F1
Publié le 20 août 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Red Bull lui offre 2033, Verstappen réclame surtout la sortie de secours

Red Bull aurait proposé à Verstappen un contrat jusqu’en 2033, mais Max veut conserver sa clause de sortie et juger la voiture 2027.

Red Bull aurait décidé de ne plus faire dans la demi-mesure avec Max Verstappen : selon le journaliste allemand Ralf Bach, un nouveau contrat de cinq ans assorti d’une rémunération XXL aurait été posé sur la table afin de sécuriser le quadruple champion jusqu’en 2033. Petit problème : Max ne semble pas particulièrement pressé de jeter la clé de sa clause de sortie. Red Bull propose donc le mariage longue durée ; Verstappen, lui, préférerait encore garder l’option de rentrer dormir ailleurs si la voiture continue à manquer de vitesse.

2033 sur la table, 2027 dans la tête de Verstappen

Cinq ans de plus : Red Bull veut visiblement supprimer le feuilleton jusqu’en 2033

La prudence s’impose d’abord : ni Red Bull ni Verstappen n’ont officiellement confirmé cette nouvelle proposition. L’information vient de Ralf Bach, de F1-Insider, qui affirme que l’écurie aurait formulé une offre de cinq années supplémentaires, avec une somme importante à la clé, pour conserver son pilote jusqu’en 2033.

Le contrat actuellement signé par Verstappen court déjà officiellement jusqu’à la fin de 2028, accord conclu après son premier titre mondial en 2021.  Voilà donc Red Bull confrontée à une situation assez inhabituelle : un pilote déjà sous contrat pour encore plus de deux saisons… auquel on voudrait offrir cinq années de plus… parce que tout le monde se demande quand même s’il sera encore là dans six mois.

La Formule 1 possède parfois une conception très personnelle de la sécurité contractuelle.

Le vrai sujet n’est pas l’argent : c’est cette satanée porte de sortie

Selon Bach, le point de friction concernerait surtout la clause de résiliation anticipée présente dans l’accord actuel. Verstappen ne voudrait pas y renoncer et pourrait même préférer un engagement extrêmement court afin d’évaluer ce que Red Bull sera réellement capable de produire en 2027.

Cette hypothèse doit être comprise correctement : puisque Max possède déjà un contrat jusqu’en 2028, un éventuel accord d’un an pour 2027 supposerait logiquement qu’il puisse d’abord activer l’une de ses clauses de sortie puis négocier un nouvel arrangement. Les modalités exactes restent privées et les différentes publications ne décrivent pas toutes ces clauses de manière identique. Mais l’idée générale paraît limpide.

Red Bull voudrait dire :

« Voici beaucoup d’argent, reste avec nous jusqu’en 2033. »

Et Max répondrait plutôt :

« Montrez-moi d’abord la voiture. »

Difficile de lui reprocher d’avoir compris comment fonctionne son rapport de force. Parce qu’en 2026, le chèque ne peut pas masquer le chronomètre La position de Verstappen serait évidemment beaucoup moins confortable si Red Bull dominait encore outrageusement le championnat.

Ce n’est pas exactement le cas.

Après onze Grands Prix, Max occupe seulement la sixième place du championnat avec 109 points, sans victoire et avec quatre podiums. Kimi Antonelli mène avec 219 points : le Néerlandais accuse donc exactement 110 unités de retard.  Chez les constructeurs, Red Bull est quatrième avec 177 points, très loin des 379 de Mercedes, mais également derrière Ferrari et McLaren. Pour une équipe qui demande à son pilote de signer jusqu’en 2033, la première moitié de 2026 ressemble donc légèrement moins à une démonstration commerciale qu’à une demande de crédit sur projet.

« Faites-nous confiance, ça va revenir. »

Max connaît la chanson. Il aimerait probablement entendre un peu plus le moteur. Et Verstappen n’a jamais vraiment caché son critère numéro un.

Laurent Mekies a déjà résumé lui-même l’équation : Verstappen souhaite poursuivre avec Red Bull, mais il a besoin d’une voiture rapide pour être heureux. Le patron de l’écurie explique que l’objectif prioritaire n’est pas de convaincre Max avec des discours, mais de ramener la voiture au niveau où elle doit être.  Verstappen a tenu pratiquement le même langage.

À la veille de la pause estivale, il expliquait se sentir bien chez Red Bull, qualifiant même l’équipe de « seconde famille », tout en répétant que son travail consistait avant tout à comprendre la voiture et à retrouver le chemin de la victoire. Voilà toute la difficulté pour Red Bull. Le problème n’est visiblement pas humain. Max aime l’équipe.Il connaît les gens.  Il y a remporté quatre championnats consécutifs entre 2021 et 2024.

