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Marco Bezzecchi

Il est temps qu’il parte en vacances. Ces dernières semaines ont été particulièrement difficiles pour Marco Bezzecchi, qui, à Assen, a perdu le commandement du Championnat du monde. L’Italien est en train d’exploser en direct, sous nos yeux. Peut-il se relever ? Peut-il encore prétendre au titre mondial ? Analyse.

 

Le vent a tourné

 

Son cas illustre parfaitement ce qu’est une dynamique en sport. Malmené dans cette spirale négative, Marco Bezzecchi est sur une série de trois résultats blancs consécutifs, et chaque week-end semble pire que le précédent. Après avoir été fauché au premier virage en Hongrie et frappé un commissaire à Brno, le voilà qui passe totalement à côté de son week-end à Assen, l’un de ses meilleurs circuits.

 

Marco Bezzecchi

Sa chute était d’une violence rare. Photo : Michelin Motorsport

 

Marc Marquez abusait un peu quand il affirmait que Bezzecchi devait ramener les 37 points aux Pays-Bas, bien sûr, c’est le jeu des médias. Mais il y avait un fond de vérité là-dedans : Bezzecchi avait déjà battu prime Pecco Bagnaia à Assen, en 2023, en qualifications et en Sprint. De plus, l’Aprilia y avait toujours été très performante, en témoignent ses deux tops 3 pour Noale en 2025. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé, les Aprilia étaient largement supérieures au reste.

Non seulement Bezzecchi a chuté le dimanche, mais avant cela, il était loin d’être le plus rapide. Battu par Ai Ogura en qualifications alors qu’il s’agit d’un de ses points forts, il n’a jamais su répondre au duo jaune et noir tout le week-end durant, pas plus que Jorge Martin, d’ailleurs. Pendant le Sprint, je l’ai trouvé moyen, comme c’est le cas depuis le début de l’année pour une raison que j’ignore. Il fut vaincu par Fabio Di Giannantonio, qui, de toute évidence, roulait un package moins compétitif. En plus de ça, sur une grosse dizaine de tours, il prend deux secondes pleines par les deux pilotes Trackhouse.

D’habitude, il y a vraiment un écart de performance pour lui entre le samedi et le dimanche. Il trouve souvent une solution après le Sprint, qu’il met à l’épreuve lors du warm-up. Mais là, que nenni ! Au départ du Grand Prix, avant son erreur, il était loin, déjà distancé par les meilleurs. Après, comme son collègue japonais, il aurait peut-être pu revenir plus tard, car Ai était encore plus distancé à cet instant précis. Mais je n’ai jamais senti le « Bez » aussi serein et rapide qu’Ogura sur les deux courses.

Puis, la chute. Bezzecchi perdit l’avant dans le redouté Ramshoek, l’un des virages les plus dangereux du calendrier, celui où il faut absolument éviter de tomber. Le pire, c’est qu’il ne marque aucun point pour le troisième GP consécutif, perd la tête du général, et doit quand même s’estimer heureux ! En effet, il n’a rien de grave et sera au départ du Grand Prix d’Allemagne.

 

Bezzecchi a-t-il perdu le titre ?

 

Ça m’attriste, car je dois avouer que j’aime beaucoup Bezzecchi, mais cette saison me semble perdue, pour plusieurs raisons. D’abord, historiquement, car il est très rare de connaître deux spirales positives dans une seule et même année. En général, ce qu’il se passe à l’échelle d’un exercice de sports mécaniques (disons, entre 10 et 25 rendez-vous par an selon les disciplines), c’est qu’un pilote marche bien, subit un événement exceptionnel qui entraîne une baisse de régime, et ne revient pas. La dynamique ne change qu’une fois ou jamais. Des exceptions existent, certes, mais elles sont… exceptionnelles, justement.

 

Marco Bezzecchi

Le « Bez » est méconnaissable, mais il reste un adversaire à ne pas sous-estimer. Photo : Michelin Motorsport

 

Ensuite, car l’atout principal de Bezzecchi était en fait ce début d’année spectaculaire, marqué par trois victoires dominicales consécutives. En trois courses, l’avantage mathématique acquis a totalement disparu. Cela signifie que pour retrouver un gain similaire, il devrait dominer de nouveau comme sur les premières manches, ce qui me paraît hautement improbable.

Troisièmement, car son début d’année était en fait bien payé. Bezzecchi, jusqu’à la Hongrie, est passé entre les mailles du filet à bien des occasions : il n’a jamais connu de pépin mécanique, a évité tous les accrochages, a parfois eu beaucoup de chance, comme à Barcelone, pendant que ses adversaires, eux, essuyaient des blessures entre autres coups du sort. Mais comme dit précédemment, la dynamique a changé, ses rivaux ont évolué.

Depuis la Catalogne, Di Giannantonio a gagné en épaisseur, et Ai Ogura, désormais victorieux, est devenu un prétendant régulier à la première place. Il y a toujours Marc Marquez dans l’équation, l’adversaire annoncé avant même le début de saison. Le tout sans même parler de son coéquipier Jorge Martin, que j’ai un peu de mal à cerner, certes, mais qui a montré, par le passé, qu’il savait se battre pour un championnat et gagner.

Pour toutes ces raisons, j’ai l’impression que c’est cuit pour Bezzecchi. J’espère sincèrement qu’il me fera mentir, car je le trouve très bon lorsqu’il est en forme, mais ses erreurs – d’abord réservées aux Sprints puis étendues au reste des week-ends – lui coûtent trop cher. Par contre, s’il se relève de cette descente aux enfers et qu’il fait l’exploit de faire renaître une dynamique positive à partir de zéro jusqu’au titre, il faudra le qualifier de héros, rien de moins.

Pensez-vous, comme moi, que le « moment » de Marco Bezzecchi est passé ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Prochain rendez-vous ? L’Allemagne, jardin de Marc Marquez, et Marco Bezzecchi y était tombé l’année dernière ! Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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