F1
Publié le 4 novembre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Cadillac à vendre pour 3 milliards : le rêve américain tournerait-il au fiasco ?

Mark Walter chercherait à céder sa participation dans Cadillac F1 pour au moins 3 milliards de dollars. Sept acheteurs seraient intéressés.

Cadillac

Chez Cadillac, on rêvait de conquérir la Formule 1. Onze équipes sur la grille, deux pilotes expérimentés, l’immense puissance de General Motors et une ambition affichée : installer durablement une nouvelle force américaine dans le paddock. Mais quelques mois seulement après ses débuts, le rêve pourrait déjà changer de propriétaire. Selon une enquête du média américain Sportico, Mark Walter, le milliardaire à la tête de TWG Global, chercherait à céder sa participation dans Cadillac F1 pour un montant d’au moins 3 milliards de dollars. Et les candidats ne manqueraient pas.

Cadillac : sept acheteurs seraient déjà sur les rangs.

Toujours selon les informations rapportées par Sportico, au moins sept investisseurs auraient manifesté leur intérêt. Une perspective spectaculaire, surtout pour une écurie qui n’a pas encore inscrit le moindre point au championnat.

Cadillac voulait conquérir la Formule 1. Son propriétaire envisagerait déjà de passer à la caisse.

Trois milliards pour une écurie sans points Le montant donne immédiatement le vertige. Trois milliards de dollars. C’est le prix qui serait recherché pour la participation de Mark Walter, détenue à travers sa structure d’investissement.

Attention cependant : ce montant ne constitue pas une valorisation officielle de l’écurie et les modalités exactes d’une éventuelle transaction restent à préciser. Il n’en demeure pas moins que la somme évoquée illustre l’explosion de la valeur commerciale des équipes de Formule 1.

En quelques années, les écuries sont devenues des actifs particulièrement recherchés par les investisseurs internationaux. La limitation des coûts, la croissance de l’audience américaine et la rareté des places disponibles sur la grille ont profondément changé la donne.

Et Cadillac possède un argument de poids : son association avec General Motors. Mais voilà le paradoxe. Sportivement, l’écurie américaine traverse une première saison particulièrement difficile.

Sergio Pérez et Valtteri Bottas disposent de toute l’expérience nécessaire pour accompagner un nouveau projet, mais leur monoplace peine encore à rivaliser avec les autres équipes. Cadillac occupe la dernière place du championnat des constructeurs.

Une situation qui n’empêcherait manifestement pas certains investisseurs de s’intéresser à l’opération. En Formule 1, il n’est donc plus forcément nécessaire de marquer des points pour valoir des milliards.

Sept acheteurs, mais aucun nom

Selon les informations attribuées à Sportico, au moins sept parties auraient exprimé leur intérêt pour une éventuelle acquisition. Un chiffre considérable. Mais pour l’instant, aucun repreneur n’a été officiellement identifié.

Il serait donc prématuré d’évoquer une vente imminente ou des négociations sur le point d’aboutir. Une manifestation d’intérêt ne constitue pas une offre ferme. Et une offre ne garantit jamais la conclusion d’une transaction. Reste que l’intérêt supposé de plusieurs investisseurs témoignerait de l’attractivité de la Formule 1. Même une nouvelle équipe, encore loin des podiums, pourrait représenter une occasion rare d’entrer dans un championnat mondial en pleine expansion économique.

Cadillac peine peut-être à dépasser ses adversaires sur la piste. Mais dans les bureaux des investisseurs, la concurrence pourrait déjà se montrer beaucoup plus animée.

En août, TWG jurait que Cadillac n’était pas à vendre

C’est probablement le passage le plus embarrassant de toute cette histoire. Le 20 août dernier, TWG Global avait catégoriquement démenti les rumeurs concernant une éventuelle cession de ses activités automobiles. Dans une déclaration rapportée notamment par Reuters et Motorsport.com, le groupe assurait ne pas envisager la vente de Cadillac F1, ni d’aucun autre actif de TWG Motorsport. Le message était limpide. Circulez, rien à vendre.

Deux mois et demi plus tard, Sportico rapporte pourtant que Mark Walter chercherait des acquéreurs. Deux versions qui paraissent difficilement conciliables. Cela ne prouve pas que le démenti initial était mensonger : une stratégie financière peut évoluer, particulièrement dans un groupe possédant des actifs de plusieurs milliards de dollars.

Mais cette nouvelle révélation soulève désormais une question incontournable.

TWG Global a-t-elle changé de stratégie depuis août ?

Sollicité par Sportico, le groupe n’aurait pas répondu aux demandes de commentaire. Un silence qui ne confirme évidemment aucune transaction. Mais qui ne suffit pas non plus à dissiper les interrogations.

