Senna Agius se prépare à franchir le pas vers le MotoGP en 2027 avec Tech3. À 21 ans, l’Australien sait déjà quelle référence il souhaite garder en tête : Casey Stoner. Son compatriote est même devenu l’un de ses mentors et Agius explique pourquoi son extraordinaire aventure avec Ducati constitue, à ses yeux, bien davantage qu’un glorieux chapitre de l’histoire australienne.
L’Australie se prépare à changer de génération en MotoGP. Alors que Jack Miller semble se diriger vers le WorldSBK, Senna Agius devrait rejoindre Tech3 en 2027, aux côtés de Luca Marini, et devenir le nouveau représentant australien de la catégorie reine.
Une arrivée qui interviendra précisément au moment où le MotoGP repartira presque d’une feuille blanche avec les moteurs 850 cc, une aérodynamique réduite et surtout les nouveaux pneumatiques Pirelli. Pour préparer ce grand saut, Agius dispose d’un conseiller plutôt prestigieux : Casey Stoner.
Dans un entretien accordé à Speedweek, Agius ne cache pas son admiration pour le double champion du monde. « J’ai un immense respect pour la façon dont il a rejoint Ducati à l’époque », explique-t-il.
Agius fait évidemment référence à cette extraordinaire saison 2007 durant laquelle Stoner, arrivé chez Ducati après seulement une année en MotoGP avec Honda, avait immédiatement décroché le titre mondial. Avec 10 victoires en 18 Grands Prix et 14 podiums, l’Australien avait dominé la saison.
Mais ce qui impressionne particulièrement Agius est la différence entre les résultats obtenus par Stoner et ceux de son environnement immédiat. Loris Capirossi, son coéquipier, n’avait terminé que septième du championnat avec une victoire.
« Il a mené un projet au titre de champion du monde alors qu’il n’était pas censé être compétitif », poursuit Agius. « Cela témoigne d’une force mentale incroyable et de compétences de pilotage exceptionnelles. Casey est un excellent modèle pour moi et mon idole absolue. »

Senna Agius peut apprendre autre chose de Casey Stoner
Le parallèle devient d’autant plus intéressant que Stoner ne représente pas seulement pour Agius un exemple de vitesse. Sa carrière constitue également une formidable leçon sur la pression inhérente au MotoGP.
Stoner a lui-même reconnu des années plus tard ne pas avoir véritablement profité de son premier titre mondial tant la pression qu’il ressentait était importante. Après quatre saisons chez Ducati, il rejoindra Honda et décrochera un deuxième titre en 2011 avant de prendre sa retraite à seulement 27 ans à l’issue de la saison suivante.
Une décision qu’Agius refuse de juger. « Certains disent qu’il était un personnage à part », explique-t-il. « Quant à savoir si sa retraite était justifiée par les raisons qu’il a données, c’était entièrement son choix. Je respecte profondément sa position. »
Une référence, pas une comparaison
Il serait évidemment prématuré de présenter Agius comme le « nouveau Stoner ». Le futur pilote Tech3 doit encore terminer son parcours en Moto2 avant de découvrir une catégorie reine où tout sera nouveau en 2027. Mais il existe malgré tout une filiation intéressante.
Agius arrivera en MotoGP avec l’expérience récente des Pirelli du Moto2, alors qu’une grande partie de ses futurs adversaires devra justement réapprendre à piloter avec les pneumatiques italiens.
Et il pourra compter sur les conseils d’un homme qui savait précisément exploiter une moto lorsque celle-ci ne se comportait pas nécessairement comme les autres pilotes l’auraient souhaité.
Casey Stoner ne peut sans doute pas spontanément transformer Senna Agius en champion du monde. Mais avant d’entrer dans la jungle du MotoGP, avoir pour mentor l’un des pilotes les plus naturellement doués de l’ère moderne constitue certainement un excellent point de départ.










