Pecco Bagnaia a trouvé une façon inattendue de commenter sa propre crise : en plaisantant sur le fait qu’elle lui offre au moins une place dans les médias. Alors que ses résultats ne lui permettent plus d’occuper régulièrement le devant de la scène, le double champion du monde MotoGP s’amuse de l’écho donné à ses critiques envers Ducati. Une sortie malicieuse, au moment où son histoire avec le constructeur italien touche à sa fin.
Bagnaia : « Je ne peux pas faire parler de moi pour mes bons résultats »
« Je ne peux pas faire en sorte que les médias parlent de moi pour mes bons résultats », lâche-t-il. Le trait est cruel, surtout parce qu’il se l’applique à lui-même. Bagnaia, autrefois incarnation des succès Ducati, reconnaît avec humour que les performances ne suffisent plus à alimenter l’actualité autour de son nom.
Il poursuit : « Alors j’ai cherché une autre voie et ça a été une bonne manière d’y parvenir. » Avant d’enfoncer le clou : « On en parle encore beaucoup, donc ça a fonctionné. » La formule ressemble à une confession stratégique. Mais c’est d’abord une plaisanterie : rien ne permet d’affirmer qu’il a volontairement critiqué Ducati pour fabriquer une polémique et garder ainsi l’attention de la scène médiatique …
Depuis Marquez, même les critiques de Pecco changent de dimension
Depuis l’arrivée de Marc Marquez dans l’équipe officielle, le paysage a changé. Le regard des observateurs se porte naturellement vers les résultats de l’Espagnol, tandis que Bagnaia cherche à retrouver les sensations qui lui permettaient de jouer les premiers rôles.
La comparaison est d’autant plus douloureuse qu’elle se déroule dans le même garage. Deux champions, une marque, mais des trajectoires sportives désormais très différentes. Dans ces conditions, chaque déclaration de Pecco sur sa moto, son adaptation ou ses difficultés prend une dimension supplémentaire.
Ce qui aurait autrefois été une remarque technique devient facilement un épisode du feuilleton Ducati. Et c’est justement ce mécanisme que l’Italien semble tourner en dérision. Puisqu’on interprète ses mots comme des critiques, autant plaisanter sur l’audience qu’ils génèrent.
L’autodérision lui permet ainsi de désamorcer la tension sans effacer les questions de fond. Ses difficultés restent réelles, tout comme l’écart entre ses ambitions et les résultats obtenus.

Une dernière pirouette avant de quitter Ducati ?
Le contexte rend cette séquence encore plus intéressante. Bagnaia s’apprête à refermer son chapitre Ducati et à poursuivre sa carrière chez Aprilia en 2027. Il ne s’agit plus seulement de sauver une saison : il faut aussi terminer une collaboration qui lui a apporté deux titres mondiaux MotoGP, mais dont les derniers mois ont été autrement moins heureux.
Sa plaisanterie peut donc se lire comme une façon de reprendre le contrôle de son image. Plutôt que de subir éternellement les questions sur sa baisse de forme, il choisit d’en rire lui-même.
Cela ne constitue ni un règlement de comptes définitif ni une réconciliation avec Ducati. Simplement une manière élégante, et légèrement piquante, de rappeler qu’il sait parfaitement ce qui se raconte à son sujet.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Bagnaia se moque de sa propre exposition médiatique, sans prétendre que ses critiques étaient réellement préméditées.
- L’arrivée de Marquez a changé l’équilibre sportif et médiatique du garage Ducati.
- À l’approche de son départ pour Aprilia, l’Italien transforme une situation pesante en occasion de sourire.
Pecco ne maîtrise peut-être plus les résultats comme il le voudrait. Mais il vient de démontrer qu’il lui reste une chose : le sens de la répartie. Et pour une fois, il peut revendiquer une victoire incontestable : sa petite phrase a effectivement fait parler de lui.