Lakers, Chelsea, Sparks : Walter réorganise son empire

L’éventuelle vente de Cadillac F1 ne surgirait pas dans un contexte isolé. Ces derniers mois, Mark Walter a engagé plusieurs mouvements importants dans son portefeuille d’investissements sportifs.

En août, il a cédé sa participation dans les Los Angeles Lakers, dans le cadre d’une opération valorisant la franchise de NBA à environ 12,5 milliards de dollars. Il s’est également séparé de ses parts dans le club anglais de Chelsea.

Plus récemment, des informations ont évoqué une possible vente des Los Angeles Sparks, franchise de basket féminin, accompagnée de ses installations d’entraînement. Autant d’opérations qui interrogent sur l’évolution de sa stratégie financière.

Ces mouvements interviennent alors que certaines sociétés liées à son empire font l’objet d’investigations aux États-Unis concernant des opérations financières entre entités affiliées. Il faut toutefois rappeler deux éléments essentiels.

Cadillac F1 n’est pas directement visée par cette enquête.

Et l’existence d’investigations ne constitue pas une preuve de faute de la part de Mark Walter. Le groupe a d’ailleurs contesté publiquement les accusations portées contre ses pratiques financières. Il serait donc abusif d’affirmer que l’écurie est mise en vente pour financer une procédure ou résoudre des difficultés de trésorerie.

En revanche, la multiplication des cessions d’actifs sportifs donne une nouvelle dimension aux informations de Sportico.

Et les 400 millions de pertes ?

Une autre affirmation circule désormais sur les réseaux sociaux : Cadillac F1 aurait enregistré environ 400 millions de dollars de pertes en 2026. Un chiffre particulièrement spectaculaire. Mais à ce stade, aucune confirmation comptable indépendante suffisamment solide ne permet de le retenir comme un résultat financier officiel. Il faut surtout distinguer plusieurs notions : les investissements de lancement, les dépenses d’exploitation et les pertes comptables.

Créer une écurie de Formule 1 exige des investissements considérables, notamment dans les infrastructures, le personnel, la recherche et le développement. Cela ne signifie pas automatiquement que chaque dollar investi constitue une perte. Ce montant devra donc être confirmé avant de pouvoir servir de base à une analyse financière sérieuse.

Une chose est néanmoins certaine : entrer en Formule 1 coûte extrêmement cher. Et bâtir une équipe compétitive nécessite généralement plusieurs saisons.

Budkowski face à une nouvelle inconnue

Pour Marcin Budkowski, récemment arrivé à la tête de Cadillac, cette nouvelle affaire intervient à un moment délicat. L’ancien dirigeant de Renault et Alpine a été recruté pour accélérer la progression de l’écurie américaine. Il avait alors affirmé que la situation financière entourant TWG Global n’avait aucune influence sur son engagement. Il mettait notamment en avant les investissements réalisés dans les infrastructures, les recrutements et la construction du projet.

Mais une éventuelle évolution de l’actionnariat pourrait naturellement soulever de nouvelles questions.

Quelle serait la place de General Motors ? Le projet conserverait-il son identité américaine ? Les investissements techniques se poursuivraient-ils au même rythme ? Et surtout, un nouvel actionnaire chercherait-il à modifier la stratégie sportive de l’écurie ?

Pour le moment, aucune information confirmée ne permet d’affirmer qu’une vente provoquerait un changement de direction, de marque ou de programme technique. L’incertitude concerne avant tout l’actionnariat potentiel, pas une disparition annoncée de Cadillac de la grille.

Le rêve américain aurait-il déjà un prix ?

L’histoire possède quelque chose d’assez ironique. Après des mois de négociations pour entrer en Formule 1, Cadillac a finalement obtenu sa place parmi les onze écuries du championnat. Un projet ambitieux, soutenu par l’une des plus grandes entreprises automobiles américaines. L’objectif affiché était de construire une structure capable de rivaliser durablement avec les meilleures équipes.

Aujourd’hui, selon Sportico, une partie de son capital pourrait déjà être proposée à des investisseurs pour plusieurs milliards de dollars.

Il ne s’agit pas encore d’une vente. Encore moins d’un abandon officiel du projet. Mais cette éventualité illustre la transformation profonde de la Formule 1, devenue autant un terrain de compétition sportive qu’un marché d’actifs financiers.

Les pilotes cherchent des dixièmes. Les ingénieurs cherchent de l’appui. Les investisseurs, eux, cherchent des milliards. Mark Walter pourrait donc réaliser une opération financière majeure avant même que Cadillac n’ait décroché ses premiers points.

Un scénario qui aurait de quoi laisser songeur.

Cadillac voulait écrire l’histoire américaine en Formule 1. Son propriétaire envisagerait déjà d’en négocier le prix de vente.

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