McLaren avait déjà retrouvé du mordant avec ses dernières évolutions. Voilà que Mercedes s’apprête maintenant à lui servir un petit supplément moteur. Et quand on chasse Ferrari pour la deuxième place du championnat, quelques chevaux gratuits dans l’assiette, ça ne se refuse pas. Mercedes travaille bien à Brixworth sur une évolution de son groupe propulseur grâce au dispositif ADUO — Additional Development and Upgrade Opportunities. Contrairement à ce qui était prévu en début d’année, le motoriste allemand a décidé d’utiliser l’unique homologation supplémentaire obtenue pour 2026. Son arrivée pourrait intervenir pendant la séquence Bakou-Malaisie-Singapour, même si aucune date définitive n’a encore été annoncée. Et surtout, Mercedes ne pourra pas garder le dessert uniquement pour Antonelli et Russell.

McLaren pourrait récupérer quelques chevaux bienvenus.
McLaren aura droit à la même recette
Le règlement oblige un motoriste qui introduit une nouvelle spécification à la rendre disponible à ses équipes clientes. Dès la première course où l’évolution apparaît, Mercedes doit pouvoir fournir au moins un exemplaire à chacune d’elles. McLaren, Williams et Alpine sont donc directement concernées.
Attention toutefois à une nuance importante : rien ne confirme aujourd’hui que McLaren recevra cette évolution avant l’écurie Mercedes officielle, comme certaines publications l’affirment. L’introduction peut être décalée d’un pilote à l’autre en fonction du kilométrage des composants et des pénalités à gérer, mais la nouvelle spécification doit être mise à disposition équitablement.
Ce qui n’empêche pas un scénario amusant : selon les cycles moteurs de Norris, Piastri, Russell et Antonelli, une McLaren pourrait très bien se retrouver équipée au même week-end qu’une seule des Mercedes officielles. En F1, même les cadeaux doivent respecter la rotation des stocks.
Et McLaren attend précisément ce petit coup de pouce
À Woking, on ne cache d’ailleurs pas que le moteur constitue encore l’un des gisements de performance de la MCL40. Neil Houldey, directeur technique de McLaren, expliquait récemment que l’équipe avait beaucoup appris sur l’exploitation du nouveau groupe propulseur Mercedes, notamment sur la récupération et le déploiement de l’énergie électrique. Il reconnaissait également que la McLaren n’atteignait pas toujours les mêmes vitesses de pointe que la Mercedes officielle.
Et à propos des futures évolutions ADUO, il ne tournait pas autour du pot :
« Il y aura du temps au tour à gagner. »
Voilà qui tombe plutôt bien.
Après Madrid, McLaren compte 306 points contre 358 à Ferrari. Seulement 52 points séparent désormais les deux équipes pour la deuxième place des constructeurs, tandis que Mercedes caracole devant avec 503 points. Quelques dixièmes supplémentaires dans les lignes droites peuvent donc rapidement se transformer en gros billets à la fin de la saison.
Du beurre dans les épinards ? Chez McLaren, on prendra volontiers la plaquette entière. Le plus savoureux ? Mercedes est déjà considéré comme le moteur de référence. C’est là que le système ADUO devient presque comique.
Officiellement, la FIA n’a pas classé Mercedes comme le meilleur moteur thermique. Lors de la première période d’évaluation, Red Bull-Ford constituait la référence sur l’ICE. Mercedes se situait entre 2 et 4 % derrière et a donc obtenu une homologation supplémentaire, tandis que Ferrari, Audi et Honda, à plus de 4 %, en ont reçu deux. Mais sur la piste, la perception est très différente. Le groupe propulseur Mercedes est largement considéré dans le paddock comme le package complet le plus performant, notamment grâce à son système électrique et à son déploiement énergétique. C’est précisément pourquoi voir Mercedes bénéficier d’un mécanisme initialement imaginé pour aider les motoristes en retard a fait grincer quelques dents.
