Moto GP
Publié le 29 octobre 2026 • 22:00 par André Lecondé

MotoGP : Martin et Fernandez déclarés aptes, mais l’un avoue aller de plus en plus mal !

À Sepang, deux pilotes Aprilia piloteront malgré leurs fractures. Les confidences de Raul Fernandez interrogent sur leur aptitude réelle.

Raul Fernandez

Être déclaré apte à piloter signifie-t-il être réellement capable de courir ? À Sepang, Jorge Martin et Raul Fernandez illustrent les limites de cette distinction. Tous deux ont reçu une autorisation médicale initiale malgré leurs fractures. Mais le pilote TrackHouse reconnaît une situation préoccupante : trois semaines après son accident en Indonésie, il se sent désormais plus mal qu’au moment de sa blessure.

Fernandez : « Chaque week-end, ça empire »

Tout commence lors du Sprint en Indonésie. Victime d’une chute au premier virage, Raul Fernandez poursuit pourtant son week-end et termine deuxième du Grand Prix. Il révèle ensuite souffrir de deux fractures aux doigts.

Deux semaines plus tard, à Phillip Island, l’Espagnol doit renoncer lors de la course Sprint. À Sepang, il obtient néanmoins une nouvelle autorisation médicale initiale. Une décision qui contraste avec son ressenti. « Pour l’instant, c’est pire que lorsque je me suis cassé les doigts. »

Fernandez reconnaît lui-même qu’il n’a peut-être pas suffisamment récupéré. « J’ai l’impression que chaque week-end, ça empire, peut-être parce que j’ai essayé de rester sur la moto depuis l’Indonésie. »

Une fracture toujours présente, mais un feu vert médical

Les examens montrent que les fractures ne sont pas encore consolidées. La guérison progresse, mais reste incomplète. Fernandez est néanmoins autorisé à participer aux premiers essais libres, avant un nouveau contrôle médical.

Une nuance essentielle : être déclaré apte ne signifie pas être guéri. L’autorisation permet de reprendre la piste sous certaines conditions, sans garantir que le pilote pourra supporter les contraintes d’un Grand Prix entier.

Fernandez n’exclut d’ailleurs pas de renoncer. « Si je vois que je ne peux pas rouler, si je pense que la meilleure solution est d’arrêter là ce week-end et de récupérer, alors nous le ferons. »

Fernandez

Martin : une situation différente, le même dilemme

Dans le garage officiel Aprilia, Jorge Martin affronte une difficulté comparable. Après sa chute à Phillip Island, le champion du monde 2024 souffre d’une fracture non déplacée du radius droit. Une inflammation liée à une ancienne blessure du cubitus compliquerait également sa récupération.

Les deux cas ne sont évidemment pas identiques : les doigts de Fernandez et le poignet de Martin ne présentent pas les mêmes contraintes ni les mêmes risques. Mais un point commun demeure. Tous deux peuvent être autorisés à rouler sans avoir retrouvé leur intégrité physique.

Pour Martin, l’enjeu est considérable : seulement dix points le séparent de Marc Marquez au championnat.

Sepang pourrait imposer ses propres limites

Raul Fernandez souligne une difficulté supplémentaire. Contrairement à Phillip Island ou Mandalika, Sepang comporte quatre ou cinq zones de freinage particulièrement exigeantes. Autant de contraintes répétées sur des mains déjà fragilisées. « C’est assurément une piste différente et cela ne m’aide pas. »

Le pilote TrackHouse attend donc les EL1 pour évaluer sa capacité réelle à poursuivre. Il refuse également de faire passer les ambitions d’Aprilia avant sa récupération. « Le championnat ne m’intéresse pas pour l’instant ; je me concentre vraiment sur ma guérison. » Une déclaration qui contraste avec l’urgence sportive entourant Martin.

Marin et Fernandez ou quand l’aptitude médicale ne garantit pas la performance

Les médecins évaluent les risques et déterminent si un pilote peut reprendre la piste. Mais cette autorisation ne garantit ni l’absence de douleur ni la capacité de terminer une course.

L’adrénaline peut temporairement masquer certaines sensations, tandis que les contraintes répétées peuvent révéler des limites difficiles à anticiper. C’est précisément pourquoi les contrôles après les premières séances sont essentiels.

Le cas Fernandez ne démontre pas une défaillance du protocole médical. Il rappelle plutôt qu’une aptitude initiale doit parfois être réévaluée à la lumière du pilotage réel.

Alors, qu’est-ce qu’on retient ?

  • Fernandez : autorisé à rouler malgré des fractures et une douleur qu’il juge croissante.
  • Martin : un retour sous surveillance avec un poignet encore fragilisé.
  • Sepang : les EL1 seront déterminants pour apprécier leur capacité à poursuivre.

À Sepang, Fernandez et Martin vont tenter de repousser leurs limites. Mais leurs blessures rappellent une évidence : obtenir le feu vert des médecins ne signifie pas en MotoGP que le corps suivra jusqu’au drapeau à damier.

Indonésie Fernandez
Photo : Instagram Raul Fernandez

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