Moto GP
Publié le 29 juillet 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Pourquoi personne ne dit que cette saison est juste dingue ?

Cette première moitié de saison MotoGP a tenu toutes ses promesses. Prenez-vous, comme moi, beaucoup de plaisir ?

saison MotoGP

Nous sommes exactement à la moitié de cette saison MotoGP, et pourtant, je ne vois personne s’en émouvoir. Aujourd’hui comme demain, je vais revenir sur ces 11 premiers Grands Prix, avec, d’abord, dans ce papier, ce que j’ai aimé, et dans le deuxième, ce que j’ai moins apprécié. Bien sûr, vous êtes invités à me donner votre avis en commentaires sur Facebook. Tous seront lus attentivement, comme d’habitude. Alors, c’est parti !

 

Le contraste fou entre cette saison et la dernière

 

Premier point évident, le spectacle. Franchement, je me régale devant cette saison de MotoGP, et ça fait du bien. En effet, j’ai souvent du mal avec le MotoGP post-2016 et à la sauce ECU unique, en raison de ce spectacle en piste un peu uniformisé, où tout le monde peut s’imposer. J’ai déjà eu du mal à me passionner pour certains exercices précis ; je pense, notamment, à 2021, malgré la victoire de Fabio Quartararo, mais aussi et surtout aux très décevants 2024 et 2025.

 

saison MotoGP
Les dépassements de Di Giannantonio sont un vrai coup de cœur. Photo : Michelin Motorsport

 

Durant la première de ces années citées, Jorge Martin et Pecco Bagnaia ne se sont pas affrontés directement une seule fois, si ce n’est pour quelques tours en Malaisie. Puis, en 2025, ennui absolu : aucune course disputée, le sempiternel combo Marc/Alex Marquez aux deux premières places des épreuves, aucune bataille, de véritables mascarades liées aux pénalités pour pressions pneumatiques non conformes (Buriram, Brno), un championnat tué dès le premier tiers de l’année et remporté cinq manches avant la fin… c’était sans doute, du point de vue du spectacle, la pire année que j’ai regardée. Je n’ai même pas mentionné ces quatre derniers GP, où Marquez était absent et nous laissait avec des victoires par défaut de son frère Alex, Raul Fernandez ou Marco Bezzecchi.

Après la nuit, vient le jour, et 2026. D’abord, sur la piste, il se passe toujours quelque chose. On a eu de belles batailles, mais aussi des affrontements qui ont du sens, comme Marquez contre Acosta dès la première course en Thaïlande, ou Marquez contre Di Giannantonio au Brésil. C’est rythmé, on s’ennuie rarement devant l’écran – hormis au Sachsenring où c’était clairement moins bien –, il y a des rebondissements, notamment des chutes des leaders, et toutes les séances sont plaisantes à regarder. D’accord, les vainqueurs dominicaux s’imposent en général avec de l’avance, mais au-delà de ça, c’est très correct. Mon Grand Prix préféré, au global, fut sans doute l’Espagne, avec ce Sprint complètement dingue, et ce GP réussi qui vit Alex Marquez s’imposer.

 

J’adore cette saison

 

Voyez-vous, beaucoup de gens se trompent sur la définition même du spectacle. Pour certains, il s’agit simplement de constater ce qu’il se passe en piste, ou de compter les dépassements. Mais en réalité, ça va bien au-delà : les chutes, par exemple, et aussi graves soient-elles, font intégralement partie du spectacle. Les accidents sont inhérents au frisson procuré par les sports mécaniques, et ce, depuis le début du XXe siècle : le danger est formellement indissociable des disciplines motorisées. Du coup, si l’on prend comme référence une définition un peu plus large du spectacle, cette année est un grand cru. Il y a eu, entre autres, Barcelone, et cette course d’attrition, quand Montmelo est devenu une arène de gladiateurs. Brno, et le pétage de câble de Marco Bezzecchi, qui a laissé ses émotions prendre le meilleur. La Hongrie, et cet accrochage mémorable au départ du GP. Les Pays-Bas, où, sous une chaleur folle, Ai Ogura a remporté sa première course.

Tout peut ne pas vous plaire, mais d’après moi, ce sont aussi ces événements qui nous font dire, le jeudi : « j’ai hâte d’être à demain ». La folie est constante, et, du coup, à chaque fois, on attend que le MotoGP nous surprenne. Cela vaut aussi pour les vainqueurs, très imprévisibles eux aussi. Les Grands Prix motos reprennent donc la couronne du sport motorisé le plus spectaculaire, car les émotions diverses qu’il nous procure (peur, excitation, angoisse, joie…) sont, à mon sens, parfaitement dosées en 2026.

 

Une course au titre MotoGP passionnante

 

saison MotoGP
J’aurais pu intégrer les progrès d’Aprilia aux satisfactions de cette saison. La firme de Noale a une chance de remporter le titre mondial. Photo : Michelin Motorsport

 

Je suis désolé, mais je n’ai pas réellement de bon point à distribuer aux pilotes pour le moment. La moyenne de points par course marquée par tous les éléments est extrêmement faible, y compris pour les leaders. Si je devais retenir un nom marquant, bien sûr, il s’agirait de celui de Marc Marquez, et comment ne pas féliciter Ai Ogura pour ses progrès. Mais, dans l’absolu, ni l’un, ni l’autre ne réalisent des performances ahurissantes depuis le début. On aime beaucoup le Japonais, par exemple, mais une seule victoire à mi-saison pour un deuxième au classement, c’est objectivement maigre. Même plus loin derrière, je trouve qu’il y a peu de bonnes surprises, ou tout du moins aucun pilote que je n’attendais pas à ce niveau.

Cependant, le fait que les tops n’alignent pas les victoires a le mérite de nous donner une course au titre passionnante : un groupe de cinq pilotes se tient en 24 points seulement, je crois que c’est du jamais vu. Bon, c’est un peu biaisé, car à la moyenne des points marqués par course, Marc Marquez est largement devant, il est simplement pénalisé par quatre résultats blancs, dont trois n’étaient pas de son fait (explosion de la jante en Thaïlande, absence pour blessure en France et en Catalogne). Bezzecchi est mathématiquement dans la course au titre, oui, mais il dégringole et ne donne plus cette impression depuis quatre courses. C’est donc à pondérer, mais factuellement, on se régale.

 

Conclusion

 

Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à regarder et à vous parler de ce championnat. J’aurais également pu évoquer les transferts et ce qu’il se passe hors des circuits (affaire Viñales, Gonzalez snobé), car ça ajoute encore un peu plus de piment.

Si je devais mettre une note à cette première moitié de saison, ça serait sans doute 16/20. Et vous ? Donnez-moi votre note en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Franchement, cet incident, on va s’en souvenir longtemps ! Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport