F1
Publié le 24 juillet 2026 • 01:15 par Oléna Champlain

F1 – GP de Hongrie : Ferrari favorite, mais les « experts » couvrent déjà toutes les issues

Ferrari arrive favorite au GP de Hongrie, mais Antonelli, Hamilton et McLaren rendent les pronostics bien moins évidents qu’annoncé.

Lewis Hamilton vainqueur, Charles Leclerc en pole, Kimi Antonelli intouchable ou Aston Martin toujours au fond du classement : au GP de Hongrie, les pronostics se multiplient… et finissent surtout par ne plus exclure grand-chose. Ferrari possède de solides arguments, mais le Hungaroring pourrait rapidement punir ceux qui transforment une tendance en résultat acquis.

 

GP de Hongrie : Hamilton retrouve son circuit fétiche… et toute la pression qui va avec

Le Grand Prix de Hongrie n’a pas encore commencé que Ferrari semble déjà promise à la victoire. La Scuderia arriverait avec la voiture idéale pour les virages serrés du Hungaroring, Lewis Hamilton retrouverait son jardin préféré et Charles Leclerc traverserait une période suffisamment brillante pour remettre en cause la hiérarchie établie par Mercedes.

Sur le papier, le récit est presque trop parfait.

Les trois observateurs interrogés dans les pronostics d’origine ne s’accordent d’ailleurs ni sur l’auteur de la pole ni sur celui de la victoire. Kimi Antonelli, Charles Leclerc et Lewis Hamilton obtiennent chacun leur propre scénario triomphal. Une manière élégante de prendre position… tout en ayant de bonnes chances de pouvoir affirmer dimanche soir que l’on avait vu juste.

Ferrari favorite, mais certainement pas seule en piste

L’idée de placer Ferrari parmi les favorites n’a rien d’absurde. Le Hungaroring mesure seulement 4,381 kilomètres et enchaîne 14 virages sur un tracé où l’appui aérodynamique, la précision du train avant et la capacité à changer rapidement de direction comptent davantage que la vitesse de pointe. Les dépassements y restent également compliqués, ce qui donne un poids considérable aux qualifications et à la position en piste.

Ces caractéristiques devraient effectivement convenir à la SF-26. Charles Leclerc reste sur une victoire à Silverstone et une deuxième place en Belgique, tandis que Ferrari s’est montrée plus compétitive que prévu lors des dernières manches. Le Monégasque refuse toutefois de transformer cette progression en garantie.

« Le plus petit détail peut faire énormément varier la performance », a-t-il prévenu à Budapest, rappelant qu’un week-end annoncé comme favorable peut très vite devenir désastreux avec cette génération de monoplaces.

Une prudence qui tranche avec l’enthousiasme entourant déjà l’équipe italienne. Ferrari peut gagner en Hongrie, certainement. Mais elle n’a pas encore obtenu le droit d’être considérée comme imbattable.

Lewis Hamilton apparaît naturellement au centre des attentes. Le Britannique détient les records de victoires,  huit et de pole positions, neuf  au Hungaroring. Il possède également le record du tour en course, établi en 2020, année de son dernier succès hongrois.

Cette histoire commune avec Budapest suffit pourtant un peu trop facilement à le désigner comme favori. Un palmarès ne règle pas une voiture, ne chauffe pas les pneus et ne protège pas d’une erreur en qualifications.

Hamilton aborde malgré tout le rendez-vous dans une position nettement plus favorable qu’en 2025. Avec cinq podiums en dix courses et une première victoire pour Ferrari obtenue à Barcelone, il occupe la deuxième place du championnat avec 159 points. Il reste cependant à 45 points de Kimi Antonelli.

« Nous avons une voiture capable de nous battre devant », estime Hamilton, tout en reconnaissant que Mercedes demeure la référence à faire tomber.

Le discours est ambitieux, mais lucide. Une neuvième victoire en Hongrie relancerait véritablement sa candidature au titre. Une course sans podium transformerait au contraire son circuit préféré en occasion manquée particulièrement embarrassante.

