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Marc Marquez

Et si Marc Marquez tirait sa révérence au sommet, comme une légende du foot avant lui ? Pour Neil Hodgson, consultant chez TNT Sports, l’idée n’a rien de farfelu. Si l’Espagnol ne retrouve pas le chemin de la gagne en 2026, il pourrait bien imiter Eric Cantona : partir de son propre chef, non pas parce qu’il est fini, mais parce qu’être « l’un des meilleurs » ne lui suffit plus.

Pendant des années, le MotoGP a vécu avec une certitude presque immuable : tant que Marc Marquez était physiquement capable de monter sur une moto, il finirait toujours par revenir au sommet. Même après les opérations, même après les chutes, même après les saisons cauchemardesques chez Honda, beaucoup continuaient à penser que le phénomène espagnol trouverait un moyen de renaître. Mais depuis quelques semaines, le ton change.

Et cette fois, le doute ne vient plus seulement des journalistes ou des réseaux sociaux. Il commence à émerger chez d’anciens pilotes qui connaissent parfaitement la psychologie des champions. Au Mans, Neil Hodgson a prononcé une phrase qui a immédiatement fait réagir le paddock : « Ce ne serait pas une surprise qu’il prenne sa retraite à la fin de la saison. »

Pas dans deux ans. Pas à l’approche des nouvelles motos 850 cc. Dès 2026. Et plus encore que l’hypothèse elle-même, c’est la comparaison choisie par Hodgson qui intrigue.

Selon lui, Marquez pourrait finir par raisonner comme Eric Cantona lorsqu’il avait quitté le football au sommet avec Manchester United en 1997. Pas parce qu’il était fini. Pas parce qu’il n’avait plus le niveau. Mais parce qu’il ne se reconnaissait plus totalement dans sa propre version du très haut niveau.

La chute du Sprint au Mans, un tournant pour Marc Marquez ?

Hodgson l’explique très clairement : « Il a clairement indiqué que si sa saison ne se résume qu’à une troisième ou une quatrième place, cela ne l’intéresse pas. » Et cette phrase colle parfaitement au personnage Marquez.

Toute sa carrière s’est construite autour d’une logique radicale : gagner ou souffrir en essayant. Jamais gérer. Jamais se contenter. Jamais devenir un simple pilote “solide” terminant régulièrement quatrième ou cinquième. Or aujourd’hui, c’est précisément ce qui commence à apparaître.

Depuis le début de saison, Marc Marquez semble évoluer dans une zone étrange, presque inhabituelle pour lui. Toujours rapide, évidemment. Toujours capable de coups d’éclat monumentaux, comme son record du Mans en Q1. Mais plus totalement dominateur. Plus totalement libre non plus. Sa blessure à l’épaule continue de planer au-dessus de chaque week-end. Et sa dernière violente chute lors du Sprint au Mans ne va pas arranger l’équation.

Depuis son énorme chute en Indonésie 2025 et l’opération qui a suivi, le pilote Ducati n’a jamais réellement retrouvé cette fluidité presque animale qui faisait sa force dans les changements d’angle et les entrées de virage ultra agressives. Lui-même a reconnu récemment qu’il ne pilotait toujours pas “normalement”.

Hodgson estime d’ailleurs que le véritable problème n’est peut-être même plus la vitesse pure : « Il commet des erreurs à des moments cruciaux des courses, ce qu’il n’avait pas fait depuis 2015. » C’est probablement le point le plus révélateur de cette saison 2026.

Le grand Marquez construisait ses week-ends en flirtant volontairement avec la limite pendant les essais afin de parfaitement comprendre où se situait le danger pour ensuite rester juste en dessous en course. Une méthode extrêmement risquée… mais qu’il maîtrisait mieux que personne.

Aujourd’hui, cette maîtrise semble moins naturelle. La chute du Sprint au Mans en est un exemple, comme celui de Jerez en course avant ça. Deuxième de la course en Espagne, bien placé, en contrôle apparent… puis erreur brutale. Comme si le corps et l’instinct ne fonctionnaient plus exactement avec la même synchronisation qu’autrefois.

Et forcément, cela alimente une question que personne n’osait vraiment poser il y a encore un an : jusqu’où Marquez est-il prêt à accepter cette nouvelle version de lui-même ?

Parce qu’au fond, Hodgson touche quelque chose de très juste avec sa comparaison à Cantona. Certains champions acceptent de décliner progressivement. D’autres refusent absolument de vivre cette phase-là. Et Marquez a toujours donné l’impression d’appartenir à la seconde catégorie.

Le paradoxe, c’est que Ducati semble encore croire profondément en lui. Les rumeurs autour d’un nouveau contrat jusqu’en 2028 continuent d’ailleurs de circuler avec insistance, même si aucune annonce officielle n’a encore été faite à cause des négociations commerciales entre les constructeurs et Liberty Media.

Mais dans le paddock, une autre idée commence désormais à exister : et si le véritable facteur décisif n’était ni Ducati, ni l’argent, ni même les nouvelles motos 2027… mais simplement le regard que Marquez porte encore sur lui-même ? Car il y a parfois des champions qui arrêtent parce qu’ils ne peuvent plus gagner.

Et puis il y a ceux, beaucoup plus rares, qui arrêtent parce qu’ils sentent qu’ils ne sont plus exactement le champion qu’ils refusent de cesser d’être.

Marc Marquez arrêtera-t-il sa carrière cette année ? Neil Hodgson, provocateur, l’envisage. L’Espagnol, blessé, moins performant, pourrait suivre l’exemple d’Eric Cantona. Arrêter tant qu’il est encore bon, mais plus le meilleur. Une décision fière, cohérente, et terrible pour le MotoGP. Le paddock n’est pas prêt. Mais l’homme, lui, l’est peut-être. Dimanche, au Mans, on en saura plus. En attendant, le suspense reste entier. Et la retraite, hypothétique, se rapproche.

 

 

 

 

 

 

 

 

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