Moto GP
Publié le 23 septembre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP – La frustration de Marc Marquez au Red Bull Ring : Quand le « masque tombe »

L’humeur particulièrement « maussade » de Marc Marquez lors du Grand Prix d’Autriche n'est pas passée inaperçue dans le paddock.

Marc Marquez

Marc Marquez sait perdre une course. Il sait aussi généralement cacher ce qu’il en pense. C’est précisément pour cela que son comportement samedi en Autriche a surpris Neil Hodgson. Deuxième du Sprint derrière Jorge Martin, l’Espagnol est apparu inhabituellement fermé sur le podium et dans la voiture ramenant les trois premiers. Pour l’ancien pilote britannique, Marc avait déjà compris quelque chose : sur ce Red Bull Ring, la Ducati ne lui donnerait probablement pas les moyens de jouer la victoire. Le dimanche allait lui donner raison.

Marc Marquez venait pourtant de terminer deuxième. Dans une lutte pour le championnat, un tel résultat est rarement catastrophique. Mais samedi au Red Bull Ring, son attitude a davantage intrigué que son classement. Jorge Martin célébrait sa victoire. Marco Bezzecchi complétait le podium. À leurs côtés, Marquez semblait ailleurs. Neil Hodgson l’a immédiatement remarqué.

« Je ne l’ai jamais vu aussi grognon »

Pendant le Grand Prix dimanche, Gavin Emmett est revenu sur les images de la veille. « Il était de mauvaise humeur. Il a à peine arrosé le podium de champagne, il n’a quasiment pas parlé aux autres pilotes dans la voiture. »

Hodgson a alors avancé son interprétation. Selon lui, Marquez avait déjà compris ce qui risquait de l’attendre le lendemain. « Il pouvait voir l’avenir et il savait, en théorie, qu’il n’avait pas vraiment de chance de se battre pour la victoire. »

Puis le Britannique s’est amusé de cette attitude inhabituelle : « Je ne l’ai jamais vu aussi grognon. J’ai même souri en le voyant assis à l’arrière comme un enfant capricieux ! » Une comparaison volontairement moqueuse, avant une remarque beaucoup plus intéressante : « D’habitude, il ne laisse pas tomber son masque. »

Le dimanche a expliqué le samedi

Hodgson ne pouvait évidemment pas savoir exactement ce que pensait Marquez. Mais le Grand Prix a donné du poids à son interprétation. Marc a reculé jusqu’à la septième position avant de revenir cinquième.

Devant lui, Pedro Acosta a gagné avec KTM tandis que Martin, Bezzecchi et Ai Ogura ont placé trois Aprilia aux trois places suivantes. La première Ducati était donc cinquième. Et Marquez a terminé à environ sept secondes du vainqueur.

Son problème de freins a aggravé sa course, mais les résultats des autres Desmosedici montrent que son cas n’était pas isolé : Bagnaia septième, Aldeguer huitième, Di Giannantonio neuvième.

Marc Marquez

Marc Marquez avait peut-être compris les limites avant tout le monde

C’est ce qui donne finalement davantage d’intérêt à ces images du samedi. Marquez venait de manquer la pole de seulement 15 millièmes face à Martin. Il avait ensuite terminé deuxième du Sprint. Extérieurement, rien ne justifiait encore une réaction aussi sombre.

Mais un pilote ne juge pas seulement sa moto au résultat. Il connaît l’effort nécessaire pour produire le chrono. Il sait ce qu’il lui reste en réserve. Il ressent ce que ses adversaires peuvent encore faire.

Hodgson pense donc que Marc avait compris dès le Sprint que sa deuxième place masquait une situation beaucoup moins favorable qu’elle n’en avait l’air.

Et Marc Marquez refuse lui-même l’excuse Michelin

La nouvelle carcasse arrière Michelin aurait pourtant fourni une explication commode. Marquez ne l’a pas utilisée. « Peu importe le type de pneu. Il faut être rapide, et les autres, ce week-end, étaient plus rapides que nous. »

Bagnaia a tenu un discours comparable. Cela rejoint désormais les interrogations internes chez Ducati. Un ingénieur de Borgo Panigale aurait expliqué à Manuel Pecino qu’Aprilia était tout simplement devenue supérieure, tandis que Davide Tardozzi reconnaît lui aussi une tendance qu’il faut inverser. À Spielberg, même Marquez n’a pas réussi à la masquer.

Quand Marc ne peut plus compenser

C’est peut-être ce qu’Hodgson a aperçu samedi. Pas simplement un pilote contrarié d’avoir terminé deuxième. Mais un champion comprenant qu’il allait devoir défendre sa position au championnat avec une moto qui, pour une fois, ne lui permettait probablement pas de fabriquer lui-même la différence.

Une semaine auparavant, Misano avait encore montré combien Marquez pouvait pousser la Ducati jusqu’à la victoire. Spielberg lui a imposé une autre réalité.

Et c’est peut-être pour cela que « le masque est tombé ». Marquez n’était pas encore cinquième du Grand Prix lorsqu’Hodgson l’a trouvé inhabituellement sombre. Il venait seulement de terminer deuxième du Sprint. Mais s’il avait déjà compris que sa Ducati n’avait pas les armes pour gagner le lendemain, alors son visage du samedi racontait peut-être la course du dimanche avant même qu’elle ne commence.

Marc Marquez