Ducati pensait que Marc Marquez aurait retrouvé l’intégralité de ses capacités physiques en septembre. Septembre est arrivé et Davide Tardozzi reconnaît désormais que ce calendrier était trop optimiste. Plus étonnant encore, le team manager estime que les séquelles de l’accident subi en Indonésie en 2025 handicapent aujourd’hui davantage Marquez que celles de son terrible accident de Jerez en 2020. Pourtant, à 19 points de Jorge Martin, Ducati refuse d’utiliser son bras comme une excuse dans la course au titre.
« Oui, je sais que septembre est déjà là. » Davide Tardozzi ne cherche pas à contourner la question. En juin, après la victoire de Marc Marquez en République tchèque, le responsable Ducati avait relayé les prévisions médicales concernant son pilote : encore deux mois environ avant de retrouver toutes ses capacités.
L’objectif était donc septembre. Nous y sommes. Et Marc Marquez n’est toujours pas à 100 %. « Je pense qu’il s’est amélioré, mais il n’est pas encore à 100 % », reconnaît désormais Tardozzi auprès de MARCA.
La situation physique de Marquez est devenue l’un des paramètres essentiels de cette fin de championnat. Son problème actuel trouve principalement son origine dans son accident avec Marco Bezzecchi en Indonésie, en octobre 2025. Marquez avait subi des lésions ligamentaires à l’épaule ainsi qu’une fracture.
La situation s’est ensuite compliquée lorsqu’une vis a commencé à provoquer une compression dans la région du nerf radial, conduisant à une nouvelle intervention chirurgicale en mai. Avant cette opération, Marquez avait lui-même expliqué piloter avec « un bras et demi ».
L’intervention a amélioré la situation. Elle ne l’a pas encore ramené à son niveau physique espéré.
L’Indonésie 2025 pèserait désormais plus lourd que Jerez 2020
C’est probablement la déclaration la plus frappante de Tardozzi. Lorsqu’on évoque le bras droit de Marquez, le traumatisme de Jerez 2020 et les multiples opérations qui ont suivi viennent immédiatement à l’esprit.
Pourtant, selon le responsable Ducati, ce n’est plus nécessairement le principal problème. « Malheureusement, Marc souffre encore plus de son accident de l’an dernier en Indonésie que de celui de 2020, dont il s’était presque remis. »
Une précision qui permet de mieux comprendre l’étrange saison de Marquez. Sur certains circuits, il semble encore capable d’imposer sa loi. Sur d’autres, ses limites physiques deviennent beaucoup plus visibles. « Certains circuits lui poseront des difficultés, d’autres moins », confirme Tardozzi.
Quatre victoires en six courses malgré tout pour Marc Marquez
Aragon appartient clairement à la bonne catégorie. Marquez y a remporté le Sprint puis le Grand Prix et inscrit les 37 points disponibles, ramenant son retard sur Jorge Martin à seulement 19 unités.
Mais même sur l’un de ses terrains de prédilection, sa victoire n’a pas été aussi tranquille qu’on aurait pu l’imaginer. Marco Bezzecchi lui a résisté en début de course avant que Pedro Acosta ne maintienne à son tour la pression sur la Ducati.
Marquez a finalement créé l’écart. Il compte désormais quatre victoires lors des six derniers Grands Prix. Le contraste avec Silverstone reste néanmoins spectaculaire. En Grande-Bretagne, il avait reconnu auprès de Ducati perdre le contrôle de son bras lorsqu’il essayait d’attaquer davantage.
La vidéo de cette conversation, diffusée ensuite par Ducati à sa grande surprise, avait rendu publiques des limites qu’il cherchait jusque-là à ne pas trop exposer.

Ducati ne veut pourtant plus parler du bras de Marc Marquez
Tardozzi refuse désormais que cette situation devienne une justification permanente. « Marc ne pense probablement pas à son état physique ; il pense à faire de son mieux compte tenu de sa situation actuelle. »
Puis cette phrase : « Nous ne voulons plus parler de son bras parce que Marc est comme ça ; c’est un champion quoi qu’il arrive. »
Ducati sait que son pilote n’est pas physiquement revenu au niveau qu’elle espérait atteindre en septembre. Marquez sait que certains circuits lui coûteront probablement davantage que d’autres.
Mais à neuf points près, dix-neuf ou davantage, le classement ne fera aucune distinction entre un pilote à 100 % et un pilote diminué. Ducati s’était trompé sur une chose : septembre n’a pas rendu à Marc Marquez toutes ses capacités. Reste à savoir si celui-ci peut malgré tout redevenir champion du monde avant que son corps, lui, ait terminé sa reconstruction.










