Il y a les contrats, les droits télé, les billets vendus et les camions à faire voyager. Puis il y a une question un peu moins facile à faire tenir dans un tableau Excel : est-il raisonnable d’envoyer tout le paddock dans une région touchée par un conflit ? Max Verstappen a donné son avis, sans détour. Si la situation est dangereuse, la Formule 1 ne devrait pas aller au Qatar et à Abu Dhabi, même si les courses sont inscrites au calendrier.

Verstappen rappelle que la sécurité passe avant le contrat
Qatar et Abu Dhabi sont toujours au calendrier. La sécurité, elle, n’a pas de clause en petits caractères.
Dans la citation relayée par Max Argento, Verstappen résume sa position ainsi :
« Si vous savez qu’une guerre fait rage à proximité et qu’un conflit pourrait éclater entre certains pays, vous ne devriez pas y aller. »
Le contrat, ajoute-t-il, ne change pas son avis. La décision ne lui appartient toutefois pas : si la F1 décide de voyager, les pilotes suivront. Une conclusion moins spectaculaire qu’un refus de prendre le départ, mais qui rappelle que le choix final se joue au sommet de la discipline, loin du cockpit.
Deux courses toujours prévues, une décision reportée
Le Grand Prix du Qatar est programmé le 29 novembre, celui d’Abu Dhabi le 6 décembre. Pour l’instant, les deux épreuves figurent toujours au calendrier. Mais la guerre au Moyen-Orient a déjà bouleversé la saison : les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite, prévus en avril, ont été annulés. Bahreïn doit finalement accueillir une course en Malaisie, tandis que l’Arabie saoudite n’a pas été remplacée.
La décision concernant les deux dernières manches devait initialement intervenir plus tôt. Elle a glissé. Selon les informations rapportées par Sky Sports, les équipes s’attendent désormais à être fixées vers la mi-octobre. L’intention actuelle de la F1 reste de courir au Qatar et à Abu Dhabi, à condition que la situation ne se dégrade pas. Si ces courses ne peuvent pas se tenir, Imola est le circuit envisagé pour accueillir la finale.
Le calendrier a donc encore ses deux rendez-vous du Golfe, mais la dernière page n’est pas imprimée. Les équipes doivent préparer plusieurs scénarios, les organisateurs veulent maintenir leurs événements et les responsables de la F1 attendent le moment où ils estimeront devoir trancher. Dans cette histoire, le drapeau à damier n’est pas encore en vue ; le point d’interrogation, lui, a déjà sa place sur la grille.
La sécurité d’abord… et les contrats ensuite ?
La F1 affirme que la sécurité guidera sa décision. Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a également déclaré que celle-ci serait déterminante. Mais le dossier ne se résume pas à une appréciation du risque. La logistique, les assurances et les conséquences financières d’une annulation compliquent les discussions. Reuters évoquait déjà les frais d’organisation, les contrats et la possibilité qu’il revienne aux promoteurs ou à la F1 d’assumer les pertes, selon les circonstances de l’annulation.
Motorsport.com souligne aussi que les contrats ne fonctionnent pas tous de la même manière et que celui qui annule peut avoir à supporter une partie des coûts. Les revenus liés aux droits télé, aux hospitalités et aux commandites entrent également dans l’équation. Autrement dit, même quand tout le monde affirme que la sécurité passe avant le reste, le reste réclame tout de même une réunion, plusieurs juristes et probablement quelques calculatrices.
La F1 n’a pas encore annoncé que les deux courses seraient supprimées. Et un remplacement par Imola n’est pas confirmé non plus. C’est une option de secours, préparée au cas où le déplacement deviendrait impossible ou jugé trop risqué. La nuance compte : le scénario est étudié, mais les décisions officielles ne sont pas prises.
Hamilton espère y aller, Verstappen pose la question
Les pilotes ne partagent pas tous le même souhait. Lewis Hamilton a déclaré qu’il aimerait courir au Moyen-Orient, région qu’il apprécie, tout en reconnaissant ne pas disposer de toutes les informations sur le niveau de risque. Il dit faire confiance à Stefano Domenicali pour prendre la décision adaptée.
Verstappen, lui, place la barre plus clairement : si le danger est connu, un engagement commercial ne devrait pas suffire à justifier le voyage. Son intervention ne constitue pas une décision de la F1, mais elle met en lumière le dilemme que la discipline doit résoudre. Un pilote peut exprimer son avis ; il ne choisit ni le calendrier ni les clauses d’un contrat.
La question est désormais de savoir si la situation permettra à la F1 de maintenir ses deux dernières manches au Moyen-Orient. D’ici la mi-octobre, la discipline devra arbitrer entre un calendrier déjà remanié, des enjeux financiers considérables et le principe qu’elle affirme vouloir placer au premier rang.
À ce stade, Qatar et Abu Dhabi restent donc au programme, et Imola attend en réserve. Verstappen a rappelé qu’un contrat peut obliger à beaucoup de choses. Il ne transforme pas pour autant une zone de tension en simple destination de fin de saison.
Verstappen teniendo los huevos que no tienen la F1 y la FIA diciendo que no hay que ir a correr a Qatar y Abu Dhabi, aún teniendo contrato, debido a los conflictos bélicos que hay en la zona.#F1 #AzerbaijanGP pic.twitter.com/WvxxfwHLT8
— El Mejor del Resto 🏁 (@elmejordelresto) September 25, 2026








