F1
Publié le 26 août 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Drive to Survive saison 9 : chez les milliardaires de la F1, même les crises ont droit à Netflix

Drive to Survive reviendra en 2027 : Netflix replonge dans une F1 devenue aussi lucrative que spectaculaire.

ll aurait été cruel de laisser autant de millions, de patrons milliardaires, de pilotes de F1 contrariés et de radios assassines disparaître après seulement 23 Grands Prix. Netflix a donc officiellement renouvelé Formula 1: Drive to Survive pour une neuvième saison, attendue en 2027 et consacrée au championnat 2026. Le contraire aurait presque été une faute professionnelle.

Le paddock F1 remet une saison dans la machine.

La Formule 1 ne produit plus seulement des courses. Elle produit des intrigues, des héros, des méchants, des rachats à plusieurs milliards, des directeurs d’équipe transformés en vedettes et suffisamment de petites phrases pour alimenter une plateforme de streaming jusqu’à l’hiver suivant. Bref : la vie ordinaire chez les milliardaires.

Saison 9 confirmée : les caméras peuvent continuer à fouiller

Netflix a confirmé le retour de la série le 23 août, avant que la Formule 1 ne relaie officiellement l’information ce lundi. La saison 9 retracera donc l’intégralité de la campagne 2026 et ses producteurs promettent déjà de pousser les portes encore un peu plus loin.

James Gay-Rees et Paul Martin, producteurs exécutifs chez Box to Box, annoncent vouloir aller « plus profondément que jamais dans les espaces cachés » de la Formule 1. Voilà qui devrait rassurer les directeurs d’équipe. Ou leur donner quelques troubles du sommeil supplémentaires.

Car après huit saisons, tout le monde connaît désormais la règle : lorsqu’une caméra Netflix traîne au fond du garage au mauvais moment, le mauvais moment a généralement de bonnes chances de devenir un épisode.

Et 2026 leur a déjà fourni le scénario

Il faut reconnaître que la saison actuelle ne manque pas exactement de matière première.

Kimi Antonelli est devenu le plus jeune leader d’un championnat du monde de F1, Mercedes s’est installée en tête, Ferrari s’accroche avec Lewis Hamilton et Charles Leclerc, McLaren revient au galop tandis que Max Verstappen et Red Bull traversent une campagne beaucoup moins impériale que les précédentes. Après Zandvoort, Antonelli mène avec 242 points, devant George Russell et Hamilton, tous deux à 183. Norris est revenu à 159 après sa victoire aux Pays-Bas.

Netflix cherchait une intrigue ? Elle est déjà écrite. Un prodige italien chez Mercedes. Hamilton chez Ferrari. Un Verstappen qui ne domine plus tout ce qui respire. Des hiérarchies techniques qui bougent au fil des évolutions. Et suffisamment de conversations radio grinçantes pour remplir deux épisodes sans même sortir du garage Ferrari.

La série n’accompagne plus la F1 : elle fait partie de son business

C’est probablement le changement le plus spectaculaire depuis le lancement de Drive to Survive en 2019. À l’origine, la série devait simplement montrer les coulisses d’un sport particulièrement hermétique. Sept ans plus tard, la F1 elle-même reconnaît que le programme a profondément changé la manière dont le public découvre et suit le championnat, notamment auprès des jeunes audiences. Pilotes et patrons sont devenus des personnages identifiables bien au-delà des amateurs traditionnels de sport automobile.

Guenther Steiner en est probablement l’exemple parfait. Autrefois, il fallait gagner des Grands Prix pour devenir célèbre en Formule 1. Aujourd’hui, quelques jurons bien placés devant une caméra peuvent aussi faire une carrière médiatique très convenable. Le progrès prend parfois des chemins étonnants.

Netflix a trouvé une mine d’or… installée dans une mine d’or

Et le décor financier a lui aussi énormément changé. Forbes estimait fin 2025 la valeur moyenne des dix écuries alors présentes en F1 à 3,6 milliards de dollars, soit une hausse de 89 % en seulement deux ans.

Ferrari culminait à 6,5 milliards, Mercedes à 6 milliards et McLaren à 4,4 milliards. Même Haas, dernière de ce classement financier, atteignait désormais environ 1,5 milliard. Donc, lorsque Netflix promet d’entrer dans les « espaces cachés » de la F1, entendons-nous bien : on ne parle pas exactement de filmer les coulisses du club automobile du dimanche matin. On parle d’entreprises dont certaines valent davantage que de prestigieuses franchises NBA, NHL ou de football européen. Ferrari, par exemple, dépassait selon Forbes la valorisation de toutes les équipes NHL et de la grande majorité des clubs de football européens.

