Moto GP
Publié le 9 septembre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP – Bulega bluffé par la photo du bras de Marquez : « Seul Marc peut faire ce qu’il fait… avec un bras et demi »

Marc Marquez a posté une photo de ses deux bras levés à l’entraînement. Le cliché a fait le tour du paddock et Bulega n’en revient pas.

Bulega

La photo publiée par Marc Marquez montrant son bras droit très diminué a beaucoup fait réagir. Pour Nicolo Bulega, elle révèle surtout une réalité souvent sous-estimée : l’exigence physique du pilotage d’une MotoGP. Et à ses yeux, ce que réalise actuellement le pilote Ducati malgré ses séquelles relève presque de l’exception.

Nicolo Bulega sait probablement mieux que beaucoup ce qu’exige une Ducati de compétition. Leader du championnat WorldSBK, pilote d’essai de la marque italienne et appelé à rejoindre le MotoGP, l’Italien possède surtout un point de comparaison particulièrement intéressant avec Marc Marquez.

Il l’a remplacé lors des deux dernières courses de la saison précédente après son opération à l’épaule. C’est donc avec un regard de pilote que Bulega a découvert la récente photographie publiée par Marquez. On y voit l’Espagnol les deux bras levés pendant un entraînement, laissant apparaître une différence musculaire spectaculaire entre son côté gauche et son bras droit, meurtri par des années d’opérations.

Marc Marquez avec « un bras et demi » : Bulega mesure l’exploit

Pour Bulega, cette image permet surtout de comprendre quelque chose que le public mesure parfois difficilement : une MotoGP impose des contraintes physiques considérables. « Les gens ne comprennent pas à quel point il est difficile de piloter une moto et me demandent pourquoi je vais à la salle de sport », explique-t-il. « Ils disent : « Tu conduis une moto. » »

Une perception dont il sourit évidemment lorsqu’on connaît les efforts nécessaires pour contrôler une machine de compétition pendant toute la durée d’une course. Et c’est ce qui rend, selon lui, les performances actuelles de Marquez si particulières.

« C’est un sport difficile, il faut s’entraîner dur, il faut être en pleine forme physique, et je pense que seul Marc peut faire ce qu’il fait avec un bras et demi. » La formule sur Motosprint prend une dimension particulière lorsque l’on observe les résultats du champion du monde en titre.

Marc Marquez

Un corps qui dit non, des résultats qui disent le contraire

Les séquelles du grave accident de Jerez en 2020 n’ont jamais totalement disparu. Aux interventions qui ont suivi cette fracture se sont ajoutées de nouvelles opérations, dont celle pratiquée en mai pour traiter les conséquences de ses problèmes persistants au bras et à l’épaule droits.

Son état physique demeure donc loin de celui d’un pilote totalement rétabli. Mais malgré ces limitations, Marquez a remporté quatre des six derniers Grands Prix et ne compte que 19 points de retard sur Jorge Martin au championnat.

Son chirurgien lui-même a expliqué que, d’un strict point de vue clinique, les performances réalisées dans cet état dépassaient ce que l’on pourrait normalement attendre d’un pilote présentant de telles limitations.

Bulega va finalement dans le même sens, mais avec le regard de celui qui connaît directement les contraintes du pilotage au plus haut niveau.

La photo de Marquez change la perception

Cette photographie a ainsi une portée qui dépasse largement son aspect spectaculaire. Depuis son arrivée en Grands Prix en 2008, Marquez a accumulé près de deux décennies de compétition, les chutes, les blessures et les opérations. Son bras droit en porte désormais physiquement la trace.

Mais cette faiblesse visible contraste brutalement avec ce qu’il continue à produire une fois installé sur sa Ducati. Et c’est probablement ce contraste qui frappe Bulega : dans une discipline où quelques pourcents de condition physique peuvent faire perdre plusieurs dixièmes au tour, Marquez reste capable de gagner tout en compensant une limitation que ses adversaires peuvent désormais voir à l’œil nu.

Bulega n’en fait donc pas seulement un compliment adressé au champion. Son commentaire rappelle aussi l’exigence physique souvent invisible du MotoGP. Car si piloter ces machines nécessite normalement d’être au sommet de sa condition, Marc Marquez est actuellement en train de démontrer qu’il existe, parfois, une exception à cette règle. Selon Bulega, elle porte simplement le numéro 93.

Marc Marquez