Le Grand Prix de Catalogne a agi comme une douche froide pour Marco Bezzecchi. S’il conserve son fauteuil de leader du Championnat du monde, l’Italien a vécu un week-end à Montmelò qui a mis en lumière ses limites actuelles. L’analyse d’Andrea Dovizioso, légende du MotoGP, est sans appel : le n°72 est en pleine crise, sauvé uniquement par les déboires de ses rivaux.
Marco Bezzecchi a encaissé. Quatrième du Grand Prix de Catalogne, le leader du championnat a grappillé des points (15 d’avance sur Martin). Pourtant, sa performance a inquiété. Qualifié 9e, lent en sprint, l’Italien a profité des chutes et pénalités des autres. Andrea Dovizioso, consultant, a analysé : « Je l’ai vu en crise pour la première fois cette année. Il était motivé, prêt, mais il n’avait pas le rythme. » L’ex-pilote s’interroge : les évolutions d’Aprilia ont-elles rendu la RS-GP26 moins performante sur certains circuits ? Barcelone, où l’Aprilia dominait par le passé, a été un calvaire. Bezzecchi, malgré son mental, doit trouver des solutions. Le championnat, lui, continue.
Marco Bezzecchi est leader du championnat. 15 points d’avance sur Jorge Martin. Il a terminé 4e à Barcelone, son pire résultat de l’année. Mais cette place ne reflète pas sa course.
Qualifié 9e (son plus mauvais résultat en Q2). Neuvième du sprint. Dimanche, il a profité des accidents (Marquez, Zarco, Martin, etc.) et des pénalités (Mir) pour remonter. Son meilleur tour (1’40″097) était plus lent que celui d‘Ai Ogura (Aprilia satellite) et bien moins rapide que celui de Di Giannantonio (vainqueur).

« Le résultat de Marco Bezzecchi ne reflète pas la réalité », analyse Andrea Dovizioso.
« Je l’ai vu en crise » L’ancien pilote, 15 victoires en MotoGP, a observé dans on Podcast. « Je l’ai vu en difficulté pour la première fois cette année. Il était motivé, prêt, et il a tout donné, mais il était en pleine crise. »
Bezzecchi, d’ordinaire si souriant, si fluide, semblait crispé. La moto ne répondait pas. Dovizioso s’interroge. « Nous nous attendions tous à une Aprilia extrêmement compétitive à Barcelone, et ce ne fut pas vraiment le cas. Cela pourrait signifier que l’évolution de la moto a créé une situation où, sur certains circuits qui faisaient la différence par le passé, ce n’est plus le cas. »
La RS-GP26, dominatrice en début de saison, a peut-être perdu de sa superbe. Ou alors, les réglages n’étaient pas adaptés. « Elle est peut-être plus polyvalente sur d’autres circuits. »
Bezzecchi, malgré ses difficultés, a marqué. Il a géré son week-end, évité les chutes, pris les points. « Bravo à lui, car il a finalement récolté des points importants pour le championnat », reconnaît Dovizioso.
Mais il faudra plus que du mental pour garder la tête. Jorge Martin, parti 9e lui aussi, a chuté. 0 point. L’écart est passé de 1 à 15 points. « Martin a été trop ambitieux. Il a voulu gagner, il a perdu. Bezzecchi, lui, a pensé au championnat. » La différence entre les deux coéquipiers.
Le Mugello, c »’est pour ce week-end. Circuit rapide, technique, exigeant. Aprilia doit comprendre ce qui n’a pas fonctionné à Barcelone. « Si la RS-GP26 est moins performante sur les circuits à haute vitesse, Bezzecchi va souffrir. »
Mais le champion, lui, reste confiant. Marco Bezzecchi est un leader intelligent. Il sait que le championnat se gagne sur la durée, pas sur un week-end. À Barcelone, il a pris des points sans être performant. C’est l’art de la gestion.
Andrea Dovizioso, fin analyste, a noté sa crise. Mais il a aussi souligné sa force mentale. « Il était en difficulté, mais il n’a pas craqué. » Le Mugello, circuit des extrêmes, sera un test. « S’il y est compétitif, Aprilia pourra souffler. Sinon, les doutes reviendront. » En attendant, Bezzecchi reste leader. Et Martin, le challenger, doit se calmer.
Marco Bezzecchi a vacillé, mais n’est pas tombé. 4e à Barcelone, il a limité les dégâts. Pendant que Martin chutait, lui marquait. Andrea Dovizioso, lucide, a vu sa crise. Mais il a aussi salué son mental. Le championnat se jouera sur la régularité, pas sur l’éclat. Bezzecchi, le discret, le régulier, est en tête. Martin, l’ambitieux, le spectaculaire, est derrière. Le Mugello décidera peut-être. Mais Bezzecchi, lui, est prêt.
Leader par les points, mais vacillant par le rythme : tel est le portrait de Marco Bezzecchi aujourd’hui. Si Aprilia ne corrige pas rapidement les lacunes de son prototype sur les pistes exigeantes, le trône de Bezzecchi risque de devenir très inconfortable dès la prochaine manche au Mugello. La « crise » décrite par Dovizioso doit être résolue immédiatement pour éviter que le rêve mondial ne tourne au cauchemar.