Bienvenue dans Drive to Survive, ou Succession avec des pneus tendres.

Mercedes donne une idée assez précise de l’argent en jeu

Mercedes illustre parfaitement la métamorphose. Forbes estime l’écurie à environ 6 milliards de dollars, avec 799 millions de revenus sur l’exercice de référence et plus de 200 millions de bénéfice opérationnel. Elle figurait même début 2026 parmi les équipes sportives les plus rentables de la planète. McLaren n’est pas mal non plus.

L’écurie, passée à deux doigts du gouffre financier quelques années plus tôt, était valorisée à environ 4,4 milliards de dollars, après avoir généré 614 millions de revenus en 2024. Forbes estimait alors que 70 à 75 % de ces revenus venaient de l’activité commerciale. La F1 moderne est donc un endroit merveilleux.

On peut s’insulter pour trois dixièmes à la radio le dimanche et discuter d’une valorisation à dix chiffres le lundi matin.

Et Netflix continue de fabriquer des fans

Mais réduire Drive to Survive à une jolie machine publicitaire serait injuste. La série a réellement changé l’entrée dans la F1. Elle raconte moins la mécanique que les personnages : contrats, rivalités, licenciements, pression des patrons, trajectoires personnelles et batailles du milieu de grille.

C’est précisément cette approche qui a attiré une audience qui ne distinguait parfois pas un DRS d’un SUV avant de lancer le premier épisode. La F1 considère désormais cette narration comme un élément important de l’élargissement de son public et de son empreinte culturelle.

La saison 8, consacrée au championnat 2025, avait encore intégré le Top 10 mondial de Netflix lors de son lancement avec 2,7 millions de vues sur sa première semaine comptabilisée. Après huit ans, le moteur ne semble donc pas vraiment serré.

Le mariage va même encore plus loin en 2026

La frontière entre télévision et compétition s’est d’ailleurs encore réduite cette année. Netflix et Apple ont annoncé en mai une collaboration permettant notamment à Drive to Survive d’être proposé sur Apple TV aux États-Unis, tandis qu’un dispositif commun a accompagné certaines retransmissions de F1. Le Grand Prix du Canada a même fait l’objet d’un premier simulcast Apple/Netflix aux États-Unis.

Autrement dit, le cercle est désormais parfaitement bouclé : Netflix vous donne envie de regarder la F1. Puis la F1 vous renvoie vers Netflix. Puis Netflix vous ramène vers la course. Quelque part, un directeur marketing doit dormir merveilleusement bien.

Reste cette vieille question : documentaire ou scénario avec de vraies voitures ?

Évidemment, Drive to Survive traîne depuis ses débuts sa petite réputation. Musique dramatique. Montages nerveux. Rivalités parfois accentuées. Regards transformés en déclaration de guerre grâce à trois secondes de silence et un violoncelle menaçant. Les puristes continueront donc probablement à lever les yeux au ciel. Et ils regarderont malgré tout. Car même lorsqu’elle force légèrement le trait, la série dispose d’un avantage imbattable : la F1 réelle fournit déjà des scénarios que certains auteurs hésiteraient à proposer de peur d’en faire trop.

Prenez seulement 2026. Hamilton en rouge. Antonelli leader du championnat. Ferrari qui débat stratégie à la radio. Verstappen qui souffre à domicile. McLaren qui revient. Audi qui débarque. Cadillac qui découvre la planète F1. Des patrons qui se répondent par médias interposés. Il reste encore onze Grands Prix après Zandvoort. Box to Box peut probablement laisser quelques scénaristes en vacances.

Rendez-vous en 2027 pour voir combien coûte vraiment un mauvais dimanche

Aucune date précise de diffusion n’a encore été annoncée. La F1 confirme simplement que la saison 9 arrivera sur Netflix et qu’elle couvrira le championnat 2026. Mais après huit saisons, on connaît la recette. Un peu de vitesse. Beaucoup d’argent. Quelques egos. Deux ou trois patrons furieux.

Une bande-son inquiétante au moment où quelqu’un prononce : « Nous devons parler du contrat ».

Et surtout cette capacité extraordinaire de la Formule 1 moderne à transformer un week-end entre multimillionnaires en drame existentiel de quarante minutes.

Drive to Survive reviendra donc en 2027.

Heureusement.

Parce qu’avec des équipes à plusieurs milliards de dollars, des pilotes payés des fortunes et des propriétaires qui jouent parfois aux échecs avec des entreprises entières, il serait vraiment dommage de laisser la vie chez les milliardaires se dérouler sans caméra.