Lewis Hamilton l’avait résumé après Monza avec une certaine admiration mêlée d’impuissance :
« Mercedes power… ça continue de pousser, pousser, pousser. »
Et Fred Vasseur avait été encore plus clair sur le problème Ferrari : malgré deux évolutions ADUO, la Scuderia manque toujours de « puissance pure ».
Voilà donc Ferrari prévenue : le moteur qui la faisait déjà souffrir pourrait encore progresser.
Pas forcément plus de puissance thermique
Mercedes semble toutefois avoir très peu d’intérêt à modifier profondément son moteur à combustion. Pourquoi ? Parce que l’ADUO est calculé précisément à partir des performances de l’ICE. Un gros bond dans ce domaine pourrait faire passer Mercedes devant Red Bull lors d’une prochaine évaluation… et offrir à son rival des possibilités supplémentaires de développement. Pas franchement le cadeau recherché.
Les indices observés à Monza orientent plutôt vers le turbo et d’autres éléments périphériques. Lorsque Antonelli a changé de moteur en Italie, Mercedes lui a installé un nouvel ICE, une nouvelle batterie et une nouvelle électronique de contrôle, mais a conservé son turbo, son MGU-K et plusieurs autres composants Le turbo apparaît donc comme l’une des pistes les plus crédibles pour l’évolution à venir, même si Mercedes n’a officiellement confirmé ni le contenu exact ni la date de lancement.
Une chose est certaine : Brixworth n’utilise pas son jeton simplement pour changer l’étiquette sur le moteur.
Et McLaren arrive justement avec une voiture qui progresse
C’est peut-être ce qui doit inquiéter le plus Ferrari. McLaren a attendu longtemps avant de lancer ses grosses évolutions aérodynamiques, puis a introduit deux ensembles importants entre la Hongrie et Zandvoort. À Monza, une nouvelle spécification d’aileron est encore venue compléter le travail. L’effet commence à se voir.
À Madrid, Lando Norris décroche la pole et mène largement la course avant que la Virtual Safety Car ne ruine son avantage. Il termine finalement troisième derrière Antonelli et Verstappen, mais la vitesse de la MCL40 n’était pas vraiment en cause.
Ajoutez maintenant une évolution du groupe propulseur. La recette devient nettement plus consistante.
Pendant que Ferrari explique encore comment combler son déficit de puissance, McLaren pourrait recevoir quelques chevaux supplémentaires fabriqués par le motoriste de l’équipe qui domine déjà le championnat. On appelle ça l’égalité de fourniture. À Maranello, on appellera peut-être ça autrement.
Ferrari a déjà utilisé ses deux cartouches
La situation est d’autant moins confortable que Ferrari a déjà exploité ses deux opportunités ADUO 2026, dont la seconde à Monza avec notamment un turbo revu. Les progrès existent, mais Vasseur reconnaît qu’ils ne suffisent pas à effacer d’un coup le déficit avec Mercedes.
Mercedes, elle, possède encore sa balle dans le chargeur. Et lorsqu’elle la tirera, McLaren, Williams et Alpine pourront également en profiter.
Pour Williams et Alpine, ce sera un bonus appréciable. Pour McLaren, cela peut devenir une arme dans la chasse à Ferrari. Car avec seulement 52 points à reprendre, Norris et Piastri n’ont plus besoin d’un miracle. Quelques dixièmes feront parfaitement l’affaire.
Mercedes fournit les chevaux, McLaren apporte la voiture et Ferrari peut déjà commencer à compter les points.
De quoi mettre du beurre dans les épinards à Woking. Et peut-être bientôt un peu de vinaigre dans la salade de Maranello.
🔴 McLaren pourrait être la première équipe à recevoir la version évoluée du moteur Mercedes à Bakou, avant même l’écurie officielle Mercedes.
Aucune information n’a été communiquée concernant les autres équipes clientes, telles qu’Alpine et Williams.
(@Auto_Racer_it /… pic.twitter.com/sjY0IQRxvk
— PG10 Inside 🇫🇷 (@PG10__Inside) September 14, 2026



























