F1
Publié le 18 septembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – McLaren : Piastri réfléchit, Norris accélère… Stella cherche le bouton « mode instinct » !

 Andrea Stella pointe les difficultés de Piastri avec la McLaren 2026. Norris s'envole, l'Australien cherche encore le mode d'emploi.

Chez McLaren, deux pilotes disposent de la même monoplace. Mais visiblement, pas de la même notice d’utilisation. D’un côté, Lando Norris enchaîne les performances et commence à maîtriser les caprices de la MCL40. De l’autre, Oscar Piastri cherche encore comment apprivoiser une voiture qui semble lui réclamer une dissertation à chaque virage. Et Andrea Stella vient de mettre des mots sur ce décalage : son pilote australien réfléchit encore trop à la manière de conduire sa Formule 1. Le problème n’est pas une question d’intelligence ou de motivation. Le patron de McLaren décrit une difficulté d’adaptation technique : là où le pilotage devrait devenir instinctif, Piastri doit encore analyser le comportement de sa machine. Résultat : les dixièmes s’évaporent pendant que Norris file devant.

Trop de calculs, pas assez de vitesse pour Piastri

Stella : « Quand vous conduisez et réfléchissez, tout ralentit »

À Madrid, Andrea Stella n’a pas cherché à noyer le poisson dans une avalanche de données.

Son constat est direct : « Oscar conduit et réfléchit. »

Le directeur de McLaren explique que cet effort d’adaptation ralentit les prises de décision du pilote et finit par se traduire dans les chronos. Mais Stella ne fait pas porter toute la responsabilité sur son pilote. Il estime également que l’équipe doit mieux préparer ses qualifications, mieux exécuter ses séances et rapprocher Piastri des premières positions sur la grille. Car à ce niveau, partir sixième ou septième plutôt que troisième peut transformer une course prometteuse en longue séance de contemplation des diffuseurs adverses. Chez McLaren, on cherche donc à faire gagner du temps à Oscar. À commencer par celui qu’il passe à comprendre sa propre voiture.

La MCL40 a changé les règles… et Piastri cherche encore les réponses

Le règlement 2026 a profondément modifié le comportement des monoplaces. Moins d’appui aérodynamique, des pneus plus étroits et une gestion de l’énergie devenue déterminante : les pilotes ont dû revoir leurs habitudes. Pour Piastri, le changement est particulièrement sensible. L’Australien avait construit une bonne partie de son efficacité sur sa capacité à conserver beaucoup de vitesse dans les courbes rapides, avec une voiture offrant un niveau d’adhérence élevé. La nouvelle génération de F1 lui impose désormais un pilotage différent.

Stella l’avait déjà expliqué après Zandvoort : dans les conditions de faible adhérence, Piastri doit modifier ses gestes et ses attentes. Cet effort d’adaptation peut lui coûter quelques dixièmes. Le technicien italien insiste toutefois sur un élément essentiel : il s’agit d’une question de pilotage et de technique, pas d’un problème psychologique identifié. En clair, Oscar n’a pas oublié comment conduire. C’est sa McLaren qui a changé de langage, et il n’en maîtrise pas encore toutes les subtilités.

Norris gagne, Piastri cherche le mode d’emploi

Le contraste sportif devient néanmoins difficile à ignorer. Après quatorze Grands Prix en 2026, Norris occupe la quatrième place du championnat avec 186 points. Piastri pointe au septième rang avec 120 unités.

Le duel McLaren en chiffres

Championnat pilotes après Madrid  publié le 16 septembre 2026 (source : PlanetF1)

Lando Norris : 186 points

Oscar Piastri : 120 points

Écart entre équipiers : 66 points

Norris a remporté les Grands Prix de Hongrie et des Pays-Bas, tandis que Piastri attend toujours sa première victoire de la saison. Pourtant, il y a un an, c’était bien l’Australien qui avait longtemps occupé la tête du championnat avant de voir le titre 2025 lui échapper au profit de son coéquipier. Les rôles ont changé, et la nouvelle réglementation n’a visiblement pas distribué les cartes de la même manière.

Madrid : Norris sur le podium, Piastri dans les embouteillages

Le Grand Prix d’Espagne a parfaitement illustré ce décalage. Norris décroche la pole position et mène la course avant qu’une Virtual Safety Car particulièrement mal synchronisée ne bouleverse sa stratégie. Il termine finalement troisième derrière Kimi Antonelli et Max Verstappen. Piastri, lui, ne s’élance que septième. Dès le premier tour, un contact avec George Russell endommage son aileron avant. Il perd de l’appui aérodynamique et se retrouve dans le trafic. La stratégie sur pneus durs ne lui sourit pas davantage : il manque la fenêtre favorable de la Virtual Safety Car et termine huitième, coincé derrière l’Alpine de Franco Colapinto.

Stella reconnaît que les dégâts aérodynamiques ont sérieusement compromis sa course. Il souligne également que le résultat aurait été difficile à améliorer, même sans cet incident, compte tenu des positions perdues au départ. Norris perd une victoire possible. Piastri sauve quatre points. Même garage, deux dimanches radicalement différents.

À Monza, McLaren avait déjà perdu des places toute seule

L’explication ne se limite d’ailleurs pas à Madrid. À Monza, Piastri avait signé le troisième temps des qualifications. Une pénalité de trois places pour avoir gêné un concurrent l’avait finalement relégué au sixième rang sur la grille. Stella y voit un autre exemple du travail que doit accomplir McLaren : exploiter correctement le potentiel de la voiture ne suffit pas si l’équipe laisse ensuite échapper les positions acquises. Le patron italien veut donc agir sur deux fronts : l’exécution collective et la compréhension de la MCL40 par son pilote.

Piastri reconnaît lui-même que son adaptation à la monoplace 2026 s’avère plus compliquée que l’an dernier. Il explique avoir essayé plusieurs approches sans encore trouver celle qui lui convient parfaitement.

Bakou : nouvelle voiture, nouvelles pièces… et toujours le même examen

McLaren prévoit d’apporter des évolutions à Bakou. Stella a notamment indiqué que l’équipe préparait de nouvelles pièces pour l’Azerbaïdjan, tout en reconnaissant que les virages courts exigeant beaucoup de précision ne constituent pas nécessairement le terrain de prédilection de la MCL40.

Pour Piastri, l’objectif est désormais de retrouver une voiture dont les réactions lui paraissent suffisamment naturelles pour ne plus devoir corriger consciemment chaque détail de son pilotage. McLaren reste convaincue de pouvoir l’aider à retrouver un meilleur niveau de performance dans la dernière partie du championnat. Mais le temps passe, Norris engrange les points et la saison avance.

Stella a identifié le problème. Reste à trouver la solution. Car à force de devoir réfléchir à chaque virage, Piastri risque de continuer à regarder Norris disparaître à l’horizon.

Chez McLaren, l’un a déjà trouvé le mode d’emploi. L’autre cherche encore où se trouve la fonction « pilotage automatique ».