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Aprilia

Massimo Rivola est un ancien de la Formule 1 dont il faut bien reconnaître le succès en MotoGP. Son travail au sein de l’usine d’Aprilia depuis 2019 a été titanesque en termes d’impulsion et d’organisation pour amener la marque à ce qu’elle est aujourd’hui : un favori pour le titre mondial. Venant d’un autre horizon, il a aussi une vision différente du paddock avec une approche si pragmatique qu’elle l’amène parfois à dire des vérités pas forcément bonnes à dire…

Pour comprendre l’œuvre de Massimo Rivola depuis son arrivée à la tête du projet Aprilia en MotoGP en 2019, il faut rappeler quelle était la situation de ce constructeur à la fin de la saison 2018. Le blason du groupe Piaggio était abonné à la dernière place du championnat constructeurs, et son pilote, Aleix Espargaró pensait à la retraite après deux campagnes écoulées faites de chutes et de soucis techniques, qui l’avaient positionné 15è et 17è au classement général. L’Espagnol envisageait alors sérieusement la retraite.

Puis Massimo Rivola est arrivé. Il a amené des compétences de la Formule 1 avec lui, tandis qu’en 2020 le V4 de Noale abandonné son inclinaison à 70° pour passer à 90°. La fiabilité est arrivée, la puissance s’est révélée et la bonne synergie s’est lancée amenant au premier podium à Silverstone en 2021. Aleix Espargaró était alors heureux d’être huitième au championnat pilotes et envisageait pour 2022 un top 5. Mais le voilà en lice pour le titre après avoir remporté sa première victoire, également inédite pour le constructeur à ce niveau de la compétition, en Argentine.

Sur ce parcours que l’on peut évaluer comme édifiant, Massimo Rivola fait le point dans un entretien avec Speedweek. Un discours au travers duquel ont peut déceler sa méthode. Il dit ainsi sur les apports humains venant d’autres horizons qu’il a rendu possibles, venant de la Formule 1 mais aussi de… Suzuki : « ils sont venus travailler avec un esprit ouvert et nous ont aidés avec leurs visions. La plus grosse difficulté pour les techniciens qui viennent de la Formule 1 est que, là-bas les équipes sont composées d’au moins 500 personnes, certaines en ont plus de 1 000. Chez Ferrari aussi. Donc, si vous venez d’une équipe de 1 000 employés en MotoGP, où 100 personnes y travaillent, alors vous devez penser et fonctionner complètement différemment. Cet apprentissage est continu, il fait partie de notre travail quotidien ».

Une philosophie générale que l’on retrouve dans un autre de ses aboutissements : l’arrivée, enfin, d’une équipe satellite. A l’écouter, on comprend ce qui a convaincu Razlan Razali de quitter Yamaha : « nous devons garder un œil sur le plan d’affaires et le budget dont nous disposons pour l’équipe satellite. Le choix des pilotes ne nous pose aucun problème. C’est pourquoi je n’ai pas de nuits blanches. Ce qui me préoccupe plutôt c’est que nous devons construire de bonnes structures pour l’équipe client. Nous y travaillons ».

Alors Rivola était heureux à Las Termas avec Aleix Espargaró à propos de la première victoire en MotoGP

Massimo Rivola : « quand huit Ducati courent contre deux Aprilia et deux Suzuki, ce championnat constructeurs n’a pas beaucoup de sens« 

Rivola, qui rappelle que c’est Aprilia qui paiera les pilotes RNF, ajoute : « comme tout est nouveau et qu’on ne veut pas faire mauvaise impression auprès de l’équipe client, c’est délicat. Nous ne voulons pas trop étirer le budget. Pour nous, l’équipe client est une opportunité de renforcer l’entreprise. Nous pouvons employer de nouveaux personnels et mettre plus de motos sur la grille. Si nous atteignons le seuil de rentabilité avec l’équipe client sur le plan d’affaires, c’est parfait pour nous. Parce que cela signifie que sans investissements supplémentaires, nous aurons deux fois plus de motos sur la grille, nous donnerons une meilleure image globale et nous obtiendrons plus de données et plus d’ingénieurs analyseront les données ». Une opportunité lorsque l’on sait qu’au vu de ses bons résultats, Aprilia a perdu les privilèges des points de concession au règlement.

Cela étant dit, Massimo Rivola a aussi fait le tour de ce qui est désormais aussi son paddock et il en donne cet avis avec cette franchise désarmante sur un de ses aspects : « des trois championnats, le titre constructeurs est le plus inutile. Et quand huit Ducati courent contre deux Aprilia et deux Suzuki comme en ce moment, ce championnat n’a pas beaucoup de sens… Le championnat du monde par équipe est plus précieux. Parce que ce championnat reflète les performances des deux pilotes que vous utilisez dans l’équipe d’usine ». Un classement où Aprilia est actuellement en tête…

Massimo Rivola, patron de course d'Aprilia

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