Antonelli, le favori que les pronostics traitent presque en trouble-fête

À force de chercher le retour triomphal de Hamilton ou la confirmation de Leclerc, certains semblent presque oublier que Kimi Antonelli vient de gagner en Belgique.

Le pilote Mercedes a décroché la pole à Spa avant de convertir cette position en sixième victoire de la saison. Il possède désormais 45 points d’avance au championnat et arrive à Budapest avec la monoplace que Hamilton lui-même présente comme celle « à battre ».

Antonelli n’a donc rien d’un outsider romantique. Il est le leader du championnat, le dernier vainqueur en date et le pilote qui a actuellement le moins besoin d’un scénario parfait pour s’imposer.

Le Hungaroring devrait aussi limiter l’influence d’éventuelles faiblesses en ligne droite. Mercedes avait détecté à Spa un problème affectant le déploiement et la vitesse de George Russell, mais les longues accélérations y étaient autrement plus importantes qu’elles ne le seront à Budapest. Présenter Ferrari comme la favorite est défendable. Faire d’Antonelli un simple obstacle sur la route rouge l’est beaucoup moins.

McLaren ne viendra pas seulement compter les points

Lando Norris apparaît régulièrement sur la troisième marche des podiums imaginés, comme si McLaren devait se contenter de ramasser ce que Ferrari et Mercedes voudraient bien lui laisser.

L’équipe britannique doit pourtant introduire de nouvelles pièces en Hongrie, dans le prolongement de l’aileron arrière testé à Spa. Sur un circuit où l’efficacité aérodynamique sera déterminante, ces évolutions pourraient modifier une hiérarchie encore loin d’être figée.

Norris aura également une revanche à prendre après une manche belge perturbée par une pénalité sur la grille et une stratégie coûteuse. Le placer systématiquement derrière les Ferrari et Antonelli tient donc davantage du réflexe que d’une véritable certitude technique.

Aston Martin : la révolution annoncée ou un nouveau mirage ?

À l’autre extrémité des pronostics, Aston Martin semble condamnée avant même les premiers essais. Il faut reconnaître que les résultats récents n’incitent pas à l’optimisme : Fernando Alonso a terminé 19e en Belgique, tandis que Lance Stroll a abandonné à la suite d’un problème mécanique.

Budapest marquera cependant les débuts d’une évolution majeure de l’AMR26, présentée comme une véritable version B de la monoplace. Aston Martin ne recevra pas encore son moteur Honda amélioré, attendu après la pause estivale, mais ce nouveau package doit au minimum rapprocher l’équipe du milieu de grille.

Alonso préfère logiquement éviter les promesses :

« Nous devons apprendre autant que possible sur le nouveau package », a-t-il expliqué après Spa.

Attendre une victoire serait grotesque. Affirmer que rien ne changera avant même le premier tour lancé serait à peine plus sérieux. Le véritable test ne sera pas le classement brut, mais l’écart chronométrique avec les équipes du milieu de tableau.

Un week-end annoncé trop limpide pour être honnête

La météo devrait réduire les possibilités de chaos. Les qualifications sont annoncées sèches, avec environ 29 °C, tandis que le risque de pluie demeure faible pour la course. Les températures élevées pourraient toutefois compliquer la gestion des pneumatiques et rapprocher les stratégies à un ou deux arrêts.

Ferrari possède donc une vraie chance. Hamilton connaît mieux que personne les pièges de Budapest. Leclerc est en confiance. Mais Antonelli reste le leader, Mercedes la référence, McLaren prépare des évolutions et la position sur la grille pourrait décider d’une grande partie de la course.

Les pronostics ont finalement une qualité incontestable : en distribuant la pole et la victoire entre Antonelli, Leclerc et Hamilton, ils couvrent presque tout le podium avant même que les voitures ne quittent les stands.

À Budapest, le plus difficile ne sera peut-être pas de trouver un favori. Ce sera d’assumer de n’en choisir qu’un.