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La cinquième place de Luca Marini au Grand Prix de Hongrie pourrait laisser croire à un week-end réussi pour Honda. Pourtant, lorsqu’il est descendu de sa RC213V dimanche soir, le pilote italien avait surtout une image en tête : celle du carambolage provoqué par Jorge Martin au premier virage.

Car Marini était idéalement placé pour assister à la scène. Juste derrière la RS-GP du champion du monde 2024 lorsque celle-ci a commencé à partir en travers avant d’emporter dans sa chute Marco Bezzecchi, Raul Fernandez, Fermin Aldeguer et Fabio Di Giannantonio.

Et ce qu’il raconte sur GPOne est particulièrement révélateur. « Je l’ai vu clairement ; il a freiné brusquement et je me suis dit : « Il va percuter quelqu’un. » J’ai donc dû freiner plus fort et me préparer à négocier le virage, car ça aurait été catastrophique. »

Pour Marini, le danger était immédiatement visible. Le pilote Honda avoue même avoir pensé qu’un drapeau rouge allait être déployé. « Je m’attendais à un drapeau rouge, mais rien ne s’est passé. »

Selon lui, les conséquences auraient même pu être plus graves. « Pour moi, cet accident  était bien pire. À Barcelone, Zarco a été extrêmement malchanceux, sa jambe s’est coincée. Ici, nous avons eu de la chance que personne ne soit blessé. Mais pour moi, cet accident était plus grave. »

Des propos forts alors que le paddock n’a toujours pas oublié le spectaculaire accident de Barcelone impliquant Johann Zarco.

Luca Marini

Luca Marini : « Au premier virage, plus on double, plus la course devient facile. C’est aussi pour cette raison qu’on prend de gros risques »

Luca Marini ne cherche pourtant pas à faire de Jorge Martin l’unique responsable. Son analyse est plus nuancée. Pour lui, plusieurs facteurs se sont additionnés jusqu’à rendre l’accident presque inévitable.

D’abord le tracé lui-même. « Le tracé n’aide clairement pas, car il faut freiner à 40 km/h. » Ensuite, le nouvel asphalte. « Il faut bien le dire, l’asphalte n’était pas en bon état. » Mais surtout, la pression permanente qui pousse les pilotes à tout tenter dès les premiers mètres. « Chaque position gagnée signifie un pilote de moins à dépasser sur les 27 tours suivants. C’est cette combinaison qui pose des problèmes. »

Le pilote Honda va même plus loin en évoquant la réalité du MotoGP moderne. « La pression sur les pilotes est plus forte aujourd’hui. Tous les deux ans, ça peut être la dernière année. Ils sont tous incroyablement rapides, ils sont tous à un niveau incroyable. » Et de résumer : « Au premier virage, plus on double, plus la course devient facile. C’est aussi pour cette raison qu’on prend de gros risques. »

Avant même l’annonce officielle de la Direction de Course, Marini était convaincu que Martin serait sanctionné. « Il est impossible qu’il ne soit pas pénalisé. » Quelques heures plus tard, l’Espagnol écopait effectivement d’une double pénalité Long Lap à purger lors du prochain Grand Prix de Brno.

Mais Marini estime que le problème dépasse largement le cas Martin. Selon lui, les changements réglementaires déjà prévus pour 2027 pourraient constituer la véritable solution. « Pour l’année prochaine, il y aura déjà des changements très importants : ils suppriment les dispositifs. À mon avis, cela suffira à régler le problème. »

Mais au-delà du résultat, ce que l’on retiendra surtout de son week-end hongrois est sans doute cette phrase prononcée quelques secondes après le départ : « Je me suis dit : il va percuter quelqu’un. » Une phrase qui résume à elle seule toute la tension, tous les risques et toute la brutalité du MotoGP actuel.

Le message de Luca Marini est clair : la sécurité au premier virage devient une urgence absolue. Après Barcelone et maintenant Hongrie, le paddock ne peut plus accepter ces carnages systématiques. La pression monte pour que des mesures concrètes soient prises avant qu’un drame plus grave ne survienne.

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