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Bagnaia

Il y a un an, le podium du Mugello résonnait des sifflets hostiles adressés à Marc Marquez, une scène qui soulignait alors la tension palpable entre les tifosi et les pilotes non-italiens (ou rivaux du clan Rossi). Douze mois plus tard, le climat a radicalement changé. Au terme d’un Grand Prix d’Italie 2026 électrisant, c’est un vent de sportivité inédit qui a soufflé sur la « cathédrale » de la vitesse. Et Bagnaia a tenu à le souligner. 

Il y a un an, le Mugello avait offert l’une des images les plus controversées du MotoGP moderne. Malgré sa victoire sous les couleurs Ducati, Marc Marquez avait été copieusement sifflé par une partie du public italien. Une scène suffisamment marquante pour pousser Davide Tardozzi à répondre avec colère aux tribunes, rappelant que l’Espagnol portait désormais le rouge de Ducati.

Douze mois plus tard, l’atmosphère était radicalement différente. Et c’est justement Francesco Bagnaia qui a tenu à le souligner.

Cette année, Marc Marquez n’était pas en mesure de jouer la victoire après son retour de blessure. Mais un autre Espagnol occupait le devant de la scène : Jorge Martin. L’ancien rival de Bagnaia dans les luttes pour le titre 2023 et 2024 est désormais l’un des principaux adversaires de Marco Bezzecchi dans la bataille pour la couronne mondiale 2026.

Pourtant, alors que l’on pouvait imaginer un accueil froid réservé au pilote Aprilia, les tifosis ont réagi d’une toute autre manière. Bagnaia lui-même a été frappé par l’attitude du public : « C’est incroyable de ressentir autant de passion de la part des supporters ici. Quand j’étais sur le podium, j’avais envie d’y rester. »

Le triple champion du monde a même insisté sur un détail qui n’est pas passé inaperçu : « J’ai aussi apprécié la manière dont nous avons applaudi Jorge Martin. D’habitude, les Italiens sont parfois un peu durs avec les pilotes étrangers, mais cette fois ce n’était pas le cas. »

Jorge Martin

Bagnaia : « voir cette foule immense au pied du podium est l’une des plus belles sensations qu’un pilote puisse ressentir »

Une remarque loin d’être anodine lorsqu’on connaît la ferveur parfois excessive du public italien dans certaines rivalités historiques. Il faut dire que les supporters avaient toutes les raisons de faire la fête.

Devant une marée humaine acquise à sa cause, Marco Bezzecchi a offert à Aprilia une victoire historique sur les terres mêmes de Ducati. L’Italien a dominé la course devant Jorge Martin et Bagnaia, renforçant encore son statut de leader du championnat.

L’émotion était telle qu’au tour de décélération, les commissaires du circuit ont exceptionnellement ouvert un accès afin de permettre à Bezzecchi de s’approcher au plus près de ses supporters. Une scène rare qui résume parfaitement l’ambiance de ce Grand Prix.

Pour Bagnaia, le Mugello reste une expérience à part. Même battu par Bezzecchi et dépassé en course par Martin, l’Italien n’a pas caché son émotion sur GPOne : « J’ai savouré chaque instant de ce week-end et voir cette foule immense au pied du podium est l’une des plus belles sensations qu’un pilote puisse ressentir. »

Puis il a conclu par une phrase qui résume parfaitement ce que représente le circuit toscan : « Le podium du Mugello est le plus beau du monde. » Au-delà du résultat sportif, ce week-end marque peut-être une évolution intéressante.

Les huées adressées à Marc Marquez en 2025 avaient relancé le débat sur les rivalités héritées de l’époque Valentino Rossi. Cette année, les applaudissements réservés à Jorge Martin montrent au contraire un public davantage concentré sur le spectacle sportif que sur les vieux règlements de comptes.

Et dans un MotoGP que Liberty Media cherche à rendre plus international, plus ouvert et moins dépendant des antagonismes historiques, le message envoyé par les tribunes du Mugello pourrait avoir autant d’importance que la victoire de Bezzecchi elle-même. Car cette fois, ce n’est pas la rivalité qui a dominé. C’est la passion.

En laissant derrière lui les huées et l’amertume, le Mugello 2026 a prouvé que la passion italienne n’a pas besoin d’hostilité pour être ardente. Le respect dont a bénéficié Jorge Martin prouve que le public MotoGP, souvent décrit comme le plus exigeant, sait aussi reconnaître le talent et la bravoure, quel que soit le passeport du pilote.

Mugello, circuit de tous les excès. Un an après les sifflets contre Marquez, les Italiens ont applaudi Martin. Le public, passionné, a changé. Bagnaia, troisième, a savouré. Bezzecchi, vainqueur, a été acclamé. Les Espagnols, rivaux historiques, sont désormais respectés. Le temps, parfois, apaise les rancunes. Le MotoGP, sport de duels, peut aussi être celui de l’apaisement.

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