Moto GP
Publié le 2 novembre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP : Bezzecchi a la vitesse pour battre Marquez, mais pas encore la carrure d’un champion du monde

Malgré trois victoires consécutives cette saison, Bezzecchi a accumulé les erreurs. À Sepang, il a montré ce qui le sépare encore du titre.

Bezzecchi

Marco Bezzecchi possède-t-il la vitesse d’un champion du monde, mais pas encore sa carrure ? C’est le diagnostic impitoyable livré par Neil Hodgson après le Grand Prix de Malaisie. Alors que Marc Marquez remportait une nouvelle victoire et creusait l’écart au championnat, le pilote Aprilia abandonnait une cinquième place dans le dernier tour sur une erreur évitable. Pour le consultant de TNT Sports, cette séquence résume à elle seule pourquoi Bezzecchi n’est pas encore prêt à devenir champion du monde MotoGP.

Une erreur à Sepang qui en dit beaucoup sur Bezzecchi

Samedi, Bezzecchi avait pourtant limité les dégâts. Troisième du Sprint derrière Pedro Acosta et Marc Marquez, l’Italien pouvait encore espérer préserver ses chances mathématiques au championnat.

Mais dimanche, la réalité s’est imposée. Pendant que Marquez dominait le Grand Prix avec 4,172 secondes d’avance sur Acosta, Bezzecchi ne parvenait pas à suivre le rythme des meilleurs.

Plus inquiétant encore, il se retrouvait battu par Ai Ogura, pilote de l’équipe satellite TrackHouse Aprilia. Le Japonais n’hésitait pas à attaquer son collègue de marque, jusqu’à provoquer un contact lors de leur duel.

Puis, dans le dernier tour, Bezzecchi élargissait sa trajectoire et laissait passer Enea Bastianini. Résultat : une sixième place et 67 points de retard sur Marquez. Une erreur apparemment anodine, mais lourde de signification pour un prétendant au titre.

« Voilà pourquoi Bezzecchi ne sera pas champion du monde »

Sur TNT Sports, Neil Hodgson n’a pas cherché à ménager le pilote Aprilia. « S’il y a quelque chose qui résume la saison de Marco Bezzecchi, c’est cela, et c’est pourquoi il ne sera pas champion du monde MotoGP. »

L’ancien pilote britannique ne remet pas en question la vitesse de l’Italien. Il pointe plutôt son incapacité à préserver ses résultats lorsque la victoire devient inaccessible. Car un championnat ne se gagne pas uniquement en remportant des courses.

Il se construit également en acceptant une quatrième ou une cinquième place lorsque les circonstances ne permettent pas davantage. Et c’est précisément cette gestion des mauvais jours qui manque encore à Bezzecchi.

Trois victoires consécutives, mais trop de points abandonnés

Bezzecchi a démontré cette saison qu’il pouvait battre Marquez à la régulière. Ses trois victoires consécutives en début de championnat avaient même fait de lui un candidat crédible au titre. Valentino Rossi a d’ailleurs estimé que son ancien protégé avait parfois affiché davantage de vitesse pure que Marquez.

Mais la vitesse ne raconte qu’une partie de l’histoire. Chutes à Assen, au Balaton Park et à Misano, incident dès le premier Sprint de la saison, suspension lors du Grand Prix de République tchèque : autant d’épisodes qui ont fragilisé sa campagne.

La question n’est donc plus de savoir si Bezzecchi peut gagner. Il a déjà apporté cette réponse. La véritable interrogation concerne sa capacité à limiter les dégâts lorsque tout ne fonctionne pas parfaitement.

Marquez, l’exemple qui dérange

À Sepang, la comparaison était particulièrement cruelle. Marquez a transformé l’absence de Jorge Martin en victoire et en avantage de 44 points au championnat. Bezzecchi, qui aurait pu profiter de cette même absence pour se rapprocher de son coéquipier Aprilia, a finalement perdu du terrain.

L’un maximise ses opportunités. L’autre laisse encore échapper des points accessibles. Cette différence ne se réduit pas à la mécanique. Elle concerne aussi la prise de décision, la concentration et la gestion du risque.

Il serait toutefois excessif de conclure qu’une erreur prouve à elle seule une faiblesse mentale permanente. Ce sont leur répétition et leur coût au championnat qui alimentent le constat de Hodgson.

Alors, qu’est-ce qu’on retient ?

  • Bezzecchi : sixième à Sepang après une erreur dans le dernier tour.
  • Hodgson : sa vitesse est reconnue, mais son irrégularité compromet ses ambitions mondiales.
  • Championnat : Marquez possède désormais 67 points d’avance sur le pilote Aprilia.

Marco Bezzecchi sait déjà comment gagner un Grand Prix. Pour devenir champion du monde MotoGP, il lui reste à apprendre une discipline parfois plus difficile : savoir perdre une course sans perdre davantage de points que nécessaire.

Bezzecchi

 

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