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Aleix Espargaró

Avant même de commencer son Grand Prix du Portugal, Aleix Espargaró avait exprimé à Portimao sa frustration toujours d’actualité et née d’une course difficile au Qatar, mettant en cause l’adhérence des pneus Michelin. « En arrivant sur la grille, je me suis rendu compte que l’adhérence était absente, c’était comme glisser sur de la glace. Nous devons absolument améliorer les pneus, car nous rencontrons ce problème plusieurs fois par saison », a-t-il critiqué. Cette remarque n’a pas été bien accueillie chez Michelin, qui a choisi de répondre avec des preuves concrètes à l’appui.

Piero Taramasso, directeur chez Michelin, a clarifié la situation en fournissant une explication technique détaillée : « à la suite des commentaires d’Aleix Espargaró au Qatar, Aprilia nous a fourni toutes leurs données, ce qui nous a permis d’effectuer une analyse précise. Une personne s’est consacrée trois jours à la rédaction d’un rapport de vingt pages, et les chiffres parlent d’eux-mêmes, il n’y a pas de place pour l’interprétation. Il n’y a eu aucun souci lié aux pneus. »

Un travail en amont conséquent qui mérite d’être souligné car il contredit parfaitement les déclarations d’un Aleix Espargaró qui, lors du jeudi au Portugal a clamé à qui voulait l’entendre : « j’ai demandé des explications et je n’en ai pas eu. Cela me semble-t-il normal ? Je comprends que s’ils ne m’ont pas donné d’explications, c’est soit parce qu’ils cherchent ou parce qu’ils ne le trouveront pas. J’ai de très bonnes relations avec Piero et les techniciens Michelin. Je parle beaucoup avec Piero, nous sommes amis depuis mille ans, et s’ils ne m’ont pas donné d’explications, c’est parce que Je comprends qu’ils n’en auront pas ». Une prise de position qui laisse sans voix et interpelle soit sur le discernement, soit sur la bonne foi du pilote officiel Aprilia, ou même les deux.

Ducati Michelin

Piero Taramasso Michelin : « de nombreux constructeurs ont amélioré la gestion de l’usure des pneus entre le sprint et la course, ce qui a amélioré leurs performances » sauf chez Aprilia

On rappellera l’explication de l’homme de Michelin a détaillé dans nos colonnes : « Espargaró a débuté la course avec des pneus à une température d’au moins 10° inférieure à celle de ses concurrents. C’est une différence significative et explique l’absence d’adhérence rencontrée ; les pneus ne peuvent tout simplement pas fonctionner correctement à de telles températures. Néanmoins, pendant la course, son meilleur tour n’était que deux dixièmes moins rapide que le tour le plus rapide, ce qui démontre qu’il n’y avait pas de défaut du pneu. »

Concernant les inquiétudes sur la qualité de ses produits Michelin ouvertement assumées par Aleix Espargaró, Taramasso assure : « depuis 2016, il y a eu des cas isolés de défauts de pneus. Nous prenons ces incidents très au sérieux, en analysant et en rectifiant les problèmes. Les données montrent que de nombreux constructeurs ont amélioré la gestion de l’usure des pneus entre le sprint et la course, ce qui a amélioré leurs performances. » Un signalement qui peut aussi expliquer pourquoi les Aprilia, si performantes le samedi, ont sombré dans l’anonymat le dimanche.

Et pour clôturer la question de la qualité des Michelin en MotoGP, Piero Taramasso a rappelé les records marqués par le chrono au Qatar, il explique : « c’est le résultat d’une combinaison de facteurs. Les motos ont progressé, nous avons introduit de nouveaux composés plus performants et plus constants. Les conditions de piste étaient également idéales, ce qui, avec le travail remarquable des équipes, a permis de réaliser d’excellentes performances. Pour Michelin, ce fut un excellent début de saison. »

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