F1
Publié le 8 août 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Max sous vitrine : Verstappen prépare déjà son propre musée

 Max Verstappen prépare un musée consacré à sa carrière, inspiré par Fernando Alonso, avec ses F1, casques, trophées et souvenirs.

Max Verstappen envisage de réunir ses monoplaces, ses casques et les souvenirs majeurs de sa carrière dans un musée inspiré de celui de Fernando Alonso. Un projet destiné à transmettre sa passion aux jeunes… et à construire méthodiquement la légende Verstappen avant même que le pilote ait rangé son casque.

 

Verstappen…dans les pas d’Alonso…pour son musée

Max Verstappen ne connaît pas encore la date de sa retraite, mais il réfléchit déjà à l’endroit où installer les vitrines.

Le Néerlandais souhaite créer un musée consacré à sa carrière, dans lequel le public pourrait découvrir ses Formule 1, ses casques, ses combinaisons, ses trophées et les objets conservés au fil de ses succès. L’idée n’est toutefois encore qu’au stade de la réflexion : aucun lieu, calendrier d’ouverture ou projet architectural n’a été annoncé. Autrement dit, le musée existe déjà très clairement dans l’esprit de Verstappen, beaucoup moins dans le registre du cadastre.

Dans un entretien accordé à FORMULE 1 Magazine, Verstappen a confirmé qu’il réfléchissait à la création de cet espace.

« Je réfléchis à l’endroit où il pourrait être installé. J’aimerais faire quelque chose comme ça un jour. »

Verstappen veut suivre la trajectoire d’Alonso

Le quadruple champion du monde cite directement Fernando Alonso comme modèle. L’Espagnol possède depuis 2015 son propre musée à Llanera, dans les Asturies, près d’Oviedo. Verstappen apprécie notamment l’idée d’y retrouver les différentes voitures conduites au cours d’une carrière et estime qu’un tel lieu pourrait donner envie aux enfants de découvrir le sport automobile.

Le projet dépasse donc, dans son discours, la simple célébration personnelle. Verstappen y voit « une source d’inspiration et de motivation pour les jeunes enfants ». Une ambition louable, même si exposer plusieurs monoplaces titrées avec son nom écrit partout reste également une manière assez efficace de rappeler qui occupe le centre de la visite.

Chez Alonso, plus de 400 pièces et un circuit de karting

Le modèle espagnol donne une idée de ce que pourrait devenir le projet Verstappen. Le musée Fernando Alonso dispose d’une surface d’exposition de 1 200 mètres carrés et rassemble environ 400 pièces issues de la collection personnelle du pilote : karts, monoplaces, prototypes, casques, combinaisons, chaussures et trophées. Un circuit de karting homologué par la FIA complète le site.

Verstappen ne manque pas exactement de matière pour remplir ses futures salles. Lorsqu’il gagne une course, il cherche habituellement à conserver son casque, sa combinaison et ses chaussures afin de garder une trace concrète de ces moments. La collection s’est donc constituée progressivement, victoire après victoire, plutôt que dans l’urgence d’un achat en gros chez un antiquaire spécialisé en Red Bull.

Il possède également plusieurs voitures marquantes de son parcours, notamment la Toro Rosso de ses débuts en Formule 1. Reste à savoir combien de monoplaces Red Bull pourront réellement être réunies, les équipes conservant souvent la propriété de leurs châssis et de leurs groupes propulseurs.

La boutique de Swalmen était déjà un petit musée déguisé

L’idée n’est pas totalement nouvelle. Pendant plusieurs années, la boutique officielle Verstappen de Swalmen a déjà servi de musée miniature. Les visiteurs pouvaient y admirer des casques, des combinaisons et surtout une Red Bull RB12 associée à sa première victoire en Formule 1, obtenue à Barcelone en 2016.

En 2024, Nico de Jong, alors directeur général de Verstappen.com, reconnaissait que l’hypothèse d’un véritable musée avait été évoquée, sans qu’aucun projet concret n’existe encore. Il soulignait néanmoins que les objets exposés dans la boutique possédaient déjà une importante valeur muséale et attiraient certains visiteurs plusieurs fois par an.

La boutique de Swalmen a depuis fermé ses portes, conséquence de la nouvelle organisation commerciale mise en place avec Fanatics. La vente des produits Verstappen a été recentrée sur Internet, laissant les voitures et les souvenirs autrefois exposés sans véritable vitrine permanente. Le futur musée permettrait donc aussi de ressusciter, en beaucoup plus grand, cette attraction disparue.

Un héritage sportif… soigneusement emballé par le marketing

Verstappen présente ce musée comme une composante de l’héritage qu’il souhaite laisser au sport automobile. Cette volonté se retrouve également dans son programme GT et dans Verstappen Racing. Son objectif consiste notamment à repérer des talents issus du sim racing et à leur offrir une chance de courir dans une véritable voiture.

Le musée pourrait ainsi devenir davantage qu’une succession de trophées derrière une vitre : un lieu reliant son parcours en karting, ses titres en Formule 1, ses activités en endurance et ses projets de formation.

Mais il serait naïf d’oublier la dimension commerciale. Depuis 2026, Fanatics gère une grande partie de l’écosystème marchand lié à Verstappen, avec des vêtements, des objets de collection, des cartes autographiées et des produits associés aux moments importants de sa carrière. Un musée constituerait le prolongement presque parfait de cette stratégie : on entre pour admirer l’histoire et l’on ressort éventuellement avec sa reproduction au 1:2.

L’inspiration des enfants et la vente de mini-casques peuvent parfaitement cohabiter. Le patrimoine moderne doit bien financer le chauffage des vitrines.

Une légende organisée avant même la retraite

Le plus révélateur reste finalement le calendrier. Verstappen n’attend pas la fin de sa carrière pour réfléchir à la manière dont elle sera racontée.

Cela correspond parfaitement à un pilote qui contrôle étroitement son image, ses activités commerciales et ses projets sportifs extérieurs à la Formule 1. Là où certains anciens champions laissent les équipes, les médias ou les historiens organiser leur héritage, Verstappen semble décidé à choisir lui-même les voitures, l’éclairage et probablement le sens de la visite.

Le projet reste néanmoins très embryonnaire. Il manque encore un emplacement, une date, un bâtiment et une confirmation précise des pièces qui pourront être exposées. En somme, presque tout ce qui sépare une bonne idée d’un musée ouvert au public.

Mais Max Verstappen possède déjà l’essentiel : une collection, une histoire et suffisamment de supporters pour remplir le parking. Même lorsqu’il s’agit d’entrer au musée, le Néerlandais semble bien décidé à ne laisser personne prendre sa place.