Moto GP
Publié le 30 septembre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP, Arbolino raconte ce que vit vraiment Quartararo chez Yamaha : « C’est comme commencer un marathon en boitant »

Le message est clair : derrière les sourires et les déclarations publiques, Quartararo vit une frustration profonde.

Quartararo

Fabio Quartararo n’a jamais caché sa frustration face aux difficultés de Yamaha. Mais Tony Arbolino, qui connaît personnellement le Français, apporte un éclairage différent : celui de ce que signifie s’entraîner comme un prétendant au titre tout en sachant que la moto risque de vous empêcher de l’être. Une situation qu’il résume par une image particulièrement parlante : prendre le départ d’un marathon en ayant déjà mal au pied.

Derrière les chronos, il existe une frustration que les proches voient. De l’extérieur, une mauvaise saison se raconte facilement avec des classements, des dixièmes perdus ou une vitesse de pointe insuffisante. Tony Arbolino en parle autrement.

Interrogé par Moto.it sur son ami Fabio Quartararo et sur cette Yamaha décrite avec humour comme une moto qui « se comporte comme un crabe », l’Italien ne cherche pas à atténuer la situation : « Il souffre énormément. »

Arbolino insiste surtout sur un décalage invisible depuis l’extérieur : celui entre l’investissement personnel du pilote et ce que sa machine lui permet ensuite d’obtenir. « Ses proches savent à quel point il s’entraîne, à quel point il souffre et toute l’énergie qu’il y met. Alors, la réalité est frustrante. »

« On commence en boitant »

C’est alors qu’Arbolino trouve probablement la métaphore pour raconter les dernières saisons de Quartararo. « On se donne à fond, on s’entraîne sans relâche, on participe à des compétitions, on sait déjà qu’on va courir un marathon, et on commence en boitant, avec une douleur au pied. C’est l’état d’esprit. »

La comparaison est rude pour Yamaha, mais elle décrit parfaitement le problème rencontré par Quartararo : la frustration ne vient pas seulement de perdre, mais de penser que l’on arrive préparé pour se battre tout en sachant que l’outil ne permettra probablement pas d’exprimer cette préparation.

Cela explique aussi certaines réactions particulièrement dures du Français ces dernières saisons.

Quartararo n’avait pas simplement besoin de progrès. Il avait besoin de constater que le rythme de progression de Yamaha pouvait rejoindre celui de sa propre carrière.

Le départ de Quartararo chez Honda prend une autre dimension

Les mots d’Arbolino donnent ainsi un éclairage intéressant au choix désormais effectué par Quartararo. Le Français a récemment expliqué qu’il ne regrettait pas d’être resté chez Yamaha et qu’il avait réellement cru au projet. Il a également rejeté l’idée selon laquelle son précédent renouvellement aurait principalement été dicté par l’argent.

Mais croire au projet n’empêche pas de constater qu’il n’a finalement pas progressé assez vite.

Son départ chez Honda en 2027 apparaît alors moins comme une fuite que comme la conséquence d’une usure.

Quartararo change de constructeur sans aucune garantie de retrouver immédiatement une moto capable de gagner. Honda reste elle-même engagée dans une reconstruction majeure.

Mais après plusieurs saisons à préparer le marathon avec l’impression de prendre le départ en boitant, changer de chaussures était peut-être devenu aussi important que de savoir où se trouvait la ligne d’arrivée.

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