Fabio Quartararo a franchi l’arrivée à Misano avant de pratiquement tomber en panne sèche en rejoignant les stands. Contraint d’utiliser la cartographie moteur la moins performante pendant une grande partie du Grand Prix, le Français ne comprend pas pourquoi sa Yamaha a autant consommé. Et le prochain rendez-vous au Red Bull Ring pourrait rendre le problème beaucoup plus sérieux.
Fabio Quartararo pensait probablement connaître à peu près toutes les faiblesses actuelles de sa Yamaha. Misano vient d’en ajouter une assez inattendue. Parti 13e, le Français a terminé dixième du Grand Prix de Saint-Marin. Un résultat relativement anonyme qui cache pourtant un problème bien plus préoccupant : sa Yamaha a tout simplement failli manquer de carburant.
« Nous avons eu beaucoup de problèmes avec le carburant pendant cette course, je ne sais pas pourquoi », explique Quartararo. « Sur le tableau de bord, les voyants étaient complètement déréglés, j’étais un peu perdu. » Et l’alerte est apparue pratiquement dès le départ.
Quartararo obligé de sacrifier sa puissance
Le Français dispose de trois cartographies lui permettant de moduler les performances et la consommation de sa Yamaha. La première privilégie la puissance, la deuxième constitue un compromis et la troisième permet d’économiser davantage de carburant.
À Misano, Quartararo a dû passer une grande partie de son dimanche sur cette dernière. « J’ai donc fait la majeure partie de la course avec la carte trois, où j’étais un peu en deçà de mon potentiel. »
Le prix à payer s’est surtout fait sentir dans les lignes droites. « J’étais extrêmement lent », reconnaît-il. Et c’est peut-être ce qui rend l’épisode encore plus frustrant : malgré cette puissance volontairement réduite, son rythme n’était pas mauvais. Quartararo estime qu’il n’était finalement pas très éloigné de la bataille pour la sixième place et souligne avoir encore été capable de tourner en 1’31”7 et 1’31”8. Sans cette obligation d’économiser, sa dixième place aurait donc peut-être pu être sensiblement meilleure.
Quartararo : « Si le voyant est rouge, vous ne terminez pas la course »
Plus inquiétant encore, le passage à la cartographie la moins gourmande n’a pas suffi à faire disparaître l’alerte. Le voyant indiquant un niveau critique est resté affiché. « Si le voyant est rouge, vous ne terminez pas la course », explique Quartararo.
Cette fois, la Yamaha a bien tenu jusqu’au drapeau à damier. Mais la marge était minuscule. « En gros, je me suis retrouvé sans carburant juste en entrant dans les stands. » Quelques centaines de mètres supplémentaires auraient donc potentiellement transformé cette dixième place en abandon.
La situation intrigue d’autant plus que les trois hommes montés sur le podium — Marc Marquez, Alex Marquez et Pedro Acosta — ont indiqué n’avoir rencontré aucun problème particulier de consommation pendant le Grand Prix.

Et maintenant arrive le Red Bull Ring…
C’est ici que l’incident de Misano cesse d’être une simple curiosité technique. Misano peut être exigeant en carburant, mais ce n’est normalement pas un circuit sur lequel Yamaha s’attend à rencontrer une situation aussi critique.
Le prochain Grand Prix se disputera en revanche au Red Bull Ring. Avec ses longues phases d’accélération à pleine charge séparées par de gros freinages, le tracé autrichien figure parmi les rendez-vous les plus exigeants du calendrier en matière de consommation.
Quartararo ne cache donc pas son inquiétude sur crash.net. « C’est vraiment étrange, je ne m’attendais pas à avoir autant de difficultés ici, car ce n’est pas un circuit où nous avons habituellement des problèmes. Donc l’Autriche sera vraiment difficile. »
Depuis plusieurs semaines, Quartararo explique que sa Yamaha manque déjà de performances face à ses rivales. À Misano, il a dû volontairement abandonner une partie du peu de puissance dont il disposait simplement pour être certain d’atteindre l’arrivée.
Avant l’Autriche, Yamaha doit donc comprendre pourquoi ses prévisions de consommation se sont révélées aussi défavorables et pourquoi son pilote s’est retrouvé à gérer sa course aussi tôt. Car demander à Quartararo d’économiser encore davantage au Red Bull Ring reviendrait précisément à le priver de puissance sur l’un des circuits où il en aura le plus besoin.
À Misano, la Yamaha a réussi à atteindre l’arrivée presque à sec. En Autriche, si le problème n’est pas compris d’ici là, reproduire le même scénario pourrait tout simplement ne plus suffire.
























