement plus délicate : jusqu’où le président de la FIA peut-il aller pour retenir un pilote… et aider son équipe à redevenir compétitive ? Car pendant que George Russell signait le premier meilleur temps officiel de l’histoire du Madring, Fernando Alonso terminait seulement 15e. Et, presque simultanément, le patron de la Fédération assurait qu’il ne voulait surtout pas voir le double champion du monde quitter la F1 dans ces conditions. Deux images assez saisissantes de la situation actuelle d’Aston Martin.

F1 Madring : Mercedes frappe, Ben Sulayem dérape
Russell ouvre le bal, Mercedes ne perd pas de temps
George Russell n’a pas attendu longtemps pour apprivoiser le tracé F1 deMadrid. Avec un 1’34’’077, le Britannique a devancé Kimi Antonelli de 0’’286 et offert à Mercedes un doublé dès les premiers essais libres. Ferrari n’est toutefois pas très loin derrière, et la lecture de la feuille des temps mérite une petite nuance : Charles Leclerc, troisième à 0’’459, et Lewis Hamilton, quatrième à 0’’543, ont signé leurs meilleurs chronos en pneus médiums, contrairement aux Mercedes passées par les tendres. Autrement dit, la Scuderia n’a peut-être pas encore montré tout son jeu.
Max Verstappen prend la cinquième place devant Lando Norris. Plus surprenant, Arvid Lindblad s’installe au septième rang, devant Oscar Piastri. La séance s’est déroulée sans drapeau rouge malgré les craintes suscitées par ce tracé neuf, étroit par endroits et bordé de murs.
Classement des EL1 à Madrid
- George Russell – Mercedes — 1’34’’077
- Kimi Antonelli – Mercedes — +0’’286
- Charles Leclerc – Ferrari — +0’’459
- Lewis Hamilton – Ferrari — +0’’543
- Max Verstappen – Red Bull — +0’’626
- Lando Norris – McLaren — +0’’870
- Arvid Lindblad – Racing Bulls — +0’’956
- Oscar Piastri – McLaren — +1’’071
- Nico Hülkenberg – Audi — +1’’452
- Liam Lawson – Red Bull — +1’’462
- Gabriel Bortoleto — +1’’575
- Esteban Ocon — +1’’757
- Franco Colapinto — +1’’856
- Pierre Gasly — +2’’167
- Fernando Alonso – Aston Martin — +2’’396
- Oliver Bearman — +2’’776
- Carlos Sainz – Williams — +2’’793
- Yuki Tsunoda — +2’’862
- Lance Stroll — +3’’177
- Alexander Albon — +3’’514
- Sergio Pérez — +4’’073
- Valtteri Bottas — +4’’741.
Alonso a donc devancé Stroll de près de huit dixièmes, mais 2’’396 derrière Russell, difficile de parler de miracle à domicile. L’Espagnol s’est également immobilisé juste après le drapeau à damier, nouvelle alerte pour une Aston Martin qui n’avait certainement pas besoin d’en rajouter.
Ben Sulayem veut sauver Alonso… vraiment ?
C’est pourtant hors piste que l’histoire devient beaucoup plus croustillante.
Présent au New Economy Forum de Madrid, Mohammed Ben Sulayem a publiquement affiché son désir de voir Alonso poursuivre sa carrière. Le président de la FIA estime qu’un champion de son calibre ne devrait pas partir simplement parce qu’il dispose d’une voiture incapable de lui permettre de gagner.
« Nous ne pouvons pas permettre à Fernando de partir à cause des circonstances. »
Ben Sulayem a également confirmé avoir rencontré Lawrence Stroll et expliqué qu’il comptait discuter directement avec Alonso pour tenter de le convaincre de rester. Il souhaite voir l’Espagnol retrouver le succès avant de choisir lui-même le moment de partir.
L’intention peut paraître sympathique. La fonction rend l’exercice beaucoup plus gênant.
Car nous ne parlons pas du patron d’Aston Martin, d’un promoteur du championnat ou d’un ancien pilote. Nous parlons du président de l’organisme chargé de faire respecter les règles et l’équité entre les onze équipes.
Souhaiter qu’Alonso reste parce qu’il représente une immense valeur sportive et commerciale pour la F1 ? Pourquoi pas. Donner publiquement l’impression que la FIA doit contribuer à rendre son équipe plus performante ? Là, la frontière devient nettement plus glissante.
Non, la FIA n’a pas changé les règles “pour Alonso”
Il faut néanmoins calmer quelque peu le spectaculaire « la FIA va aider Fernando Alonso » qui circule sur les réseaux sociaux.
Ben Sulayem a bien évoqué les modifications réglementaires introduites au printemps. Mais les documents officiels racontent quelque chose de beaucoup moins romanesque : les ajustements décidés en avril puis appliqués à partir de Miami ont été discutés avec la FIA, les équipes, les motoristes et la FOM, à partir des données recueillies lors des trois premières courses.
Ils concernaient notamment la gestion de l’énergie, le déploiement du MGU-K et la réduction de certains écarts de puissance. La FIA expliquait elle-même que l’objectif était de préserver la sécurité et « l’équité sportive ». Rien ne permet donc d’affirmer qu’un règlement aurait été modifié spécifiquement pour Aston Martin ou Alonso.
Et c’est précisément là que la communication de Ben Sulayem devient maladroite : en personnalisant publiquement une démarche réglementaire collective autour d’Alonso et de Lawrence Stroll, il offre lui-même du carburant aux soupçons de favoritisme. Pas vraiment indispensable lorsque l’on dirige l’arbitre.
Alonso, lui, ne réclame pas de traitement de faveur
Fernando Alonso tient d’ailleurs un discours beaucoup plus mesuré. Jeudi à Madrid, interrogé sur son avenir en 2027, il a répondu qu’aucune décision n’arriverait prochainement. Il veut surtout déterminer si les futures règles rendront les voitures plus agréables à piloter et les courses plus intéressantes.
« Les voitures actuelles ne sont pas les meilleures à piloter ni à apprécier. »
Il n’exclut même pas de rester chez Aston Martin dans un autre rôle s’il estime pouvoir davantage aider l’équipe ainsi. Voilà finalement toute l’ironie de cette première journée madrilène : Alonso réfléchit encore à son avenir, Aston Martin cherche toujours de la performance… et c’est le président de la FIA qui semble le plus pressé de sauver le mariage.
Pendant ce temps, Russell, Antonelli, Leclerc et Hamilton n’ont attendu l’aide de personne : eux ont déjà commencé à régler leurs comptes sur la piste.

💣 BOMBAZO | Ben Sulayem TEME una retirada de Fernando Alonso y se reunirá con él para EVITARLO
💥 "Me reuní ayer con Lawrence y hablaré hoy con el para hacerle cambiar de opinión"
❌ "No nos podemos permitir que se retire por las circunstancias, tiene que quedarse, ganar, y… pic.twitter.com/SXoYjCad2j
— Nachez (@Nachez98) September 11, 2026






























