Pour son arrivée au sein du Suzuki Endurance Racing Team, Xavier Siméon mène le Championnat du Monde d’endurance avec Gregg Black et Étienne Masson, même s’il a manqué la première course.

La situation est favorable à la GSX-R officielle, avec le sacre final possible le samedi 26 septembre. Nouveau dans cette discipline, le Belge (vainqueur du Championnat d’Europe Superstock 600 en 2009 et de la Coupe FIM Superstock 1000 en 2009, puis 27e sur une Ducati Reale Avintia Racing en 2018) y atteint un équilibre qui le satisfait désormais, avec une carrière qui n’a pas toujours été facile.

Avec la succession du chef Dominique Méliand par Damien Saulnier, c’est une véritable révolution qui s’est instaurée au sein du SERT. Toi qui viens de la MotoGP, qu’est ce qui t’a le plus impressionné au sein du Suzuki Endurance Racing Team ?

« Déjà toute l’organisation. Les courses d’endurance, par rapport à l’organisation, c’est une autre approche. Dans cette discipline, tout est prévu et rien n’est laissé au hasard dans l’équipe, par rapport à la semaine de course, mais surtout à avant la course. »

« Pendant l’épreuve, tout le monde sait ce qu’il doit faire. Tout est programmé pour que ça se passe précisément comme ça a été prévu. »

Tu prends la succession d’un des piliers historiques du Championnat du Monde d’endurance, Vincent Philippe, dix  fois vainqueur en 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2012, 2013, 2015 et 2016. En es-tu plutôt impressionné ou plutôt motivé ?

« Je suis très motivé, parce que Vincent Philippe est l’image-phare de l’endurance. Le remplacer n’est pas une tâche facile. D’autant plus que j’ai commis pas mal d’erreurs dans le passé, donc je sais que je suis attendu au tournant. »

« Pour moi c’est une grosse motivation, même si c’est aussi beaucoup de pression. Il me faut montrer que je mérite ma place sur une moto officielle. Surtout chez Suzuki qui est l’équipe n°1 en endurance. C’est donc pour moi une grande motivation. »

Tu aurais pu continuer en GP ou dans une autre discipline de la vitesse, mais tu as préféré rejoindre le SERT et ses quinze titre mondiaux en endurance. Pour quelles raisons ?

« Pour la simple et unique raison, c’est qu’en Grand Prix ce n’est pas aussi gros que ce que les gens le pensent, c’est-à-dire que quand tu es en Grand Prix, automatiquement tu gagnes très bien ta vie. Il faut savoir que maintenant en GP, 80% des pilotes paient pour rouler. C’est une question financière. »

« Moi j’ai la chance aujourd’hui en endurance et en électrique de gagner ma vie. Et de prendre du plaisir à rouler, ce que j’avais perdu en Moto2, en étant dans l’équipe qui n’était pas la meilleure des meilleures, qui n’était pas la plus mauvaise, mais pas la pire non plus. »

« On sait qu’en Moto2 tous les pilotes vont très vite. La moindre petite erreur permet de faire la différence. J’ai vécu huit années dans ce monde-là. J’ai donné. J’ai vu que je n’avais plus envie de vivre ça. J’avais plutôt envie de me faire plaisir à moto. Je retrouve en endurance ces sensations. »

As-tu jeté un œil du côté de championnats nationaux intéressants, comme le British Superbike, MotoAmerica, le CIV italien ?

« Oui, j’avais regardé. On avait vu pour aller en BSB, mais, comme pour tout, il n’y avait pas d’opportunités qui permettaient de se battre devant. Le problème, c’est que comme dans tous les championnats, quand tu es en contact avec un team qui n’est pas un team officiel, ils te promettent monts et merveilles. Et puis quand tu te retrouves face à la réalité, ce n’est pas les choses qu’ils t’avaient promises. »

« J’ai connu ça en Moto2, et je n’ai plus envie de revivre ça. C’est pour ça que, pour moi, courir dans un team officiel en endurance, je n’ai pas envie de faire autre choses.

Mike di Meglio nous a expliqué l’intérêt du jeu qu’il y a à bien choisir ses pneus en endurance, grâce à la liberté dont disposent les équipes en raison de la présence de plusieurs manufacturiers. Est-ce quelque chose que tu apprécies, ou ce choix te manquait-il en Grand Prix ?

« Je n’ai jamais participé à un championnat où il y avait plusieurs manufacturiers. C’est la première fois que je le vis. Et en fait ça permet – parce que je m’en rends compte maintenant – aux manufacturiers de se remettre en question si jamais ils sont un cran au-dessous d’un autre. Ils peuvent se dire “voilà, on a fait du bon boulot jusqu’à maintenant, mais maintenant il y a un autre manufacturier qui débarque et qui nous met la misère”. Ça permet là alors de recréer du développement et je pense qu’en fait c’est très bien. »

« Même si parfois ce n’est pas à notre avantage, ça permet de progresser, d’évoluer favorablement, de travailler là-dessus. Je pense que c’est une très bonne chose. »

Tu arrives avec le SERT, avec 40 à 47 points d’avance sur les teams officiels de Honda, Yamaha, BMW et Kawasaki, à la finale du Championnat du Monde d’endurance qui aura lieu à Estoril le samedi 26 septembre. Est-ce une avance suffisante qui permettra au SERT de gérer, ou t’attends-tu à une forte opposition de vos concurrents ?

« En sport moteur, il n’y a jamais d’avance suffisante tant que tu n’as pas franchi le drapeau à damier ! Tout peut arriver, et le SERT est bien placé pour le savoir en ayant cassé le moteur à deux tours de la fin à Suzuka l’an dernier.

« Il n’y a jamais d’avance, donc il va falloir rester prudent. Les pilotes font faire leur job, les mécaniciens vont faire le leur. Comme toujours sur les courses il ne faudra pas trop se poser de questions. »

Xavier occupe la neuvième place provisoire en Mondial MotoE en compagnie du LCR E-Team de Lucio Cecchinello.

Vidéo : Le matin des 24H

Photos © Suzuki Endurance Racing Team & Xavier Siméon perso




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