Mais même dans les meilleures familles, lorsqu’on vous demande de signer jusqu’en 2033, vous regardez quand même l’état de la maison avant de reprendre le crédit immobilier.

Red Bull a déjà compris qu’un contrat ne retiendra jamais Max aussi efficacement qu’une voiture

C’est d’ailleurs exactement la ligne défendue par Mekies. Lorsque les spéculations ont repris pendant l’été, le Français n’a pas affirmé que le contrat jusqu’en 2028 réglait définitivement la question. Il a reconnu que les meilleurs pilotes regardaient naturellement les meilleures équipes et que, inversement, plusieurs pilotes de premier plan avaient contacté Red  Bull pour se renseigner sur ses futurs baquets.  Son raisonnement était autrement plus pragmatique : fabriquer une voiture suffisamment rapide et le meilleur pilote voudra naturellement rester.  C’est probablement la seule véritable assurance-vie dont dispose Red Bull. Parce qu’un contrat possède des clauses. Un chronomètre, beaucoup moins.

Et 2027 est désormais devenu l’examen final de Milton Keynes

La pression monte encore lorsqu’on regarde la situation sportive plus largement. La F1 elle-même considère désormais que le dossier prioritaire de Red Bull est de convaincre Verstappen d’aller au terme de son engagement actuel. L’écurie a perdu ou va perdre plusieurs figures centrales de sa période dominante, tandis que la RB22 a souffert de problèmes d’équilibre, d’irrégularité selon les circuits et de fiabilité.  en Hongrie et un podium supplémentaire à Spa. Mais cela reste encore loin du standard auquel Max s’était habitué. De 2021 à 2024, il collectionnait les titres. En 2026, une deuxième place devient une excellente nouvelle. Le changement d’échelle est assez brutal.

Le contrat jusqu’en 2033 ressemble donc aussi à une énorme déclaration d’inquiétude

Car si l’information se confirme, l’offre raconte au moins autant les craintes de Red Bull que sa confiance. Une écurie totalement certaine de conserver son pilote jusqu’en 2028 n’a pas forcément besoin de lui proposer immédiatement de rester cinq années supplémentaires. Mais Verstappen n’est évidemment pas un pilote comme les autres. Il demeure le centre sportif du projet Red Bull, et l’écurie elle-même reconnaît que son maintien est une priorité majeure. Le perdre ne signifierait pas simplement changer un nom sur le côté du cockpit. Cela signifierait perdre l’homme autour duquel l’équipe a construit quatre titres pilotes consécutifs. Et remplacer Max Verstappen est l’une de ces missions particulièrement agréables que l’on préfère généralement confier à quelqu’un d’autre.

Max possède surtout le luxe suprême : pouvoir attendre

C’est peut-être là que Red Bull rencontre son vrai problème. Verstappen n’a aucune raison de se précipiter. Son contrat actuel lui donne déjà une sécurité à long terme. Ses performances lui donnent un poids considérable sur le marché. Et l’existence largement rapportée de clauses liées aux performances lui laisse potentiellement une porte de sortie si le projet Red Bull ne répond pas à ses attentes. Il peut donc observer. Mercedes domine actuellement les deux championnats. Ferrari progresse. McLaren reste dans le groupe de tête. Red Bull tente de reconstruire. Pourquoi signer aujourd’hui pour 2033 alors que la hiérarchie de demain peut être très différente ? Pour Red Bull, cinq ans représentent de la stabilité. Pour Verstappen, cinq ans pourraient ressembler à cinq saisons durant lesquelles une autre équipe possède éventuellement la meilleure voiture. Et Max n’a jamais semblé collectionner les contrats autant que les victoires.

Une « seconde famille », oui. Mais Max veut visiblement garder les clés de la voiture

L’ironie finale est donc assez savoureuse. Verstappen affirme se sentir bien chez Red Bull. Mekies assure qu’il souhaite continuer avec l’équipe. Red Bull lui proposerait un contrat gigantesque. Tout devrait donc être simple. Et pourtant, le dossier reste ouvert.

Parce que la fidélité en Formule 1 possède toujours une petite ligne en bas du contrat : sous réserve de performances satisfaisantes.

Red Bull peut ajouter les années. Ajouter les millions. Ajouter les garanties. Max, lui, semble vouloir conserver une seule chose : la possibilité de partir si la voiture ne recommence pas à gagner. Et c’est peut-être finalement la donnée la plus inquiétante pour Milton Keynes.

Lorsque Red Bull propose 2033 et que Verstappen regarde encore 2027, ce n’est manifestement pas la durée du contrat qu’il reste à améliorer.

C’est la voiture.